« David », le nouveau dessin animé d’Angel Studio rappellera des choses aux Israéliens et aux chrétiens
Actuellement dans les salles en hébreu et en anglais, cette version musicale de l'histoire du berger devenu roi des Israélites, compte à son générique Sasson Shaulov, Miri Mesika et Shahar Tavoch
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« David », la comédie musicale en version dessin animée qui revisite l’histoire de ce berger qui a vaincu Goliath et est devenu roi d’Israël, est depuis le 26 février dernier dans les salles de cinéma israéliennes, soit juste avant la fête de Pourim et deux jours avant le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
En raison des nombreuses alertes aux missiles qui jettent régulièrement la population israélienne aux abris, le Commandement du front Intérieur a décidé la fermeture des salles peu de temps après la sortie du film en Israël — mais les spectateurs israéliens peuvent se rattraper pendant la fête de Pessah, maintenant qu’un grand nombre de cinémas ont réouvert.
Ce film qui dure 110 minutes, destiné au public enfantin, parle surtout de l’ascension de David vers le pouvoir, en s’inspirant du chapitre de la Bible Samuel 1, avec un peu de Samuel 2 pour faire bonne mesure.
Ce dessin animé aux magnifiques couleurs, qui est l’oeuvre du studio sud-africain Sunrise Productions, rend magnifiquement les champs remplis de pavots, aux amandiers en fleurs et aux robes tissées de l’Israël d’antan.
On y entend de nombreux morceaux accrocheurs, pour l’essentiel interprétés par David, l’auteur de dizaines de psaumes, lequel savait par ailleurs jouer de la lyre et de la harpe. On a parfois l’impression d’un savant mélange entre le « Prince d’Égypte » et le « Le Roi Lion ».
Certes, les voix et les dialogues sonnent américains, ce qui n’est pas illogique de la part d’un film qui, en 2025, a voulu remettre au goût du jour l’histoire de ce roi biblique.
« David » est l’oeuvre d’Angel Studios, une société originaire de Provo, dans l’Utah, fondée par les Saints des Derniers Jours et connue pour ses films à thématiques religieuses.
Les co-réalisateurs et co-scénaristes, Brent Dawes et Phil Cunningham, sont des chrétiens religieux sud-africains qui, selon le court message de Cunningham à la fin du film, auraient passé 30 ans à faire en sorte de donner vie à leur version de l’histoire de David.
Le film est d’abord sorti aux États-Unis, en décembre dernier, avant de sortir dans sa version israélienne, le temps de mettre au point le doublage en hébreu. Dans la version en hébreu, on peut entendre le chanteur israélien Sasson Shaulov, qui interprète le rôle de David, la chanteuse Miri Mesika, qui interprète celui de la mère de David, et enfin l’acteur et chanteur Shahar Tavoch, dans le rôle de l’un de ses frères.
Ce David à la belle chevelure auburn a bien des cordes à son arc – à la fois fils loyal et leader de son peuple – mais c’est le roi Saül dont on parle le plus, lui qui n’avait pas voulu être roi et se débattait avec cette responsabilité, tour à tour traversé par la jalousie et la dépression.
Son propre fils, Jonathan, est, dans le film, l’ami inséparable de David, comme dans la Bible, mais cette amitié n’est pas le sujet principal du film.
Et si les Philistins impressionnent dans leurs uniformes royaux rouges — en particulier Goliath, qui paraît aussi grand qu’un des derniers gratte-ciel de Jérusalem — ce sont les Amalécites qui sont les plus effrayants, chevauchant des chameaux portant des masques faits de troncs d’arbres et de ramures de cerfs.
Il y a beaucoup d’hébreu dans la version anglaise (ainsi que, curieusement, quelques phrases à consonance yiddish) ainsi que des chansons connues.
C’est un film très accessible pour les Israéliens, dans lequel ils reconnaitront des paysages connus car ses créateurs se sont rendus en Israël pour se familiariser avec les lieux — alors même que dans le film, l’histoire semble se dérouler au début du printemps, si l’on tient compte des paysages verdoyants et du faible nombre de scènes dans le désert.
Mais il y a aussi des accents chrétiens dans ce film, dans l’accent mis sur David le berger, ce qui rappelle Jésus, mais aussi dans les chants religieux et la dépendance de David envers Dieu tout au long du film, estiment plusieurs pasteurs.
Ce qui rend particulièrement pertinente la sortie de ce film dans les salles israéliennes, c’est la représentation des Israélites comme un peuple persécuté qui ne se laisse pas faire — ce qui est particulièrement émouvant après un mois de guerre contre l’Iran et le Hezbollah et deux ans de guerre contre le Hamas à Gaza.
Les Israélites dirigés par David finissent par avoir un chef dont l’histoire retiendra la grandeur, malgré ses imperfections. Peut-être le verra-t-on dans « David II ».
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