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Des vétérans de la politique mèneront les négociations entre le Liban et Israël

Il s'agit du Libanais Simon Karam et de l'Israélien Yechiel Leiter ; les hostilités entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré une trêve

De gauche à droite : L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’ambassadrice libanaise aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, et l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, écoutant le président Donald Trump s’exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 23 avril 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)
De gauche à droite : L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’ambassadrice libanaise aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, et l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, écoutant le président Donald Trump s’exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 23 avril 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)

Le Libanais Simon Karam et l’Israélien Yechiel Leiter, deux vétérans de la politique, vont tenir des négociations à partir de jeudi à Washington, sur fond de poursuite des hostilités entre Israël et le Hezbollah malgré une trêve.

Alors que le Liban cherche à obtenir un respect du cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, Israël réclame le désarmement du groupe terroriste pro-iranien, opposé aux discussions entre les deux pays qui sont en état de guerre depuis des décennies.

Voici le portrait des deux négociateurs :

Simon Karam, discret avocat libanais

Simon Karam est un avocat de 76 ans qui parle couramment arabe, français et anglais, au tempérament calme et qui a toujours cultivé une certaine discrétion médiatique.

Lors de la précédente guerre entre le Hezbollah et Israël, ce diplomate chevronné avait été le représentant civil du Liban aux réunions en décembre 2025 du mécanisme international chargé de superviser la trêve d’alors.

Il avait alors agi en « négociateur ferme et rationnel, tenant en particulier au retour des habitants du sud » dans leurs localités dévastées par Israël, selon une source au fait des négociations.

Sur cette photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise, le président Joseph Aoun (à gauche) rencontre le diplomate libanais Simon Karam au palais présidentiel de Baabda le 8 mai 2026. (Crédit : LEBANESE PRESIDENCY / AFP)

Il « n’a jamais conclu d’accords sous la table, et n’a jamais aspiré à un poste élevé en dépit de ses relations, ce qui doit inspirer confiance aux Libanais », analyse l’analyste politique Ali al-Amine qui le connait bien.

Dans un pays où les appartenances communautaires priment souvent, il a toujours défendu la souveraineté de l’Etat, s’opposant aux groupes armés non-étatiques.

Originaire de Jezzine, ville du sud du Liban, il a été gouverneur de la Bekaa, dans l’est du pays, puis de Beyrouth, avant d’être nommé brièvement ambassadeur du Liban aux Etats-Unis en 1992.

Sa démission l’année suivante avait surpris, certains l’attribuant à des divergences avec les autorités libanaises de l’époque, soumises à l’influence du pouvoir de Damas, alors aux mains du clan Assad.

C’est d’ailleurs en 2001 que Simon Karam fonde, avec d’autres figures engagées pour un Liban souverain et pluriel, le groupe dit de « Kornet Chehwan », en référence au village qui en accueillait les réunions.

Ce groupe politique chrétien sera le noyau de l’opposition à la présence syrienne au Liban, qui a pris fin en 2005.

Marié et père de trois enfants, Simon Karam était proche de l’ancien patriarche maronite aujourd’hui décédé Nasrallah Sfeir, ardent opposant à l’hégémonie syrienne.

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, écoutant attentivement lors d’une rencontre avec le président américain Donald Trump et l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, à la Maison Blanche, à Washington, le 23 avril 2026. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Yechiel Leiter, l’ambassadeur proche de Netanyahu

Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis depuis janvier 2025, Yechiel Leiter, 67 ans, est un allié de longue date du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors qu’il n’est pas censé, en tant qu’ambassadeur, commenter la politique intérieure, ses débuts dans la diplomatie ont été marqués par une polémique.

En mai 2025, il avait en effet été convoqué par les Affaires étrangères après avoir qualifié de « malveillantes » les accusations de détracteurs du Premier ministre selon lesquels il prolongeait la guerre à Gaza dans le seul but de rester au pouvoir.

Né aux Etats-Unis, il a émigré en Israël à 18 ans, nouant ensuite des liens étroits avec les Républicains américains. Il est diplômé notamment en relations internationales et philosophie politique.

Selon des informations de médias israéliens, il a servi comme infirmier de combat dans l’armée en 1982, lorsque Israël a envahi le Liban.

Il s’est fait connaître dans les années 1990 comme une figure du Conseil de Yesha, qui représente la majorité des résidents juifs de Cisjordanie.

Membre du Likud (droite), il fut notamment chef de cabinet de Netanyahu quand il était ministre des Finances au début des années 2000.

Il a été touché personnellement par la guerre à Gaza : un mois après l’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas contre Israël, il a perdu un de ses huit enfants, tué au combat dans le territoire palestinien.

Il a critiqué l’ancienne administration américaine démocrate de Joe Biden face à cette guerre.

Avec sa nomination à Washington, il a renoncé à sa citoyenneté américaine. Lui ne fuit pas les médias et alimente régulièrement son compte X en se référant notamment à la Torah.

Après des discussions à Washington avec un homologue libanais en avril, il avait salué un « échange formidable », affirmant qu’Israël et le Liban étaient unis contre le Hezbollah, qu’il avait décrit comme une « puissance d’occupation » soutenue par l’Iran.

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