Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait se réunir mardi pour discuter de « la question palestinienne », suite à une campagne menée au sein des institutions internationales pour relancer les négociations de paix au point mort entre Israéliens et Palestiniens.

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, s’exprimera pendant la réunion, prévue à 10h00 heure locale (17h00 en Israël) au siège des Nations unies de New York.

La réunion a lieu deux jours après une conférence de paix à Paris, qui a rassemblé des représentants de plus de 70 pays, mais ni Israël, ni l’Autorité palestinienne, et dans un contexte de craintes de Jérusalem que le Conseil n’adopte une autre résolution critiquant Israël, suite au vote le mois dernier d’une résolution qui fustigeait les implantations.

La semaine dernière, Danon avait déclaré que la réunion mardi du Conseil de sécurité serait « une tentative de promouvoir une initiative de dernière minute avant qu’une nouvelle administration américaine n’arrive au pouvoir. »

Début janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé que les diplomates tentaient d’empêcher une autre résolution du Conseil de sécurité mardi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

« La conférence de Paris n’est pas pertinente, avait-il déclaré. Mais il existe des indices qu’ils pourraient essayer de transformer les décisions qui y seront prises en une autre résolution du Conseil de sécurité, et ceci est pertinent. »

Il y a plus de quelques signes allant dans ce sens, avait ajouté Netanyahu sans donner plus de précisions.

Ces inquiétudes ont été quelque peu apaisées ces deux derniers jours, par le soutien américain à un rééquilibrage du texte final de la conférence de Paris, par le refus de Londres de signer ce document, et par la promesse de Washington que l’administration Obama ne permettra pas l’adoption d’une autre résolution anti-Israël pendant ses derniers jours au pouvoir.

Il n’est pas évident de savoir ce qui ressortira de la réunion, la première sur le conflit israélo-palestinien depuis l’adoption de la résolution 2334, qui avait fortement irrité Israël.

Le nouveau directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères a salué lundi ce qu’il a décrit comme la conclusion morose de la conférence de Paris, affirmant que c’était une victoire pour Israël et que la décision de Jérusalem de ne pas s’y rendre avait envoyé un message à la communauté internationale.

« Le fait que la conférence de Paris n’ait pas de suite est, de notre point de vue, la réussite la plus importante », a déclaré Yuval Rotem à la radio militaire lundi matin.

Le sommet de Paris était le deuxième rassemblement de ce genre en moins d’un an en France. Il avait pour objectif de mettre en place un agenda concret pour la reprise des efforts de paix.

Yuval Rotem (Crédit : MFA)

Yuval Rotem (Crédit : MFA)

Le communiqué final de la rencontre n’impose « aucune nouvelle obligation » à Israël et « se termine sans aucun mécanisme à appliquer ni aucun suivi » sur ses recommandations pour conclure un accord de paix, a déclaré Rotem.

Netanyahu avait affirmé que la conférence de Paris était « truquée par les Palestiniens, sous les auspices français, pour adopter des positions anti-Israël supplémentaires. »

La conférence de paix de dimanche et la résolution 2334 ne font
qu’ « encourager les Palestiniens à refuser des négociations directes avec Israël », a déclaré Rotem.

Les dirigeants israéliens avaient été cinglants dans leurs critiques de la résolution de décembre. Netanyahu avait souligné qu’elle tentait de définir comme illégale la présence de juifs dans le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem, ainsi que la présence israélienne sur le lieu saint du mont du Temple.

La résolution avait entraîné un dernier affrontement entre Netanyahu et le président américain Barack Obama, car les Etats-Unis n’ont pas apposé leur veto à la résolution, permettant son adoption.

Raphael Ahren a contribué à cet article.