Achat des S-400 russes : Erdogan persiste
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Achat des S-400 russes : Erdogan persiste

Washington craint que les batteries S-400 ne servent à collecter des données technologiques sur les avions militaires de l'OTAN et que Moscou puisse y avoir accès

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors qu'il serre la main à l'émir du Qatar, le sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, avant les discussions au palais présidentiel d'Ankara, en Turquie, le 15 août 2018 (Crédit : Service de presse présidentiel via l'AP , Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors qu'il serre la main à l'émir du Qatar, le sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, avant les discussions au palais présidentiel d'Ankara, en Turquie, le 15 août 2018 (Crédit : Service de presse présidentiel via l'AP , Pool)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a persisté vendredi dans sa volonté d’acquérir le système de défense russe S-400 malgré les mises en demeure de Washington qui a sommé la Turquie d’y renoncer et suspendu la livraison à Ankara d’équipements liés aux avions militaires américains F-35.

« Le processus S-400 est achevé », a déclaré Erdogan, précisant que les premières livraisons de ce système de défense auraient lieu en juillet.

Le président turc a également critiqué les commentaires « totalement erronés » selon lui de Washington concernant les commandes des batteries S-400 par la Turquie, estimant que les alliés au sein de l’Otan ne devraient pas prendre de sanctions les uns à l’encontre des autres.

Les Etats-Unis, qui craignent que la technologie dont sont dotées les batteries S-400 ne serve à collecter des données technologiques sur les avions militaires de l’Otan et que la Russie puisse y accéder, ont proposé à Ankara des missiles américain Patriot en guise d’alternative. Les Etats-Unis affirment également que le dispositif de défense russe n’est pas compatible avec les équipements de l’Otan.

Mais « malheureusement », a rétorqué M. Erdogan, « les Etats-Unis ne nous vendent pas les Patriots dans les mêmes termes que la Russie ». Les batteries S-400 sont un système de défense anti-missile et anti-aérien similaires aux Patriots américains.

Il avait auparavant souligné que la Turquie voulait une production conjointe, des crédits et des livraisons rapides dans le cadre de tout contrat concernant les Patriots, mais Washington considère défavorablement ces exigences.

Le système de défense anti-missiles déployé S-400 sur la base militaire russe de Hmeimin, dans la province de Lattaquié, au nord ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015. (Crédit : Paul Gypteau/AFP)

Lundi, l’administration du président américain Donald Trump avait sommé la Turquie de choisir entre le système de défense russe et les avions de chasse américains F-35, que la Turquie souhaite également acquérir, et suspendu la livraison d’équipements liés à ces avions au gouvernement turc.

« En attendant une décision sans équivoque de la Turquie qui doit renoncer aux livraisons du système S-400, les livraisons et activités associées à la mise en place des capacités opérationnelles des F-35 de la Turquie ont été suspendues », a déclaré un responsable du Pentagone.

Washington a déjà livré en juin 2018 ses premiers F-35, mais ces appareils restent aux Etats-Unis pendant toute la formation des pilotes turcs, un processus qui peut prendre un à deux ans.

Lundi prochain, M. Erdogan sera en Russie pour des entretiens avec son homologue russe Vladimir Poutine, sa troisième visite dans ce pays en 2019.

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