Un haut responsable du Hamas dirige un certain nombre de cellules armées secrètes depuis quelques mois pour mener des attaques contre des cibles occidentales et du Fatah dans la bande de Gaza. Et ce, en partie, pour contrer toute politique visant à cimenter l’union entre le Hamas et l’Autorité palestinienne.

Selon des sources palestiniennes, israéliennes et arabes qui se sont confiées au Times of Israel, la cellule est dirigée par Fathi Hamad, un ancien ministre de l’Intérieur du Hamas.

Hamad opère comme un élément solitaire cherchant à saper les positions des dirigeants du Hamas, en particulier ceux du chef politique du groupe islamiste, Khaled Meshaal, son adjoint Moussa Abu Marzuk, et même ceux de l’ancien Premier ministre du Hamas Ismail Haniyeh.

Le chef intérimaire de l’aile militaire, Marwan Issa, qui est au courant des activités de ces cellules, n’est pas entièrement tenu au courant de toutes leurs opérations sur le terrain et il ne prend pas part au processus décisionnel.

Selon ces sources, les cellules sont responsables – entre autres – de la série d’attentats à la bombe perpétrée aux domiciles de 13 hauts responsables du Fatah à Gaza il y a deux mois, du bombardement du Centre culturel français dans le quartier de Rimal dans la ville de Gaza et, très probablement, de l’attentat de la semaine dernière près de la résidence du porte-parole du gouvernement d’unité Ihab Bsiso, qui vit à Ramallah mais dont la famille est restée dans la bande de Gaza.

La mise en place de ces cellules du Hamas intervient alors que la direction du Hamas est de plus en plus divisée sur la voie à suivre pour assurer le futur de l’organisation.

Des appels, de plus en plus pressants, ont été lancés au sein des échelons du groupe terroriste pour que l’on adopte une approche plus diplomatique après la guerre avec Israël de l’été dernier et face à son isolement croissant de l’Egypte, qui sévit contre les islamistes depuis que le président Abdel-Fattah el-Sissi a pris le pouvoir, il y a un an.

Ces voix se font entendre dans la plupart des réunions à huis clos du Hamas, mais on les retrouve dans les opinions signées de Razi Hamid, l’un des éminents représentants du Hamas à Gaza.

Les « voix modérées » appellent à un réexamen des politiques « de résistance » de l’organisation et exhortent à l’adoption d’une position de compromis envers l’Autorité palestinienne, comme l’ont fait les Frères musulmans en Tunisie.

Parmi ceux qui soutiennent cette approche, il y a Marzuk, le haut responsable du Hamas Khalil Haya, et ils ont été récemment rejoints par Haniyeh, qui a demandé une nouvelle réunion du « Conseil de la charia » – le comité de direction de l’organisation – afin de prendre une décision quant à un changement de politique.

Les membres plus extrémistes de l’organisation, dirigés par Fathi Hamad, ainsi que d’autres hauts responsables de l’aile militaire ayant des liens étroits avec l’Iran, rejettent catégoriquement ces exigences et souhaitent la mise en place d’une ligne plus agressive contre l’Autorité palestinienne.

Selon ces sources, deux pays musulmans, la Turquie et l’Iran, sont au centre de ce débat et ces deux pays soutiennent chacun un camp différent.

Tous les détails sur ce fossé grandissant au sein du Hamas et son implication pour les pouvoirs régionaux seront publiés, cette fin de semaine, dans une analyse du Times of Israel.