Attaques d’extrémistes juifs dans un campement bédouin en Cisjordanie
Selon l'Autorité palestinienne, 2 Palestiniens et 2 militants étrangers ont été hospitalisés après l'attaque contre Khallet al-Sidra ; sur une vidéo de surveillance des coups de feu sont entendus
Selon l’Autorité palestinienne (AP), quatre personnes ont été blessées samedi soir lorsque des extrémistes juifs ont agressé des Palestiniens et des militants de gauche, puis ont incendié au moins huit maisons et deux véhicules lors d’une attaque contre un campement bédouin en Cisjordanie.
Deux Palestiniens et deux militants étrangers ont été hospitalisés pour des blessures subies lors de l’attaque survenue à Khallet al-Sidra, près de Mukhmas, au nord de Jérusalem, a déclaré le gouvernorat de Jérusalem de l’AP.
L’agence de presse officielle de l’AP, WAFA, a rapporté que les extrémistes juifs avaient ouvert le feu sur le campement bédouin avant d’agresser des personnes et de vandaliser des biens.
Des images de caméras de sécurité envoyées au Times of Israel par le rabbin Arik Ascherman, un militant israélien des droits de l’homme, montrent des individus se promenant dans le campement et incendiant des tentes.
Ces images, enregistrées peu avant 22 heures, montrent clairement des coups de feu, suivis de cris, avant que les extrémistes juifs ne prennent d’assaut le campement.
Selon Ascherman, une vingtaine d’extrémistes juifs ont participé à cette attaque.
Les images des caméras de sécurité montrant des extrémistes juifs mettant le feu à des tentes dans le campement bédouin de Khallet al-Sidra, près de Mukhmas, en Cisjordanie, le 17 janvier 2026. (Crédit : Autorisation)
Un militant des droits de l’homme a déclaré au journal Haaretz, sous couvert d’anonymat, que les extrémistes juifs les avaient frappés à coups de bâtons et de pierres pendant plusieurs minutes, puis avaient brûlé leurs biens.
« Je souffre terriblement et je saigne. Les colons, au nombre d’une vingtaine, sont arrivés alors que certains d’entre nous dormaient. Ils nous ont frappés à coups de bâtons et de pierres, d’abord à l’intérieur des maisons, puis à l’extérieur. Ils ont incendié les maisons et nous ont pourchassés », a-t-il raconté au journal.
« Ils m’ont frappé à coups de bâton pendant plusieurs minutes aux jambes, à la tête et à l’aine. Ils nous ont frappés très fort », a-t-il poursuivi.
« Tout a disparu ici. Tout a été brûlé, même nos passeports qui se trouvaient à l’intérieur. Tout a été incendié. »
תיעוד: מתנחלים הציתו רכבים ביישוב הבדואי מוחמאס שמדרום־מזרח לרמאללה
השימוש נעשה בהתאם לסעיף 27א' לחוק זכויות יוצרים pic.twitter.com/1ZkGKs5Rlw— הארץ חדשות (@haaretznewsvid) January 17, 2026
Aucune arrestation n’a encore été signalée.
L’armée israélienne a déclaré que les forces de sécurité – Tsahal, police et police des frontières – arrivées sur les lieux avaient localisé un véhicule israélien qui aurait été utilisé par les assaillants.
L’armée a indiqué que plusieurs bâtons avaient été trouvés à l’intérieur de la voiture.
Des Palestiniens, des Israéliens et des ressortissants étrangers ont été blessés lors de cette attaque, a déclaré Tsahal, ajoutant que les troupes israéliennes ratissaient la zone pour tenter de retrouver les assaillants.
Mukhmas a été attaqué à plusieurs reprises ces derniers mois par des résidents d’implantations extrémistes.
En octobre, des extrémistes juifs ont mené une attaque de grande envergure contre ce village, blessant des Palestiniens et des militants, incendiant des voitures et des oliveraies, et volant du bétail.
Selon Ascherman, les assaillants de cette attaque provenaient de l’avant-poste illégal de Kol Mevaser, l’une des nombreuses communautés de résidents d’implantations qui ont encerclé Mukhmas au cours des derniers mois.
Il avait fallu deux heures aux forces de sécurité israéliennes pour arriver sur les lieux après avoir été contactées, avait alors indiqué Ascherman. Il avait ajouté que l’avant-poste faisait l’objet d’un ordre de démolition permanent et que les forces de sécurité israéliennes l’avaient démantelé à plusieurs reprises, mais que les résidents d’implantations avaient continué à le reconstruire jusqu’à ce que « les forces abandonnent ».
Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, on a assisté à une forte augmentation des attaques perpétrées par des extrémistes juifs contre des Palestiniens à travers la Cisjordanie.
Tsahal a enregistré plus de 750 incidents liés à des crimes nationalistes juifs et à des violences commises par des résidents d’implantations en 2025. Le total pour 2024 s’élevait à 675 cas.
Ces derniers mois, les attaques perpétrées par des Israéliens radicaux se sont intensifiées, poussant les agences de sécurité à investir davantage dans la lutte contre ce phénomène. Cependant, les poursuites judiciaires sont rares, et les condamnations encore plus. Les critiques accusent le gouvernement, le plus à droite de l’Histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces attaques.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a minimisé la montée de ces violences le mois dernier, affirmant que seuls « une poignée de jeunes » qui n’étaient pas originaires de Cisjordanie étaient responsables de ces attaques.
Selon un reportage diffusé en novembre sur la chaîne N12, les interventions policières sous la direction du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, ont fortement diminué, avec une baisse de 73 % du nombre d’enquêtes ouvertes sur les attaques commises par des extrémistes juifs depuis 2023.







