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Trump : Le Hamas « a travaillé dur » pour localiser le corps du dernier otage ; il doit désormais désarmer

Selon un responsable US, la récupération de Ran Gvili démontre les avantages de la coopération entre Israël, le Qatar, la Turquie et l'Égypte ; plus de 25 pays auraient rejoint le Conseil de Paix

Des terroristes armés du Hamas recherchant les restes de l'otage israélien Ran Gvili, dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, le 7 janvier 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)
Des terroristes armés du Hamas recherchant les restes de l'otage israélien Ran Gvili, dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, le 7 janvier 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que le Hamas avait aidé Israël à localiser le corps du dernier otage israélien à Gaza, tout en rappelant son exigence de désarmement du groupe terroriste palestinien.

« Ils ont travaillé très dur pour récupérer le corps », a déclaré Trump au sujet du Hamas dans une interview accordée au site d’information Axios.

« Ils ont travaillé avec Israël à cet effet. Nous devons maintenant désarmer le Hamas comme ils l’ont promis », a-t-il ajouté.

Les responsables israéliens ont salué les efforts de l’armée pour retrouver le corps de Ran Gvili, après le lancement d’une opération de recherche dans un cimetière musulman de Gaza-City, ce week-end, sur la base de nouvelles informations, mais n’ont pas mentionné l’aide qu’aurait apportée le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Un responsable américain a repris les déclarations de Trump lors d’une conférence de presse avec des journalistes, lundi.

« Je dirais que le Hamas s’est montré très coopératif dans cette affaire. Ils ont rempli les obligations qu’ils avaient acceptées », a-t-il déclaré, critiquant les « personnes hystériques » anonymes qui ont accusé diverses parties d’avoir nui aux efforts de récupération des corps des derniers otages.

Le président américain Donald Trump (au centre à droite) rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (au centre à gauche) lors d’une réunion bilatérale à la résidence Mar-a-Lago de Trump à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. Aux côtés de Trump, on peut voir, de gauche à droite, le chef d’état-major des armées des États-Unis, le général Dan Caine, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le chef d’état-major adjoint Stephen Miller, l’envoyé spécial de la Maison Blanche Steve Witkoff et le gendre de Trump, Jared Kushner. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Il a vanté les mérites de la « cellule de fusion » créée au début du cessez-le-feu d’octobre 2025, qui a vu Israël collaborer avec les médiateurs égyptiens, qataris et turcs pour localiser les corps restants des otages morts dans la bande de Gaza.

Plus tôt lundi, Jared Kushner, principal conseiller et gendre de Trump, a salué la coordination entre les États-Unis, Israël, l’Égypte, la Turquie, le Qatar et « de nombreux Gazaouis coopératifs » qui ont aidé à localiser et à rapatrier les corps de tous les otages retenus à Gaza.

Il n’a pas donné plus de détails sur ces efforts, mais Ynet a rapporté vendredi qu’un informateur palestinien avait récupéré le corps du sergent-chef Oron Shaul dans un réfrigérateur verrouillé en janvier 2025, l’avait enveloppé dans un tapis, puis l’avait transporté sur ses épaules sur une distance de 1,5 kilomètre afin de le remettre aux troupes de Tsahal à Gaza.

« Beaucoup de gens sont dans un état d’esprit guerrier depuis quelques années, mais la réalité est que le Moyen-Orient ne pourra s’améliorer que si les gens commencent à travailler ensemble », a déclaré le responsable américain, ajoutant que le retour de Ran Gvili « n’est qu’un exemple de ce qui peut arriver quand Israël travaille avec l’Égypte, la Turquie et le Qatar ».

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (au centre), et le chef du Commandement du Sud, le major-général Yaniv Asor (à droite), saluant le corps du sergent-chef Ran Gvili, après qu’il a été retrouvé dans l’est de Gaza-City, le 26 janvier 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Il a ajouté que Kushner et son collègue Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, s’étaient entretenus par téléphone lundi avec les parents de Ran Gvili.

Le responsable a reconnu que l’administration n’était pas certaine de réussir à récupérer tous les otages et qu’elle aurait peut-être dû aller de l’avant avec le plan Trump pour Gaza, sachant que certains otages auraient pu être laissés pour compte.

« Dieu merci, nous n’avons pas eu à prendre cette décision, car nous avons atteint cet objectif », a-t-il ajouté.

Responsable américain : Amnistie pour ceux qui déposent les armes à Gaza

Le responsable américain a réitéré la position de l’administration Trump selon laquelle ceux qui, à Gaza, acceptent de déposer leurs armes bénéficieront d’une amnistie.

« Nous pensons que le désarmement devra s’accompagner d’une forme d’amnistie, et franchement, nous pensons avoir un très bon plan pour le désarmement. Nous sommes en contact, ou plutôt nos représentants sont en contact avec [le Hamas], et nous espérons que cela se fera », a déclaré le responsable américain.

Cette offre d’amnistie en échange des armes des terroristes du Hamas figure dans le plan en vingt points visant à mettre fin à la guerre à Gaza, dévoilé en septembre par l’administration Trump. Elle a été accueillie favorablement par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont les partenaires de coalition ont critiqué certains éléments de la proposition évoquant la création d’un État palestinien. De leur côté, les responsables du Hamas ont rejeté les parties du plan qui appelaient le groupe terroriste à se désarmer.

L’accord de cessez-le-feu signé par Israël et le Hamas ne portait en réalité que sur la première phase de l’accord, qui couvrait l’échange d’otages et de prisonniers, le retrait initial d’Israël de la bande de Gaza et l’aide humanitaire.

Des soldats de l’armée israélienne opérant dans un cimetière de Gaza-City à la recherche du corps du sergent-chef Ran Gvili, sur une photo diffusée le 26 janvier 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Mais le responsable américain a insisté auprès des journalistes sur le fait que le Hamas avait accepté une proposition prévoyant également le désarmement du groupe terroriste.

« Ils ont signé un accord… s’ils décident de jouer au chat et à la souris, alors il est évident que le président Trump prendra d’autres mesures », a déclaré le responsable américain.

Le Hamas a promis de conserver ses armes, et des responsables proches des négociations ont déclaré au Times of Israel que les médiateurs faisaient pression pour un transfert progressif de ses armes, un cadre auquel Israël s’oppose.

Le responsable américain a déclaré que Washington travaillait sur un programme de désarmement avec Israël et les autres médiateurs du cessez-le-feu à Gaza, et que des annonces à ce sujet devraient être faites dans les semaines à venir.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a rencontré lundi matin à Ankara une délégation du Hamas dirigée par Khalil al-Hayya, dans le cadre d’une réunion visant ostensiblement à faire avancer le désarmement du groupe terroriste.

Le ministère turc des Affaires étrangères a publié des photos de la réunion sans fournir d’informations supplémentaires.

Le responsable américain a réitéré sa conviction que les donateurs potentiels ne seront pas disposés à contribuer financièrement à la reconstruction de Gaza sans la démilitarisation de la bande de Gaza.

« Le président Trump est tout à fait d’accord avec le Premier ministre Netanyahu lorsqu’il affirme que la reconstruction ne pourra avoir lieu que lorsque le Hamas aura été démilitarisé et désarmé », a déclaré le responsable américain.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s’exprimant lors d’une session spéciale en l’honneur du Premier ministre albanais Edi Rama (au centre), à la Knesset, à Jérusalem, le 26 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé sur la question de savoir si Israël est prêt à coopérer pleinement à la deuxième phase du plan pour Gaza, annoncée au début du mois, le responsable américain a insisté sur le fait que Jérusalem était partante.

« Israël cherche à donner de l’espace et à essayer d’aider et de soutenir les habitants de Gaza qui souhaitent voir leur territoire reconstruit », a-t-il déclaré, ajoutant que cela inclut le retrait d’Israël vers la périphérie de Gaza à mesure que le Hamas désarme.

« La balle est dans le camp du Hamas… Ce sont eux qui font obstacle à la reconstruction de Gaza et à l’amélioration des conditions de vie des habitants de Gaza. »

Responsable américain : Le Conseil de Paix se concentrera d’abord sur Gaza

Le responsable américain a déclaré que plus de 25 pays avaient accepté de rejoindre le Conseil de Paix.

Plus tôt lundi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait affirmé que « 20 pays supplémentaires » avaient accepté de rejoindre le conseil de Trump, suggérant ainsi que ce nouveau groupe s’ajoutait aux quelque vingt pays qui avaient déjà accepté de rejoindre le Conseil de Paix la semaine dernière.

Selon le décompte effectué par le Times of Israel, 26 pays ont officiellement confirmé leur décision de rejoindre le Conseil de Paix, dont les États-Unis.

Les autres pays qui ont accepté de rejoindre le conseil sont l’Argentine, l’Albanie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Biélorussie, la Bulgarie, le Cambodge, l’Égypte, la Hongrie, l’Indonésie, Israël, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, le Maroc, la Mongolie, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Ouzbékistan et le Vietnam.

Une dizaine de pays ont explicitement rejeté l’invitation, notamment la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Norvège, la Slovénie, la Suède, le Royaume-Uni et l’Ukraine.

D’autres pays n’ont pas encore répondu à l’invitation, notamment la Chine, la Croatie, Chypre, l’Inde, l’Union européenne, la Russie et Singapour. Les États-Unis ont déclaré que certains pays devaient obtenir l’accord de leur Parlement avant d’adhérer.

Interrogé sur la portée du Conseil de Paix, le responsable américain a déclaré aux journalistes que le premier objectif du panel serait Gaza.

Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a donné au Conseil de Paix un mandat de deux ans pour superviser la gestion de l’après-guerre à Gaza, la Charte de l’organe dirigé par Trump ne fait aucune mention de la bande de Gaza et semble indiquer une volonté d’usurper le rôle de l’ONU dans la résolution des conflits mondiaux.

Le président du Paraguay, Santiago Pena (2ᵉ à partir de la gauche), le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif (5ᵉ à partir de la gauche), la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani (au centre à droite), le président de l’Argentine, Javier Milei (6ᵉ à partir de la droite), le Premier ministre de l’Arménie, Nikol Pashinyan (4ᵉ à partir de la droite), l’ancien Premier ministre bulgare Rosen Zhelyazkov (3ᵉ à partir de la droite), le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan (2ᵉ à partir de la droite) et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev posent avec le président américain Donald Trump (au centre) tenant la Charte fondatrice signée lors de la réunion du Conseil de Paix pendant la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

« Si [le Conseil de Paix] a davantage d’occasions d’apporter une valeur ajoutée et d’essayer d’obtenir des résultats différents de ceux obtenus auparavant… alors c’est quelque chose que le président Trump envisagera », a déclaré le responsable américain.

Responsable américain : Le poste-frontière de Rafah rouvrira « grâce à la coordination en matière de sécurité entre les États-Unis, Israël et l’Égypte »

Le responsable américain a également déclaré que le passage frontalier de Rafah entre Gaza et l’Égypte rouvrira « grâce à une très bonne coordination en matière de sécurité entre les États-Unis, Israël et l’Égypte ».

Il n’a pas donné de calendrier précis pour la réouverture du poste-frontière, mais un autre responsable américain a déclaré dimanche au Times of Israel que Washington s’attendait à ce que cela se produise d’ici la fin de la semaine, conformément aux annonces faites par le chef du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) et le haut représentant du Conseil de Paix pour Gaza lors de la cérémonie de signature de la Charte du Conseil de Paix la semaine dernière.

Le bureau de Netanyahu a déclaré dimanche qu’il rouvrirait Rafah une fois l’opération visant à récupérer la dépouille du dernier otage restant à Gaza terminée, ce que le pays a réussi à faire lundi.

« Nous sommes en train de mettre en place une force de police palestinienne locale qui pourra commencer à assurer elle-même le maintien de l’ordre. En fin de compte, c’est au gouvernement de Gaza et à la population de Gaza qu’il appartiendra de garantir la sécurité de Gaza », a déclaré le responsable américain lors du point presse.

« Plus ils montreront qu’ils assurent la sécurité et qu’ils ne constituent pas une menace pour leurs voisins, plus ils pourront s’aider eux-mêmes en faisant entrer beaucoup de ces matériaux », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité d’inclure un représentant palestinien au sein du Conseil de Paix, le responsable américain a déclaré que l’Autorité palestinienne (AP) « avait un statut d’observateur » auprès du NCAG.

Des membres du Croissant-Rouge égyptien surveillant un camion transportant de l’aide humanitaire alors qu’il entre au poste-frontière de Rafah entre l’Égypte et la bande de Gaza, à la suite d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le 12 octobre 2025. (Crédit : Mohamed Arafat/AP Photo)

Il n’a pas précisé ce que cela signifiait, mais a déclaré que l’administration Trump était en contact avec l’AP et « entretenait de bonnes relations avec elle ».

« Elle soutient ces efforts. Voyons où cela nous mènera », a ajouté le responsable américain.

L’AP espérait jouer un rôle plus important dans la gestion de Gaza après la guerre, mais cette demande a été rejetée par les États-Unis et Israël, qui exigent que Ramallah mette en œuvre des réformes depuis longtemps.

L’AP affirme avoir commencé à mettre en œuvre bon nombre de ces réformes, mais dit être paralysée par le blocage continu par Israël de plusieurs milliards de dollars de ses fonds.

Israël retient une partie de ces fonds, correspondant, selon lui, au montant des allocations versées par l’AP aux familles des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et aux terroristes morts. En février, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a signé un décret mettant fin au système de paiements aux prisonniers du « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), mais Israël a rejeté cette initiative.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, retient également une partie des recettes fiscales qui, selon lui, correspondent au montant des fonds utilisés par l’AP pour payer les fonctionnaires de Gaza, qui, selon Jérusalem, risquent de parvenir au groupe terroriste palestinien du Hamas.

Israël continue, pour sa part d’accuser l’AP de mentir au sujet des réformes internes présumées concernant les paiements aux terroristes et à leurs familles.

En novembre, une nouvelle étude réalisée par l’Institut IMPACT-SE qui s’est penchée, pour la première fois depuis quatre ans, sur les manuels scolaires utilisés par l’AP a révélé qu’il n’y avait eu aucun changement dans les contenus, malgré les promesses de réforme de Ramallah.

Après avoir adopté une approche plus combative durant le premier mandat du président américain Trump, qui avait vu Ramallah rompre ses liens avec Washington, l’AP cherche à accepter le rôle limité qui lui est proposé durant ce mandat, car son influence est réduite.

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