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« Faible et pathétique » : Herzog juge que Netanyahu aurait dû répondre à Trump autrement

Le président israélien estime que le Premier ministre aurait dû défendre la présidence israélienne plutôt que le droit "des présidents américains à dire ce qu'ils pensent"

Le président Isaac Herzog (au centre) et son épouse Michal s'adressant aux habitants de Beit Zarzir sur le site où un missile balistique iranien a frappé, le 13 mars 2026. (Crédit : Bureau de la presse gouvernementale)
Le président Isaac Herzog (au centre) et son épouse Michal s'adressant aux habitants de Beit Zarzir sur le site où un missile balistique iranien a frappé, le 13 mars 2026. (Crédit : Bureau de la presse gouvernementale)

Après que le président américain Donald Trump a estimé, mercredi, qu’il était « faible » et « pathétique » dans sa prise en charge de la demande de grâce du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog a affirmé que « la dignité, l’indépendance et la souveraineté » d’Israël n’étaient pas à vendre.

Interrogé sur ces insultes lors d’une conférence de presse jeudi dans la soirée, Netanyahu a expliqué que « les présidents américains ont le droit de dire ce qu’ils ont sur le cœur », tout en affirmant que son procès était « une chasse aux sorcières politique ».

Le Premier ministre aurait dû riposter face à Trump, a affirmé Herzog.

« Il y a une différence entre les désaccords politiques et juridiques qui durent depuis des décennies sur diverses questions — même avec nos alliés — et une attaque flagrante qui est lancée contre les symboles de la gouvernance et de la souveraineté de l’État d’Israël », a fait remarquer Herzog.

« Une déclaration doit impérativement être faite à ce sujet. »

Le président israélien, d’ordinaire réservé, a laissé entendre que les insultes répétées de Trump à propos de la demande de grâce constituaient « une attaque flagrante à l’encontre des symboles de la gouvernance et de la souveraineté de l’État d’Israël ».

Le président Donald Trump aux côtés du président israélien Isaac Herzog (à gauche) et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à l’aéroport international Ben Gurion, le 13 octobre 2025.(Crédit : Evan Vucci/AP)

« Je ne parle pas de mon honneur personnel, mais de celui de l’État », a-t-il expliqué alors qu’il se trouvait sur le site d’une frappe de missile iranien, dans la ville bédouine de Beit Zarzir.

« Notre dignité, notre indépendance et notre souveraineté ne sont pas à vendre à personne » a-t-il ajouté.

« Bien sûr, je traiterai cette demande de grâce lorsqu’elle arrivera, de la manière la plus indépendante et la plus libre qui soit – sans pression et sans aucun bruit provenant d’aucune direction – avec l’esprit clair et avec les mains propres », a-t-il poursuivi.

« Il n’a pas besoin d’avis juridiques », avait déclaré Trump en évoquant Herzog lors d’un entretien téléphonique mercredi.

À LIRE – États d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

« Il raconte n’importe quoi. C’est un type faible et pathétique. Je veux que Bibi [Netanyahu] se concentre sur la guerre, pas sur des conneries. »

Trump a critiqué Herzog à plusieurs reprises Herzog pour ne pas avoir, jusqu’à présent, accordé de grâce à Netanyahu dans le cadre de son procès pour corruption qui est actuellement en cours. La semaine dernière encore, Trump a qualifié Herzog de « honte » pour ne pas avoir encore accordé sa grâce au Premier ministre.

Après avoir déclaré lors de sa conférence de presse que « les présidents américains ont le droit de dire ce qu’ils pensent », Netanyahu a affirmé que le procès intenté à son encontre était politisé et que Trump partageait son point de vue.

Netanyahu a réitéré son affirmation selon laquelle il n’avait jamais demandé au président américain d’évoquer la question de la grâce.

Selon lui, ce procès « n’aurait jamais dû avoir lieu et aurait certainement dû être clos dès que nous avons été confrontés à des extorsions, à des menaces visant des témoins, à des crimes, à la fabrication de protocoles, à des fouilles, à des menaces visant à détruire des familles, au trafic de données personnelles de milliers de citoyens israéliens – 13 000 – dont une partie non négligeable concernait mon entourage personnel ».

« Il aurait dû être clos, et le président Trump a le droit de s’exprimer », a-t-il poursuivi.

« Je ne suis pas responsable des mots qu’il choisit, et vous pouvez certainement vous demander s’il parle avec son cœur. La réponse est oui. »

Il a ajouté que des ambassadeurs et des ministres étrangers lui disaient : « Nous n’en croyons pas nos yeux. »

« Cette affaire ne montre pas l’égalité devant la loi, mais l’inégalité devant la loi, car ils ne feraient pas cela à des citoyens ordinaires s’ils n’essayaient pas de renverser un gouvernement de droite sous ma direction », a déclaré Netanyahu.

« Herzog est libre de prendre sa décision et ne devrait pas subir de pression. Il devrait simplement faire ce qui est juste. »

Netanyahu a précisé qu’il faisait référence à la fois à la pression internationale et à la pression nationale.

« Il devrait faire ce qui est juste. Et ce qui est juste aujourd’hui, c’est d’arrêter, de mettre fin à ce cirque absurde, de donner à Israël – et à moi le temps – de faire ce qui est nécessaire à la fois pour vaincre nos ennemis et pour créer d’énormes opportunités de paix, de prospérité et d’alliances dans notre région. »

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