Guerre en Iran : Trump dit avoir évité une implication militaire de la Turquie en convainquant Erdogan
Le président américain déclare que le "grand leader" turc était "un candidat de choix" pour rejoindre le conflit "car il n’est pas un grand fan d’Israël" et suggère une éventuelle vente de F-35
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Mercredi, le président américain Donald Trump a fait l’éloge de son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, laissant entendre que ce dernier aurait pu entrer en guerre aux côtés de l’Iran en raison de son aversion pour Israël.
« Il était le candidat idéal pour entrer en guerre contre la République islamique d’Iran, peut-être même aux côtés de l’Iran, car il n’est pas un grand fan d’Israël », a-t-il affirmé, alors que la Turquie n’a donné aucun signe de préparation à entrer dans le conflit mené par les États-Unis et Israël contre l’Iran, et qu’elle a même été la cible de tirs iraniens à un moment donné.
« Je lui ai demandé de rester en dehors du conflit. Il est resté en dehors », a déclaré Trump aux journalistes dans le Bureau ovale.
« Erdogan est un grand dirigeant, une personnalité très forte… Tout ce que je lui ai toujours demandé, il l’a fait. »
Ces remarques interviennent alors qu’Erdoğan et d’autres hauts responsables turcs ont récemment intensifié leurs menaces à l’encontre de l’État juif, le ministre turc de l’Intérieur appelant, au début du mois, le pays à « libérer » Jérusalem.
Erdoğan, qui critique depuis longtemps Israël avec virulence, a déclaré quelques jours plus tard que « l’agression » israélienne constituait une menace pour le monde entier et devait être arrêtée. Il a également affirmé que les frappes israéliennes au Liban et en Syrie constituaient une menace pour la Turquie.
Si les relations entre Israël et la Turquie, autrefois les plus solides qu’Israël entretenait avec un pays de la région, se sont considérablement détériorées après l’arrivée au pouvoir d’Erdoğan, elles sont particulièrement tendues depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
On a également demandé mercredi à Trump s’il préparait un important « paquet cadeau » de ventes d’armes à la Turquie en vue du prochain sommet de l’OTAN, qui se tiendra dans ce pays, et qui comprendrait notamment des chasseurs furtifs F-35 et des dizaines de moteurs à réaction.
« Je pense que oui, écoutez… Je vais probablement faire quelque chose qui le rendra très heureux », a répondu le président américain.
Pressé de préciser ce qui devait se passer concrètement pour que la vente des F-35 aboutisse, Trump a renvoyé la question au vice-président JD Vance.
« Il y a certaines choses dont nous devons certifier qu’elles se sont produites afin de respecter la loi américaine. Le président nous a demandé de le faire… pour qu’ils puissent obtenir les F-35… C’est vraiment une affaire qui relève du Congrès », a déclaré Vance avant que Trump n’intervienne pour insister sur le fait que la question serait réglée.
Le F-35 est un avion de chasse furtif haut de gamme initialement développé par les États-Unis en partenariat avec d’autres pays de l’OTAN dans le cadre du programme « Joint Strike Fighter ».
Cependant, les États-Unis ont exclu la Turquie de ce programme en 2019, après que cet allié de l’OTAN eut décidé d’acheter le système de défense antimissile S-400 auprès de la Russie.
La législation américaine n’autorise pas la Turquie à exploiter ou à posséder le système S-400 si elle souhaite réintégrer le programme F-35. Toutefois, l’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, a déclaré en décembre que les relations cordiales entre Trump et Erdogan avaient permis aux deux parties d’avoir « les discussions les plus fructueuses que nous ayons eues sur ce sujet depuis près d’une dizaine d’années ».
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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