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Huckabee conseille aux citoyens US en Israël d’évacuer via l’Égypte

L'ambassadeur, qui ne recommande pas de voyager par la Jordanie, a souligné le "nombre limité d'options" l'espace aérien israélien étant fermé

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, lors d'une interview, à Jérusalem, le 20 août 2025. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)
L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, lors d'une interview, à Jérusalem, le 20 août 2025. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)

L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a conseillé mardi aux citoyens américains en Israël qui souhaitent quitter le pays de le faire via l’Égypte, quelques heures après que les États-Unis ont exhorté tous leurs citoyens au Moyen-Orient à évacuer immédiatement la région en raison des combats avec l’Iran.

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, Huckabee a expliqué que le ministère du Tourisme mettait à disposition des services de bus depuis Herzliya, Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem à destination de Taba, juste de l’autre côté de la frontière égyptienne. Il a indiqué que des vols « limités » pourraient être disponibles depuis l’aéroport international de Taba, ou que l’on pourrait emprunter un transport terrestre jusqu’au Caire, « où l’aéroport fonctionne normalement et efficacement », à l’exception des vols à destination du Moyen-Orient.

« Les options sont assez limitées », a-t-il reconnu.

« L’aéroport est fermé, bien sûr, et nous ne savons pas quand il rouvrira ni combien de vols [seront disponibles]. »

L’ambassade ne recommande pas de voyager via la Jordanie, « en raison de certaines difficultés rencontrées dans ce pays, de l’ouverture sporadique de l’aéroport et des horaires limités du passage frontalier d’Allenby pour entrer en Jordanie », a ajouté Huckabee.

Il a réitéré la directive américaine demandant à tous les citoyens de s’inscrire au programme d’inscription des voyageurs intelligents (STEP) du département d’État, via le site step.state.gov, afin de recevoir les dernières informations.

Selon les estimations, il y aurait au moins 200 000 citoyens américains en Israël.

« Nous espérons que tout cela sera bientôt terminé », a ajouté Huckabee.

« Mais nous sommes très reconnaissants envers ce pays extraordinaire et ce grand président qui a décidé, après 47 ans d’actions hostiles de l’Iran envers les États-Unis, que nous nous unissions non seulement avec Israël, mais aussi, semble-t-il, avec le reste du Moyen-Orient pour dire : ‘ça suffit’. »

Les États-Unis n’ont pas organisé leurs propres vols d’évacuation et les vols commerciaux ont été perturbés dans toute la région. Israël, le Qatar, la Syrie, l’Iran, l’Irak, le Koweït et Bahreïn ont en effet fermé leur espace aérien. Israël ne devrait pas rouvrir son espace aérien avant la semaine prochaine et son principal hub international, l’aéroport Ben Gurion, est fermé.

Les élus démocrates du Congrès américain ont critiqué le département d’État pour avoir demandé aux ressortissants des États-Unis se trouvant au Moyen-Orient d’évacuer la région trois jours après le début des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, dans un contexte de fortes perturbations du trafic aérien, estimant que ce comportement témoignait d’un manque évident, selon eux, de planification.

Lundi, le département d’État a exhorté les citoyens américains présents dans 16 pays du Moyen-Orient à quitter immédiatement la région par les « moyens de transport commerciaux disponibles », sans leur proposer de recours garantis par le gouvernement fédéral. Dans un communiqué, l’ambassade des États-Unis à Jérusalem a fait savoir qu’elle n’était pas en mesure d’aider les Américains qui tentaient de quitter le pays.

« L’avertissement lancé aux citoyens pour qu’ils évacuent la région trois jours après le début de la guerre, alors que l’espace aérien est fermé, est un signal clair de l’absence totale de stratégie et de planification de la part de l’administration Trump », a écrit le sénateur démocrate Andy Kim dans un message publié sur X.

« Aujourd’hui, les Américains ne disposent que de peu d’options pour évacuer alors que la situation est extrêmement dangereuse et qu’ils ne bénéficient d’aucune aide gouvernementale. Cette administration manque à ses obligations envers ses citoyens », a ajouté Kim.

Les principaux aéroports du Golfe, notamment celui de Dubaï, le plus fréquenté au monde, qui accueille normalement plus de 1 000 vols par jour, sont fermés depuis quatre jours, laissant des dizaines de milliers de passagers dans l’impasse. Le prix des billets a considérablement augmenté.

Le département d’État n’a pas immédiatement répondu aux questions concernant la manière dont les Américains devraient quitter les lieux où ils se trouvent en l’absence de vols commerciaux disponibles, ni indiqué si Washington prévoyait d’organiser des vols d’évacuation.

Lundi, un responsable américain a précisé que le département avait mis en place un groupe de travail interagences pour gérer la situation, et lancé une chaîne WhatsApp dédiée, suivie par 15 000 abonnés. Il n’a fait aucune mention d’une aide gouvernementale quelconque pour l’évacuation des citoyens.

Le sénateur Chris Murphy, Démocrate du Connecticut, interroge le secrétaire d’État Marco Rubio alors qu’il témoigne devant une commission sénatoriale des relations étrangères chargée d’examiner la demande budgétaire du président pour l’exercice 2026 pour le département d’État, au Capitole à Washington, le 20 mai 2025. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

« Ainsi, le département d’État oblige tout le monde à quitter immédiatement la région, mais refuse en même temps de venir en aide aux personnes qui souhaitent quitter la région », a déploré le sénateur démocrate Chris Murphy dans un message publié sur le réseau social X. « L’incompétence règne partout », a-t-il ajouté.

Le député démocrate californien Ted Lieu a quant à lui exhorté l’administration à organiser des vols d’évacuation pris en charge par le gouvernement américain à destination des ressortissants américains bloqués dans la région.

Par ailleurs, un représentant du département d’État américain a déclaré au Times of Israel que ses services étaient actuellement en contact direct avec près de 500 citoyens américains, à qui ils apportaient leur aide pour qu’ils puissent quitter Israël.

« Depuis le début du conflit, des centaines de citoyens américains ont quitté Israël. Ces derniers jours, le département d’État a aidé plus de 130 citoyens américains à sortir d’Israël, et une centaine d’autres devraient partir aujourd’hui », a indiqué ce représentant dans un communiqué.

Les citoyens américains nécessitant une assistance doivent appeler le +1-202-501-4444 et s’inscrire au programme Smart Traveler Enrollment du département d’État afin de recevoir des informations actualisées, a précisé le département.

En outre, le secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires publiques mondiales, Dylan Johnson, a pour sa part annoncé que les États-Unis « s’efforçaient activement de mettre à disposition des avions militaires et des vols charters pour les citoyens américains qui souhaitent quitter le Moyen-Orient ».

« Nous sommes en contact direct avec près de 3 000 Américains se trouvant à l’étranger », a-t-il fait savoir.

Mardi, les Etats-Unis ont déclaré avoir aidé 9 000 de leurs ressortissants à quitter le Moyen-Orient en raison de l’insécurité créée par la guerre contre l’Iran, ainsi que le risque de représailles.

« Au cours des derniers jours, plus de 9 000 citoyens américains sont rentrés sains et saufs du Moyen-Orient, dont plus de 300 d’Israël », a indiqué le département d’Etat dans un communiqué.

Des vols charters ont été affrétés depuis les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et la Jordanie, a-t-on ajouté de même source.

Des options de transport aérien commercial restent disponibles en Arabie saoudite, aux Emirats, à Oman et en Egypte, a précisé le département d’Etat.

Dans le cas contraire, les Etats-Unis « facilitent les voyages vers des pays tiers lorsque les conditions le permettent », y compris en Israël.

Les Etats-Unis ont fermé plusieurs de leurs ambassades dans la région et avaient déjà rappelé le personnel non essentiel et leurs proches après les tirs de missiles ou drones iraniens.

Des gouvernements et compagnies aériennes organisent des vols pour rapatrier des voyageurs bloqués par la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué l’annulation de 19 000 liaisons en quatre jours, et où des avions commerciaux ont recommencé à voler en faible nombre mardi.

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