Les Etats-Unis suspendent les livraisons à la Turquie liées aux avions F-35
Rechercher

Les Etats-Unis suspendent les livraisons à la Turquie liées aux avions F-35

Ankara a signé un accord avec Moscou pour acheter le dispositif de défense antimissiles et antiaérienne S-400, que Washington juge incompatibles avec les équipements de l'Otan

Le F-35 Lightning II pendant un test de ravitaillement, près de Patuxent River dans le Maryland, le 5 septembre 2014. (Crédit : Layne Laughter/Lockheed Martin)
Le F-35 Lightning II pendant un test de ravitaillement, près de Patuxent River dans le Maryland, le 5 septembre 2014. (Crédit : Layne Laughter/Lockheed Martin)

Les Etats-Unis ont annoncé lundi la suspension de toutes les livraisons d’équipements liées aux avions de chasse américains F-35 à la Turquie pour dissuader Ankara d’acquérir le système antimissiles russe S-400.

« En attendant une décision sans équivoque de la Turquie qui doit renoncer aux livraisons du système S-400, les livraisons et activités associées à la mise en place des capacités opérationnelles des F-35 de la Turquie ont été suspendues », a déclaré un porte-parole du Pentagone.

« Notre dialogue avec la Turquie sur cette question importante se poursuit », a-t-il ajouté.

Le gouvernement turc a signé un accord avec la Russie pour acheter le dispositif de défense antimissiles et antiaérienne S-400, dont la livraison devrait commencer cet été. Mais cette commande empoisonne depuis des mois les relations entre Ankara et Washington, alliés au sein de l’Otan.

Les Etats-Unis affirment que les S-400 ne sont pas compatibles avec les équipements de l’Otan et craignent que ce système russe ultra-sophistiqué ne perce les secrets technologiques de l’avion militaire américain dernier cri F-35, que la Turquie a également entrepris d’acheter.

Le système de missiles anti-aériens S-400 déployé en Russie. Illustration. (Crédit : Соколрус/CC BY-SA/Wikimedia)

La Turquie envisage d’acheter cent avions de ce type et des pilotes turcs ont déjà commencé à s’entraîner avec leurs homologues aux Etats-Unis. Ankara a investi environ un milliard de dollars dans ce programme et toute décision américaine empêchant l’arrivée des avions de chasse pourrait être considérée comme une violation de contrat.

« Les Etats-Unis continuent de mettre en garde la Turquie des conséquences négatives de son acquisition annoncée des S-400 », a expliqué le porte-parole du ministère américain de la Défense. « Cela met en péril la poursuite de la participation de la Turquie au programme F-35 », a-t-il insisté.

« Nous déplorons vivement la situation actuelle dans laquelle se trouve notre partenariat sur les F-35, mais le ministère de la Défense doit prendre des mesures de précaution pour protéger les investissements partagés réalisés dans notre technologie sensible », a-t-il précisé.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu avait dénoncé vendredi les pressions américaines, jugées « contraires au droit international ».

Washington a accru la pression ces dernières semaines : jeudi, des sénateurs républicains et démocrates ont déposé un projet de loi pour bloquer le transfert des F-35 à Ankara tant que le gouvernement américain n’aura pas certifié que la Turquie ne s’équipera pas de S-400.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...