Macron exige la libération des otages à Gaza pour ouvrir une ambassade en Palestine
Le président a aussi dénoncé "l'erreur" de l'ambassadeur américain en France, qui avait exprimé en août "sa profonde inquiétude face à la flambée de l'antisémitisme en France"
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Emmanuel Macron a déclaré dans un entretien diffusé dimanche sur la chaîne américaine CBS que la France posait comme condition à l’ouverture d’une ambassade en Palestine la libération des otages retenus à Gaza par le groupe terroriste palestinien du Hamas, à la veille de la reconnaissance par Paris d’un État palestinien.
« Leur libération est une condition claire avant que nous ouvrions une ambassade », a déclaré le président français en anglais dans une interview enregistrée jeudi à Paris.
La France dispose actuellement d’un consulat général à Jérusalem, qui assure sa représentation auprès de l’Autorité palestinienne. L’ambassade de France en Israël est située à Tel Aviv.
La France doit officiellement reconnaître un État palestinien, avec une dizaine d’autres pays, lors d’un sommet lundi au siège des Nations unies à New York.
Interrogé par la journaliste de l’émission « Face the Nation » sur le fait qu’il ne faisait pas de la libération des otages une condition de cette reconnaissance, il a répondu : « Ce sera, pour nous, une condition claire avant d’ouvrir, par exemple, une ambassade en Palestine. »
« Cette condition est la première d’une série de préalables que nous allons défendre dans le cadre du processus de paix. Mais nous annoncerons cette reconnaissance d’un État palestinien le 22 septembre », a répondu le président français dans un entretien exclusif rare avec une chaîne américaine.
Avant même ce sommet, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont officiellement reconnu un État palestinien, dimanche.
Macron, qui dit vouloir « isoler » le Hamas, critique la conduite des opérations israéliennes à Gaza.
« Ce qu’il se passe, c’est que, de facto, il y a beaucoup de civils qui sont tués, et le projet est de déplacer les gens. Je pense donc que c’est une grosse erreur », a-t-il déclaré jeudi à CBS.
Il a également dénoncé la « folie » d’un éventuel plan visant à évacuer l’ensemble des Palestiniens de la bande de Gaza avant la reconstruction du territoire.
« Nous ne pouvons pas, implicitement ou explicitement, faire preuve de complaisance vis-à-vis d’un tel projet », a souligné Macron.
Il a également dénoncé « l’erreur » de l’ambassadeur américain en France, Charles Kushner, père du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, qui avait exprimé en août « sa profonde inquiétude face à la flambée de l’antisémitisme en France et à l’absence d’action suffisante de son gouvernement pour le combattre ».
« C’est une erreur et une prise de position inacceptable pour quelqu’un qui est censé être un diplomate », a déclaré Macron.
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