« Faible et pathétique » : Herzog juge que Netanyahu aurait dû répondre à Trump autrement
Le président israélien estime que le Premier ministre aurait dû défendre la présidence israélienne plutôt que le droit "des présidents américains à dire ce qu'ils pensent"
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Après que le président américain Donald Trump a estimé, mercredi, qu’il était « faible » et « pathétique » dans sa prise en charge de la demande de grâce du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog a affirmé que « la dignité, l’indépendance et la souveraineté » d’Israël n’étaient pas à vendre.
Interrogé sur ces insultes lors d’une conférence de presse jeudi dans la soirée, Netanyahu a expliqué que « les présidents américains ont le droit de dire ce qu’ils ont sur le cœur », tout en affirmant que son procès était « une chasse aux sorcières politique ».
Le Premier ministre aurait dû riposter face à Trump, a affirmé Herzog.
« Il y a une différence entre les désaccords politiques et juridiques qui durent depuis des décennies sur diverses questions — même avec nos alliés — et une attaque flagrante qui est lancée contre les symboles de la gouvernance et de la souveraineté de l’État d’Israël », a fait remarquer Herzog.
« Une déclaration doit impérativement être faite à ce sujet. »
Le président israélien, d’ordinaire réservé, a laissé entendre que les insultes répétées de Trump à propos de la demande de grâce constituaient « une attaque flagrante à l’encontre des symboles de la gouvernance et de la souveraineté de l’État d’Israël ».
« Je ne parle pas de mon honneur personnel, mais de celui de l’État », a-t-il expliqué alors qu’il se trouvait sur le site d’une frappe de missile iranien, dans la ville bédouine de Beit Zarzir.
« Notre dignité, notre indépendance et notre souveraineté ne sont pas à vendre à personne » a-t-il ajouté.
« Bien sûr, je traiterai cette demande de grâce lorsqu’elle arrivera, de la manière la plus indépendante et la plus libre qui soit – sans pression et sans aucun bruit provenant d’aucune direction – avec l’esprit clair et avec les mains propres », a-t-il poursuivi.
« Il n’a pas besoin d’avis juridiques », avait déclaré Trump en évoquant Herzog lors d’un entretien téléphonique mercredi.
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« Il raconte n’importe quoi. C’est un type faible et pathétique. Je veux que Bibi [Netanyahu] se concentre sur la guerre, pas sur des conneries. »
Trump a critiqué Herzog à plusieurs reprises Herzog pour ne pas avoir, jusqu’à présent, accordé de grâce à Netanyahu dans le cadre de son procès pour corruption qui est actuellement en cours. La semaine dernière encore, Trump a qualifié Herzog de « honte » pour ne pas avoir encore accordé sa grâce au Premier ministre.
Après avoir déclaré lors de sa conférence de presse que « les présidents américains ont le droit de dire ce qu’ils pensent », Netanyahu a affirmé que le procès intenté à son encontre était politisé et que Trump partageait son point de vue.
Netanyahu a réitéré son affirmation selon laquelle il n’avait jamais demandé au président américain d’évoquer la question de la grâce.
Selon lui, ce procès « n’aurait jamais dû avoir lieu et aurait certainement dû être clos dès que nous avons été confrontés à des extorsions, à des menaces visant des témoins, à des crimes, à la fabrication de protocoles, à des fouilles, à des menaces visant à détruire des familles, au trafic de données personnelles de milliers de citoyens israéliens – 13 000 – dont une partie non négligeable concernait mon entourage personnel ».
« Il aurait dû être clos, et le président Trump a le droit de s’exprimer », a-t-il poursuivi.
« Je ne suis pas responsable des mots qu’il choisit, et vous pouvez certainement vous demander s’il parle avec son cœur. La réponse est oui. »
Il a ajouté que des ambassadeurs et des ministres étrangers lui disaient : « Nous n’en croyons pas nos yeux. »
« Cette affaire ne montre pas l’égalité devant la loi, mais l’inégalité devant la loi, car ils ne feraient pas cela à des citoyens ordinaires s’ils n’essayaient pas de renverser un gouvernement de droite sous ma direction », a déclaré Netanyahu.
« Herzog est libre de prendre sa décision et ne devrait pas subir de pression. Il devrait simplement faire ce qui est juste. »
Netanyahu a précisé qu’il faisait référence à la fois à la pression internationale et à la pression nationale.
« Il devrait faire ce qui est juste. Et ce qui est juste aujourd’hui, c’est d’arrêter, de mettre fin à ce cirque absurde, de donner à Israël – et à moi le temps – de faire ce qui est nécessaire à la fois pour vaincre nos ennemis et pour créer d’énormes opportunités de paix, de prospérité et d’alliances dans notre région. »
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