Des militants de la flottille pour Gaza libérés dénoncent des exactions de la part d’Israël ; Israël dément
Des responsables italiens et allemands ont dit enquêter sur les accusations lancées par leurs ressortissants, alors que les membres de l'UE discutent de l'imposition de sanctions à l'encontre d'Itamar Ben Gvir
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Les militants qui ont été libérés par Israël après avoir avoir été arrêtés alors qu’ils se trouvaient à bord d’une flottille qui tentait de briser le blocus naval israélien sur Gaza ont été victimes d’abus, ont affirmé les organisateurs de la flottille dans la journée de vendredi. Ils ont souligné que plusieurs activistes avaient été hospitalisés pour des blessures et qu’au moins 15 personnes avaient fait état d’agressions sexuelles, y compris des viols.
L’administration chargée des prisons en Israël a nié ces allégations, affirmant que tous ceux qui ont été placés en détention l’ont été « conformément à la loi, dans le plein respect de leurs droits fondamentaux », et qu’ils ont reçu les soins médicaux nécessaires, qui ont été prodigués par des professionnels.
L’agence Reuters a indiqué qu’elle n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les affirmations qui ont été faites par les militants.
L’Allemagne a fait savoir que certains de ses ressortissants avaient été blessés et que les accusations étaient « graves », sans donner plus de détails.
Une source au sein du système judiciaire italien a noté que les procureurs enquêtaient sur de possibles crimes – évoquant notamment des enlèvements et des agressions sexuelles.
Les forces israéliennes avaient arrêté 430 personnes qui se trouvaient à bord de 50 navires dans les eaux internationales dans la journée de mardi, avec pour objectif d’arrêter une flottille réunissant des volontaires qui tentaient de briser le blocus de Gaza.
Des allégations d’abus qui vont très certainement intensifier les pressions exercées sur les autorités israéliennes pour qu’elles s’expliquent sur le traitement réservé aux prisonniers – après qu’une vidéo montrant le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir dans un centre de détention en train de narguer des activistes ligotés et à genoux a suscité un tollé international.
C’est Ben Gvir lui-même qui avait diffusé cette vidéo.
« Nous sommes très préoccupés par ces informations », a expliqué le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, lorsqu’il a été interrogé sur ces accusations de violences à l’occasion d’un point presse régulier, dans la journée de vendredi.
L’Italie a indiqué que les membres de l’UE discutaient de possibles sanctions à l’encontre de Ben Gvir. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé qu’il était en contact avec tous ses homologues de l’UE « afin qu’une décision rapide soit prise pour imposer des sanctions » au ministre.
ככה אנחנו מקבלים את תומכי הטרור
Welcome to Israel ???????? pic.twitter.com/7Hf8cAg7fC
— איתמר בן גביר (@itamarbengvir) May 20, 2026
Allégations d’abus sexuels
La Global Sumud Flotilla, organisatrice de cette mission humanitaire, a fait savoir que le groupe avait recensé au moins 15 cas d’abus sexuels – les plus graves ayant eu lieu sur une péniche de débarquement israélienne, qui avait été transformée en prison de fortune à l’aide de barbelés et de conteneurs maritimes.
Les détenus ont été jetés dans les conteneurs et frappés à la tête et aux côtes, a affirmé le groupe dans un communiqué.
Ils ont subi des abus sexuels multiples – avec notamment « des fouilles à nu humiliantes, des railleries à caractère sexuel, des attouchements et des tiraillements des parties génitales, ainsi que de nombreux cas de viol ».
« Au moins douze agressions sexuelles ont été documentées sur ce seul navire, avec notamment des viols anaux et des pénétrations forcées à l’aide d’une arme à feu », a-t-il ajouté.
Un communiqué qui a été rendu public après le démenti catégorique, de la part des services israéliens des prisons, des allégations portant sur de mauvais traitements, sur des viols et autres agressions sexuelles.
Reuters a demandé des commentaires s’agissant de ces accusations spécifiques au service des prisons israélien pour les besoins de cet article – mais aucune réponse n’avait été apportée vendredi en fin de journée, en raison de la fête de Shavouot.
Mi Hoa Lee, une militante espagnole, a raconté avoir été forcée à entrer dans le conteneur plongé dans l’obscurité à bord du navire, selon une interview filmée qui a accompagné le communiqué émis par la flottille.
« Quatre hommes ont commencé à me frapper au visage ; je suis tombée puis je me suis relevée ; je suis retombée par terre, je me suis relevée à nouveau, et ils ont commencé à m’électrocuter au Taser pendant plus d’une minute », a-t-elle déclaré, en montrant sa cage thoracique, ses hanches et son dos – là où, selon elle, ils avaient appliqué le Taser.
« Ensuite, ils ont continué à me frapper jusqu’à ce que je perde presque connaissance », a-t-elle ajouté.
Ilaria Mancosu, une militante italienne, a confié à Reuters que les membres de la flottille avaient été transférés de leurs bateaux vers deux navires-prisons.
Ceux qui ont été placés sur l’un des navires ont subi davantage de violences que les autres, a-t-elle précisé. Ils ont été enfermés dans un conteneur et ils ont été frappés par cinq soldats – des violences qui ont entraîné des fractures aux côtes et aux bras. Certains ont eu de graves blessures aux yeux et aux oreilles, des blessures causées par des Tasers.
Elle a dit qu’ils avaient passé deux jours sur les navires-prisons sans eau courante et qu’ils avaient utilisé du carton et du plastique pour se réchauffer la nuit, car ils n’avaient pas de couvertures et que la majorité de leurs vêtements leur avait été retirée.
Une fois à terre, ils ont été contraints de s’agenouiller pendant plusieurs heures et ils ont reçu des coups alors qu’ils tentaient de bouger ou de parler. Ils ont ensuite été emmenés dans une prison où ils ont été déplacés de cellule en cellule à intervalles réguliers pour les empêcher de dormir, a-t-elle déclaré.
Israël avait qualifié la flottille de « simple coup de pub au service du Hamas ». Elle était dirigée par l’organisation humanitaire turque IHH, qui figure sur la liste noire des groupes terroristes en Israël et qui avait également été à l’origine de la flottille du Mavi Marmara qui avait tenté de briser le blocus à Gaza, en 2010. À ce moment-là, dix militants turcs avaient été tués lors d’un violent affrontement avec des commandos navals israéliens. Ces derniers avaient été agressés à coups de matraques et de barres de fer lorsqu’ils avaient abordé le navire Mavi Marmara.
Enquête sur d’éventuels crimes
À Rome, les procureurs enquêtent sur d’éventuels crimes d’enlèvement, de torture et d’agression sexuelle. Ils entendront les témoignages des militants qui sont rentrés en Italie au cours des prochains jours, a indiqué la source judiciaire italienne.
Un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a confié que les agents consulaires qui avaient rencontré les militants allemands à leur arrivée à Istanbul avaient signalé que plusieurs d’entre eux présentaient des blessures, et qu’ils étaient soumis à des examens médicaux.
« Nous attendons naturellement des explications complètes, car certaines des allégations qui ont été formulées sont graves », a dit le porte-parole.
Sabrina Charik, qui a aidé à organiser le retour de 37 citoyens français de la flottille, a dit à Reuters que cinq ressortissants français avaient été hospitalisés en Turquie, certains souffrant de côtes cassées ou de vertèbres fracturées. Certains ont lancé des accusations détaillées portant sur des violences sexuelles, faisant notamment état de viols, a-t-elle ajouté.
Dans une publication qui a été postée par Instagram par un groupe militant, le ressortissant français Adrien Jouen montrait des ecchymoses sur le dos et les avant-bras. L’information a été vérifiée par Reuters.
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