Gaza : Qui sont les vingt otages israéliens présumés vivants ?
Israël estime que 28 des 48 otages toujours détenus par le Hamas sont morts ; malnutrition, torture, sévices - si le temps presse, le plan Trump a redonné de l'espoir
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Leurs visages sont affichés à chaque coin de rue en Israël, sur des affiches désormais décolorées et déchirées par le soleil. Leurs histoires, racontées par des membres de leur famille en proie à l’angoisse, sont presque aussi connues que celles de célébrités. Ce sont des civils et des soldats, des pères et des fils, mais aussi une jeune femme.
Beaucoup d’entre eux assistaient au festival de musique Nova, où près de 400 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres enlevées.
Le dernier accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, conclu sous l’égide du président américain Donald Trump et dont la première phase a débuté vendredi, marque une étape clé vers la fin d’une guerre dévastatrice qui dure depuis deux ans et qui a été déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 enlevées.
Actuellement, 48 otages sont détenus à Gaza, dont le corps d’un soldat tué en 2014.
Israël a déterminé qu’au moins 25 des otages avaient été tués le 7 octobre 2023 ou étaient morts pendant leur captivité. Il ne reste qu’une otage, que les autorités israéliennes pensent avoir été tuée pendant sa captivité.
Les otages restants devraient être libérés dans les 72 heures suivant le début du cessez-le-feu, vendredi. En échange, Israël s’apprête à libérer environ 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 condamnés à perpétuité pour atteinte à la sécurité d’Israël.
Voici les portraits des vingt derniers otages israéliens présumés encore en vie :
Matan, sous-officier, a été capturé dans son char, à la lisière de la bande de Gaza, alors qu’il tentait d’empêcher l’infiltration de cellules de l’unité « Nukhba » (élite) du Hamas, près de la base militaire de Tsahal de Nahal Oz.
Les trois autres membres de l’équipage du char ont été tués et les corps de deux d’entre eux sont encore dans la bande de Gaza.
Une vidéo diffusée par sa famille en avril 2024 montre le moment où il est enlevé de son char et lynché.
Originaire de Kiryat Bialik, dans le nord d’Israël, Matan est supporter de l’équipe de football du Maccabi Haïfa.
Sa famille avait prévu de partir à Dubaï pour célébrer la fin prochaine de son service militaire.
Les jumeaux Gali et Ziv, aujourd’hui âgés de 28 ans, dans le quartier des jeunes du kibboutz Kfar Aza, incendié par le Hamas.
Inséparables, les deux frères travaillaient ensemble dans le domaine de la production musicale. Ils sont supporters du club de football Maccabi Tel Aviv et de Liverpool. Leurs parents et leur frère aîné ont survécu aux massacres.
Elkana était l’un des producteurs du festival Nova, avec ses amis d’enfance, Michael et Osher Vaknin, tués le 7 octobre avec près de 370 personnes dans cette rave-party. Une vidéo le montrant menotté et blessé au visage, emmené par ses ravisseurs, a été diffusée le jour de l’attaque du groupe terroriste palestinien.
Elkana est marié à une Israélienne d’origine colombienne. Père d’un garçon, il vivait à Mevasseret Tzion, près de Jérusalem. En novembre 2023, le président colombien Gustavo Petro lui a accordé la nationalité colombienne.
Mi-février 2025, son épouse, Rebecca Gonzalez, a indiqué avoir reçu une « preuve de vie » de la part d’Ohad Ben Ami, un ex-otage relâché le 8 février et qui avait été détenu avec son mari.
Selon ses parents, Elkana devait ouvrir un stand de glaces dans un marché de Tel Aviv mi-octobre 2023.
Elkana est apparu en mai dans une vidéo diffusée par le Hamas, en compagnie d’un autre otage, Yosef Haïm Ohana. On y voit Elkana silencieux, visiblement affaibli et allongé sous une couverture.
Originaire de Jérusalem et également citoyen allemand, Rom assurait la sécurité du festival Nova. Entre 10 h 30, heure de son dernier contact avec sa mère, et 13 h 30, heure à laquelle il a disparu, le vigile est resté sur place, venant en aide à de nombreux festivaliers, selon des rescapés. Il a été blessé aux deux mains lors de l’assaut.
En août 2025, le Jihad islamique palestinien , un groupe terroriste allié au Hamas, a publié une vidéo dans laquelle Rom s’exprime manifestement sous la contrainte. On y voit un homme très affaibli et amaigri.
Le 7 octobre, alors que Nimrod était stationné près du kibboutz de Nahal Oz avec son unité de blindés, il a été trahi par son char d’assaut, immobilisé par des freins défectueux.
Le soldat a été extirpé de son véhicule par les assaillants, en compagnie de trois autres membres de l’équipage, selon des vidéos publiées par le Hamas.
Selon des vidéos publiées par le Hamas, Nimrod a été extirpé de son véhicule par les terroristes, en compagnie de trois autres membres de l’équipage.
Nimrod est originaire de Rehovot, au sud de Tel Aviv.
Ses parents, Yehouda et Viki Cohen, sont présents à toutes les manifestations, brandissant des pancartes ou des photos pour réclamer la libération des otages en Israël et aux États-Unis.
Nimrod ne se séparait jamais de son Rubik’s Cube, et sa mère garde précieusement celui que l’armée lui a donné, retrouvé en partie brûlé dans le char de son fils.
David et Ariel Cunio, 35 et 28 ans
Les frères israélo-argentins David et Ariel, ainsi que leur famille élargie, ont été enlevés alors qu’ils se cachaient dans le mamad – abri antiatomique – du domicile de David, au kibboutz Nir Oz. Pour les en déloger, les terroristes ont mis le feu à la maison.
C’est la famille qui a compté le plus d’otages (huit). Sharon Aloni Cunio, 34 ans, l’épouse de David, et leurs deux jumelles de trois ans, ainsi que Danielle Aloni, 44 ans, la sœur de Sharon, et sa fille de cinq ans, avaient été relâchées pendant la trêve de novembre 2023. La fiancée d’Ariel , Arbel Yehud, 28 ans, a été libérée le 30 janvier.
En février, le réalisateur israélien Tom Shoval a présenté à la Berlinale le documentaire « A Letter to David » (« Une lettre à David »), qui rend hommage à David.
En 2013, David et son frère jumeau Eitan avaient présenté au festival de Berlin le film « Youth », dans lequel ils jouaient les rôles principaux sous la direction de Shoval.
Eitan a échappé au Hamas en se cachant dans son mamad à Nir Oz. Les deux frères ont le même tatouage : trois petites étoiles vert sombre à l’intérieur du poignet.
À l’ouverture de la Berlinale, la directrice, Tricia Tuttle, ainsi qu’une rangée d’acteurs et de réalisateurs, ont brandi la photo de David sur le tapis rouge.
« A Letter to David » a reçu l’Ophir (l’équivalent de l’Oscar israélien) du meilleur film documentaire en septembre.
C’est en recevant une photo sur le réseau social Telegram que les parents d’Evyatar ont découvert que leur fils était otage à Gaza. On y voit le jeune homme, le visage éclairé par une lampe de poche.
Le 7 octobre, il participait avec son ami d’enfance Guy Gilboa Dalal au festival Nova. Ce dernier a également été enlevé et est présumé toujours en vie dans la bande de Gaza.
Sa famille est originaire de Kfar Saba, dans le centre d’Israël. Passionné de musique, il travaillait dans un café pour rassembler assez d’argent afin de financer un voyage prévu en Thaïlande.
En août 2025, le Hamas a diffusé une vidéo montrant Evyatar, gravement sous-alimenté et visiblement affaibli.
Guy participait avec trois amis à sa première rave-party au festival Nova lorsqu’il a été enlevé. Sa famille a rapidement appris son enlèvement en visionnant une vidéo le montrant, lui et son meilleur ami Evyatar, ligotés dans un tunnel à Gaza.
Selon le témoignage d’un otage libéré en juin lors d’une opération de l’armée israélienne, leurs geôliers leur ont fait subir des sévices.
Guy et Evyatar ont été vus en février sur une vidéo du Hamas regardant l’une des cérémonies de libération des otages à Gaza, avant d’être enfermés dans une voiture et de supplier pour être libérés.
Guy apparaît dans une vidéo du Hamas le 5 septembre. On le voit avec un autre otage, Alon Ohel, dans un tunnel.
Amoureux du Japon, Guy a appris la langue pour pouvoir voyager dans ce pays. Il travaillait dans l’informatique.
Maxim, d’origine israélo-russe, vit à Tirat Carmel, dans le nord d’Israël, et est père d’une petite fille de cinq ans qui vit avec sa mère en Russie. Il avait immigré en Israël avec sa mère, originaire d’Ukraine.
Avant d’être enlevé au festival Nova, il a écrit à sa mère : « Tout va bien, je rentre. »
Au printemps 2025, les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, a diffusé une vidéo dans laquelle on voit Maxim allongé, la tête et le bras gauche couverts de bandages tachés de brun.
Eitan, qui vit dans la ville de Kfar Saba (centre), a été enlevé au domicile de son frère aîné, Iaïr Horn, au kibboutz Nir Oz. Son frère, diabétique, également enlevé le 7 octobre, a été relâché en février 2025. Avant la libération de l’aîné, les deux frères étaient retenus ensemble en captivité.
La famille Horn avait émigré d’Argentine des années auparavant.
Éducateur, Eitan a longtemps travaillé avec différents mouvements de jeunesse pour lesquels il a effectué une mission au Pérou.
Segev, qui vit à Dimona, dans le sud du pays, travaillait avec son père dans la boulangerie familiale à Arad, dans le désert du Néguev.
Son ami d’enfance, qui se trouvait avec lui au festival Nova, a raconté comment il avait été capturé alors qu’il se cachait dans un buisson au bord de la Route 232, qui relie les kibboutzim situés dans « l’enveloppe de Gaza » – la région appelée en hébreu Otef Azza.
L’un des otages relâchés en février a raconté avoir été en captivité avec lui, selon sa famille.
Avant d’être enlevé au festival Nova, Bar était resté sur place pour porter secours aux festivaliers touchés par balles. Infirmier dans l’armée, il n’était pas en service ce jour-là, mais faisait partie du personnel du festival.
Des vidéos le montrant ligoté ont été diffusées peu après son enlèvement.
Bar est originaire de Holon, près de Tel Aviv.
Son père, Tal Kupershtein, secouriste bénévole, est handicapé des suites d’un accident et ne peut ni parler ni bouger. Bar a joué le rôle de père de famille depuis l’âge de 17 ans.
Depuis quelques mois, Tal parvient à s’exprimer difficilement et a confié à l’AFP qu’il voulait faire la surprise à son fils à son retour.
Devenu secouriste comme son père, le jeune homme avait sauvé la vie de son grand-père, Michael Kupershtein, victime d’un accident cardiaque chez eux, deux mois avant le 7 octobre 2023.
Masseur-thérapeute de nationalité hongroise, Omri a été enlevé au kibboutz Nahal Oz, où il vivait avec son épouse, Lichay Miran-Lavi, et leurs deux filles, qui ont été relâchées.
Son père, Dani Miran, se laisse pousser la barbe dans l’attente du retour de son fils, après l’avoir vu barbu dans une vidéo publiée par le Hamas en avril 2024. Il estime que si son fils ne peut pas se raser, il ne se rasera pas non plus.
S’exprimant vraisemblablement sous la contrainte, Omri décrivait dans cette vidéo « une situation difficile » en raison de « nombreux bombardements » israéliens sur la bande de Gaza. Il disait espérer pouvoir retrouver sa famille pour la fête de l’Indépendance d’Israël, le 14 mai.
Il est réapparu dans une autre vidéo diffusée par le Hamas le 23 avril 2025.
Aîné de huit enfants, Eitan est issu d’une famille pratiquante de l’implantation de Kyriat Arba, en Cisjordanie. Il était présent à Nova en tant que vigile, accompagné d’amis.
Son père, Tzvika Mor, est le fondateur du groupe de droite Tikva Forum, un collectif de parents d’otages opposés à tout accord avec le Hamas et exigeant des autorités israéliennes qu’elles exercent davantage de pression militaire pour que le groupe terroriste palestinien capitule et libère les otages.
Eitan travaillait dans un café à Jérusalem et rêvait d’ouvrir son propre restaurant. Il restait en contact avec ses parents, même s’il s’était éloigné de la religion.
Originaire de Kyriat Malakhi (sud), Yosef voulait faire des études de coaching. Il a été enlevé au festival Nova, où il travaillait comme barman. Il a été vu en train d’aider des blessés avant de s’enfuir avec un ami.
De parents divorcés, Yosef a perdu pendant son enfance son frère Acher-Yitzhak emporté par un cancer à l’âge de 7 ans.
L’otage est apparu en mai dans une vidéo diffusée par le Hamas, en compagnie d’Elkana.
Pianiste de talent, Alon devait commencer des études de musique à la prestigieuse école Rimon de Ramat HaSharon, dans le centre du pays. Il était revenu d’une excursion en Asie quelques semaines avant d’être enlevé au festival Nova.
Il a été capturé dans un miklat – abri anti-atomique – situé sur la Route 232, qui relie les kibboutzim d’Otef Azza, avec trois autres jeunes hommes.
Il vit à Lavon, un village du nord d’Israël, et a aussi les nationalités serbe et allemande.
En février 2025, la famille d’Alon a déclaré avoir reçu une première preuve de vie grâce aux témoignages d’autres captifs récemment libérés. « Il est évident qu’Alon perd la vue de son œil droit, et il apparaît amaigri et en détresse », ont déclaré ses parents après la diffusion par le Hamas d’une vidéo de leur fils en septembre.
Fils d’une famille pratiquante de l’implantation de Shilo, en Cisjordanie, Avinatan est le deuxième d’une fratrie de sept enfants. En couple avec Noa Argamani, enlevée en même temps que lui au festival Nova, puis secourue lors d’une opération militaire israélienne audacieuse en juin 2024, il devait s’installer avec elle à Beer Sheva, dans le sud du pays, où il avait fait des études d’ingénieur.
Il possède également la nationalité britannique.
Matan a été enlevé à son domicile du kibboutz Nir Oz.
Sa compagne, Ilana Gritzewsky, une Israélienne d’origine mexicaine enlevée en même temps que lui, a été relâchée le 30 novembre 2023, au dernier jour de la première trêve.
Avec la mère de son compagnon, Einav Zangauker, elle est devenue l’une des figures de proue de la lutte pour la libération des otages. En septembre 2023, Zangauker a menacé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de le poursuivre en justice pour « meurtre » si son fils n’était pas libéré vivant.
Matan, dont les parents sont divorcés, est passionné de numismatique et d’aéromodélisme. Il travaillait dans une ferme de cannabis médical à Nir Oz.
20 otages vivants et 28 morts
L’accord de cessez-le-feu et de libération des otages prévoit le retour de vingt otages vivants et la restitution des corps de vingt-huit autres.
L’inclusion de 28 otages décédés signifie que deux d’entre eux, pour lesquels Israël avait précédemment exprimé sa « profonde inquiétude », sont morts.
En mai, Israël avait exprimé ses craintes pour la vie de trois otages : le soldat israélien Tamir Nimrodi, le Népalais Bipin Joshi et le Thaïlandais Pinta Nattapong. Le corps de ce dernier a été retrouvé à Gaza en juin.
Bipin est arrivé en Israël depuis son Népal natal un mois avant l’assaut. Il était venu en Israël dans le cadre d’un programme d’échange étudiant pour travailler et étudier l’agriculture au kibboutz d’Alumim, situé à la frontière avec Gaza.
Dix des dix-sept étudiants népalais participant à ce programme ont été assassinés le 7 octobre.
Bipin, qui a réussi à lancer plusieurs grenades hors de l’abri antiatomique où ils se cachaient, a été blessé et enlevé.
Au début de la semaine, la famille Joshi a diffusé une vidéo de Bipin qui a été filmée peu après son enlèvement lors du pogrom.
La sœur de Bipin, Pushpa Joshi, 17 ans, fait régulièrement huit heures de bus aller-retour entre son domicile dans l’ouest du Népal et Katmandou pour faire pression sur les autorités afin de garantir la libération de son frère. En août, sa famille s’est rendue en Israël pour rencontrer le président Isaac Herzog et se joindre aux familles qui manifestaient sur la Place des Otages, à Tel Aviv.
Tamir a été enlevé à Erez, un point de passage situé à la frontière nord de Gaza qui était la principale voie d’entrée et de sortie du territoire.
Il servait au sein de l’organe du ministère de la Défense israélien chargé de superviser l’aide humanitaire à Gaza, le COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens).
Tamir a été kidnappé avec deux autres soldats par des terroristes qui les ont conduits jusqu’à la porte de Gaza et les ont forcés à la franchir. Israël a confirmé la mort des deux soldats qui avaient été enlevés avec Tamir.
On est sans nouvelles de Tamir depuis deux ans, depuis qu’il a été filmé en train d’entrer dans la bande de Gaza, vêtu d’un short et d’un tee-shirt, sans ses lunettes. Sa mère, Herut Nimrodi, a déclaré ne pas savoir ce qui était le pire : penser qu’il a été tué en captivité ou qu’il est toujours en vie, mais détenu dans des conditions épouvantables.
« J’ai peur rien que d’y penser. »
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







