Khalil al-Hayya, pro-Iran, élu chef du Hamas ; Israël avait tenté de l’éliminer l’an dernier à Doha
Né à Gaza et vivant au Qatar, le nouveau chef du groupe terroriste a occupé le poste de négociateur en chef du Hamas pendant la guerre ; il l'emporte face à Khaled Meshaal
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Khalil al-Hayya a été élu nouveau chef du Hamas, a annoncé lundi le groupe terroriste palestinien.
Hayya, qui occupait auparavant le poste de chef du bureau politique du Hamas à Gaza, a battu l’ancien chef et dirigeant de longue date, Khaled Meshaal.
Contrairement à Meshaal, Hayya est proche du régime iranien, et son élection souligne les liens étroits qui unissent l’Iran et le Hamas, deux entités qui revendiquent ouvertement leur détermination à détruire Israël.
Ce haut responsable était le négociateur en chef du Hamas lors des pourparlers sur un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages visant à mettre fin à la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom et le massacre perpétrés par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023.
Il a également siégé au conseil de direction, composé de cinq membres, qui dirige le Hamas depuis l’élimination, en 2024, de l’ancien dirigeant Yahya Sinwar, principal instigateur du 7-Octobre.
Hayya est étroitement lié à la bande de Gaza, où le Hamas contrôle une partie du territoire et une grande partie de la population. Né à Gaza-City en 1960, il y a grandi et y a passé toute sa vie jusqu’au 7 octobre 2023.
Quelques jours seulement avant l’assaut barbare et sanglant, il a quitté la bande de Gaza en compagnie d’autres hauts responsables du bureau politique du Hamas pour s’installer au Qatar, où il réside depuis.
Il a survécu à une tentative d’assassinat ciblé menée par Israël à Doha l’an dernier, bien que l’un de ses fils ait été tué lors de cette frappe. Un autre de ses fils a également été tué cette année lors d’une frappe israélienne à Gaza.
« Khalil al-Hayya a été élu à une écrasante majorité », a déclaré à l’AFP un haut responsable du Hamas, ajoutant qu’il devrait prendre officiellement ses fonctions la semaine prochaine.
« Le bureau politique se réunira à Istanbul dans les prochains jours pour former des comités et entamer la restructuration des instances dirigeantes du Hamas », a ajouté ce responsable.
Il a précisé que l’actuel conseil de direction, composé de cinq membres, serait dissous, ces derniers devant présenter leur démission au groupe du Conseil général de la Choura, l’instance suprême du Hamas.
L’élection n’a pas été transparente.
« Le processus électoral s’est déroulé selon un mécanisme très complexe et secret en raison de la situation sécuritaire difficile et de l’assassinat par les forces d’occupation de plusieurs dirigeants politiques et militaires », a déclaré une source au sein du Hamas, faisant référence à Israël.
Le Hamas n’a par ailleurs publié aucun détail concernant l’écart entre les voix obtenues par Hayya et celles de Meshaal.
Des représentants des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont également déclaré leur « soutien total » à Hayya.
Jusqu’à l’élimination de Sinwar, Hayya occupait le poste d’adjoint de ce dernier et était donc de facto vice-président du bureau politique du Hamas à Gaza. Après la mort de Sinwar, le Hamas a désigné Hayya comme chef du groupe terroriste à Gaza, bien que ce dernier ne se trouve pas dans l’enclave et qu’aucune élection interne officielle n’ait été organisée pour ce poste.
Pendant la guerre, Hayya est devenu l’un des visages les plus reconnaissables du Hamas, apparaissant devant les caméras pour prononcer des discours clés au nom du groupe terroriste lors de moments décisifs.
Il a également mené les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu, établissant une certaine relation de confiance avec les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner.
Concernant son orientation politique, Hayya est perçu comme susceptible de poursuivre la ligne actuelle du Hamas et de maintenir les liens avec Téhéran, contrairement à son principal rival électoral, Meshaal, qui s’est brouillé avec l’Iran et privilégie les relations avec les États arabes du Golfe ainsi qu’une amélioration des relations avec l’Autorité palestinienne (AP).
Le Hamas à la croisée des chemins
En prenant la tête du Hamas, Hayya se retrouve aux commandes d’un groupe terroriste à la croisée des chemins : Gaza est en ruines et des négociations sont en cours avec des médiateurs concernant la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu, qui est pratiquement au point mort en raison du refus du Hamas de déposer les armes et de la volonté d’Israël de reporter toute décision majeure concernant la bande de Gaza, ou tout retrait de celle-ci, jusqu’après les élections israéliennes d’octobre.
La première phase de l’accord en vingt points de Trump, conclu en octobre dernier, prévoyait la libération des derniers otages israéliens détenus par le Hamas, en échange de prisonniers palestiniens incarcérés pour des raisons de sécurité par Israël. La deuxième phase devait mener au désarmement du Hamas et au retrait progressif des troupes israéliennes de Gaza, qui devaient être remplacées par une Force internationale de stabilisation (ISF).
Le Hamas exige toutefois la mise en place d’une administration palestinienne sur place avant d’envisager de remettre la moindre partie de son arsenal.
La question de la gouvernance de Gaza après la guerre reste l’un des principaux points d’achoppement dans les négociations sur la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord Trump. Israël rejette tout retour du Hamas au pouvoir, mais s’oppose également à une prise de contrôle directe par l’AP, basée à Ramallah, qu’il accuse de soutenir et de financer le terrorisme.
Le mois dernier, le Hamas a cédé dans un geste symbolique le contrôle gouvernemental de Gaza au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien créé par le Conseil de Paix de Trump. Le NCAG est dirigé par le technocrate palestinien Ali Shaath.
Le NCAG est resté basé en dehors de Gaza pendant des mois, en raison des violations du cessez-le-feu dans l’enclave, selon le Haut Représentant du Conseil de Paix pour Gaza, Nickolay Mladenov.
À la suite de cette démarche, le Conseil de paix avait averti qu’il jugerait l’évolution de la situation à Gaza « à l’aune des actes, et non des promesses ». Un responsable israélien avait lui qualifié cette décision de « coup médiatique dénué de sens ».
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