Le gouvernement vote à l’unanimité la fermeture de la radio Galei Tsahal d’ici mars
Israel Katz ordonne des mesures immédiates pour mettre fin aux activités de la station ; le Syndicat des journalistes va saisir la Cour, arguant que cette décision constitue une grave violation des libertés d'expression et de la presse
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Le cabinet a approuvé à l’unanimité lundi la proposition du ministre de la Défense, Israel Katz, de fermer la station de radio de l’armée, Galei Tsahal, gérée par l’armée israélienne.
Galei Tsahal, fondée en 1950, est une radio généraliste réputée pour ses programmes d’information de référence, suivis pendant des décennies, même par les journalistes étrangers. Selon les derniers baromètres, c’est la troisième station la plus écoutée d’Israël avec un taux d’audience de 17,7 %.
« Le gouvernement a approuvé à l’unanimité la proposition du ministre de la Défense, Israel Katz, visant à fermer la station de radio militaire Galei Tsahal », avant le 1er mars 2026, a annoncé le bureau du ministre dans un communiqué.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait demandé à ses ministres de soutenir la proposition de Katz, selon le texte.
Les émissions devraient prendre fin d’ici le 1ᵉʳ mars 2026, selon le ministère de la Défense.
À la suite du vote unanime du cabinet en faveur de la fermeture de la radio de l’armée, Katz a donc ordonné à l’armée de prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux activités de la station, notamment en suspendant tout recrutement et en réaffectant les soldats qui y servent actuellement.
Selon le bureau de Katz, le ministre de la Défense a contacté le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, pour lui ordonner de mettre immédiatement fin à tous les processus de nomination au sein de la radio de l’armée et de cesser d’affecter des soldats à cette unité, tant dans le cadre du service obligatoire que de la réserve. Il a également ordonné de commencer les préparatifs pour mettre fin au service des soldats actuellement en poste à la radio et de les réaffecter progressivement à d’autres unités de Tsahal, en donnant la priorité aux fonctions de combat et de renfort.
Il a également demandé au directeur-général du ministère de la Défense, le major-général Amir Baram, d’aider les employés civils de Tsahal travaillant à la station et de mettre fin à leur contrat de travail dans des conditions « aussi appropriées que possible » et conformément à la loi. Le ministre a aussi ordonné l’annulation de tous les contrats de la station, y compris ceux des journalistes civils, ainsi que des mesures visant à mettre fin à l’utilisation de ses installations.
Le ministère de la Défense a déclaré que toutes ces mesures devaient être mises en œuvre d’ici le 15 février 2026, afin de finaliser la fermeture de la radio de l’armée et de mettre fin à ses émissions d’ici le 1ᵉʳ mars 2026, conformément à la décision du gouvernement.
S’exprimant lors de la réunion du cabinet, Netanyahu a déclaré que l’existence d’une station de radio dirigée par l’armée était très inhabituelle, soulignant « qu’une station militaire diffusant sous l’autorité de l’armée… existe en Corée du Nord et peut-être dans quelques autres pays, et nous ne voulons certainement pas faire partie de ceux-là ».
Netanyahu a indiqué qu’il avait été ouvert aux propositions répétées au fil des ans visant à abolir ou à privatiser la station, ajoutant : « Je crois en la concurrence. Le moment est donc venu, et mieux vaut le faire tôt que tard. »
Katz a affirmé que cette décision visait à remédier à ce qu’il décrit comme une « anomalie » démocratique.
« Une situation dans laquelle une station de radio destinée à tous les citoyens de l’État d’Israël est gérée par l’armée est une anomalie qui n’existe pas dans les pays démocratiques », a-t-il déclaré aux ministres.
Katz estime que les programmes politiques et d’actualité de la radio de l’armée créaient « une difficulté fondamentale pour l’armée israélienne, en raison de son implication involontaire dans le discours politique », ajoutant que leur contenu « nuit à Tsahal, à ses soldats et à son unité ».
Selon lui, « après le 7-Octobre, ces difficultés sont devenues encore plus aiguës ».
En novembre, Katz avait annoncé la fermeture de Galei Tsahal, précisant que cette décision faisait suite à des plaintes répétées de soldats et de civils, y compris de familles endeuillées, qui estimaient que la station ne les représentait pas et qu’elle avait parfois nui au moral et à l’effort de guerre.
Peu avant le vote du cabinet, la procureure générale, Gali Baharav-Miara, avait déclaré que cette résolution présentait plusieurs problèmes importants, notamment le fait qu’elle ne tenait pas compte de l’impact sur la liberté de la presse. Elle a donc estimé que cette résolution était illégale.
Selon Baharav-Miara, la commission consultative était composée de personnes ayant des affiliations politiques claires au parti Likud et ne comprenait pas de personnes dotées d’une expertise professionnelle suffisante pour prendre une telle décision.
Elle a ajouté que la commission avait usé de considérations « non pertinentes » pour recommander la fermeture de l’antenne, notamment la « diversité politique » de son contenu, et qu’elle n’avait pas correctement pris en compte « l’atteinte potentielle à la liberté d’expression résultant de la fermeture de la station ».
La procureure générale a également indiqué que la seule façon légitime de fermer Galei Tsahal à l’heure actuelle était de passer par la voie législative, car les décisions juridiques antérieures de son bureau stipulaient que la station militaire ne pouvait être fermée par une mesure exécutive que si la radiodiffusion publique en Israël était « opérationnelle et stable ».
Or, le ministre des Communications, Shlomo Karhi, a présenté un projet de loi qui donnerait au gouvernement le contrôle du budget de la chaîne publique Kan et permettrait de vendre sa division d’information. La procureure générale a donc déclaré que la radiodiffusion publique ne pouvait être considérée comme « opérationnelle et stable », mais qu’elle était au contraire « affaiblie, menacée et réduite au silence, et que son avenir était incertain ».
« Pour toutes ces raisons, la résolution du cabinet en question est illégale et doit être invalidée », avait conclu Baharav-Miara peu avant le vote.
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a aussi critiqué la décision du gouvernement, déclarant que la fermeture de la station de radio faisait « partie de la stratégie du gouvernement visant à abolir la liberté d’expression en Israël en cette année électorale ».
« Ils sont incapables de contrôler la réalité, alors ils essaient de contrôler les consciences. D’abord Reshet Bet et Kan, maintenant la radio de l’armée ; bientôt la chaîne N12 et la Treizième chaîne également », a déclaré Lapid, faisant référence au projet de loi de la coalition visant à donner au gouvernement un contrôle significatif sur les médias audiovisuels et à fermer la chaîne publique Kan.
« Ils ne s’arrêteront pas. Partout où il y a une vérité qui dérange le gouvernement, ils agissent pour l’éliminer. Le gouvernement ne sait pas comment faire face à la hausse du coût de la vie, à l’abandon de la sécurité ou aux réfractaires ultra-orthodoxes au service militaire, alors il ferme les médias », a ajouté Lapid.
Le Syndicat des journalistes en Israël a déclaré qu’il allait saisir la Haute Cour de justice, arguant que la fermeture de Galei Tsahal constituait une grave violation de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.
L’organisation a qualifié cette décision de « déraisonnable et disproportionnée », estimant qu’elle sapait les fondements de la démocratie et de l’État de droit.
Le syndicat a également fait valoir que le cabinet n’avait pas le pouvoir d’intervenir dans les affaires concernant la station, affirmant que la responsabilité de la radio de l’armée incombait à la Knesset, dans le cadre du système de radiodiffusion publique israélien.
Selon le syndicat, les programmes d’information de la radio de l’armée font « partie intégrante de la radiodiffusion publique », conformément à la loi sur la radiodiffusion publique et aux décisions de la Cour suprême, et ne peuvent donc pas être supprimés par une simple décision du gouvernement.
Le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël a pour sa part déposé un recours auprès de la Haute Cour de justice.
Ce groupe libéral de surveillance du gouvernement fait valoir que cette décision a été prise sur la base de « motifs cachés » et de faits erronés, d’une manière susceptible de porter atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, et donc, plus largement, à l’intérêt public.
L’organisation fait également remarquer que, les activités de Galei Tsahal étant ancrées dans la loi, un texte législatif, et non une résolution du cabinet, est requis pour fermer la station.
Le Mouvement pour un gouvernement de qualité affirme en outre que la décision de fermer Galei Tsahal a été prise « en vue de nuire aux médias considérés comme critiques à l’égard du gouvernement », et pour « profiter, sur un plan économique, aux propriétaires de médias proches du gouvernement ».
Ce recours comporte une demande d’ordonnance provisoire gelant la mise en œuvre de la résolution du cabinet jusqu’à ce que la Haute Cour statue sur la question.
« La fermeture de Galei Tsahal causera un préjudice réel et disproportionné à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, ainsi qu’un préjudice important au marché des médias en Israël », a déclaré Uri Hess, avocat du Mouvement pour un gouvernement de qualité.
« Une telle décision requiert l’approbation de la Knesset. Elle ne peut être prise uniquement sur la base de l’avis du gouvernement. »
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