Smotrich et Ben Gvir s’insurgent contre le projet US visant à créer un État palestinien
Les deux ministres exigent de Benjamin Netanyau qu'il rejette toute proposition ouvrant la voie à un État palestinien ; le Conseil de Yesha s'oppose à la solution à 2 États
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La reprise des efforts diplomatiques en vue de conclure un accord de normalisation avec l’Arabie saoudite a suscité de vives critiques de la part des ministres israéliens de la droite dure et des autorités des implantations de Cisjordanie. Ces derniers ont exercé une pression sur le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, samedi soir, pour qu’il rejette toute proposition susceptible de favoriser la création d’un État palestinien.
Deux alliés de droite de Netanyahu lui ont demandé de déclarer publiquement et sans équivoque qu’Israël n’accepterait jamais la création d’un État palestinien, à la suite de la publication d’un communiqué conjoint élaboré par les États-Unis et signé par plusieurs pays, affirmant que le plan en vingt points du président Donald Trump pour Gaza « offre une voie vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien ».
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a accusé le Premier ministre de « silence et de honte diplomatique » sur cette question, estimant qu’il n’avait pas réagi avec suffisamment de fermeté aux récentes reconnaissances unilatérales d’un État palestinien par plusieurs pays.
Smotrich a exigé que Netanyahu « formule immédiatement une réponse appropriée et décisive qui fera clairement comprendre au monde entier qu’aucun État palestinien ne sera jamais établi sur le territoire de notre patrie ».
Le mois dernier, Smotrich avait déclaré qu’il n’accepterait pas un accord de normalisation impliquant la création d’un État palestinien, ajoutant avec mépris que les Saoudiens pouvaient « continuer à monter à dos de chameau ». Il s’était ensuite excusé.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est joint à la campagne de pression, déclarant qu’il « n’existe pas de ‘peuple palestinien’ » et insistant sur le fait qu’ils « ne méritent certainement pas de récompense pour le terrorisme, les meurtres et les atrocités qu’ils ont semés partout ».
« La seule véritable solution pour Gaza est d’encourager l’émigration volontaire », a-t-il déclaré, ajoutant que son parti Otzma Yehudit « ne fera partie d’aucun gouvernement qui acceptera » la création d’un État palestinien. Ben Gvir a appelé Netanyahu à affirmer clairement qu’Israël « n’autorisera aucun État palestinien sous quelque forme que ce soit ».
Ben Gvir a déjà lancé des ultimatums à Netanyahu, allant parfois jusqu’à menacer de faire tomber le gouvernement. En octobre, il a déclaré avoir donné au Premier ministre un délai pour démanteler le groupe terroriste palestinien du Hamas et appliquer la peine de mort aux terroristes, avertissant que son parti quitterait la coalition si ces exigences n’étaient pas satisfaites. Un mois plus tard, le député Yitzhak Kroizer (Otzma Yehudit) est revenu sur ces déclarations, affirmant que le parti ne cherchait pas activement à renverser le gouvernement.
Samedi, le ministre de la Culture, Miki Zohar, membre du parti de Netanyahu, le Likud, a également exprimé son opposition à la création d’un État palestinien, appelant à une normalisation avec l’Arabie saoudite « sans reconnaître un État palestinien qui mettrait en danger notre sécurité ». Selon lui, un tel accord « changerait l’avenir du Moyen-Orient pour les générations à venir » s’il était conclu dans des conditions acceptables pour Israël.
Contrairement à Smotrich, Ben Gvir et Zohar, qui n’ont pas mentionné Trump dans leurs déclarations, l’ancien député d’extrême droite Avi Maoz a accusé le président américain de « promouvoir un État terroriste palestinien » en Cisjordanie.
De plus, le Conseil de Yesha, qui représente les autorités locales des implantations de Cisjordanie, a vivement critiqué l’idée de lier la création d’un État palestinien à la diplomatie avec l’Arabie saoudite.
L’organisation a accusé le gouvernement d’accepter de facto la création d’un État palestinien en échange d’une normalisation avec Ryad et a averti que le silence sur les récentes reconnaissances européennes permettait cette création de fait.
Le Conseil de Yesha a réitéré sa position de longue date selon laquelle « c’est soit la souveraineté [israélienne], soit un État palestinien », et a exhorté Netanyahu à réaffirmer publiquement qu’aucun État palestinien ne serait jamais créé – une position qu’il a toujours maintenue.
Cette réaction violente de la droite dure a éclaté après l’approbation par le communiqué conjoint préparé par les États-Unis – soutenu par le Qatar, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Indonésie, le Pakistan, la Jordanie et la Turquie – d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU dirigée par les États-Unis et établissant une Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza. Ce communiqué conjoint souligne que le plan de Washington « offre une voie vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien » et appelle à son « adoption rapide », malgré l’opposition de la Russie et de la Chine.
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