La négociation de peine conclue avec l’individu responsable du décès d’un manifestant pro-Israël suscite l’indignation à LA
Loay Alnaji ne passera pas plus d'un an en prison après avoir plaidé coupable de tous les chefs d'accusation, dont celui d'homicide involontaire
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JTA — Le directeur local de l’Anti-Defamation League (ADL) a été l’un des nombreux responsables juifs à dénoncer l’accord de plaidoyer qui a été conclu mardi dans le cadre du procès d’un homme accusé d’avoir causé la mort, en 2023, d’un manifestant juif pro-israélien, Paul Kessler, dans une banlieue de Los Angeles.
Aux termes de cet accord, le prévenu, Loay Abdelfattah Alnaji, risque au maximum un an de prison dans un établissement pénitentiaire du comté.
Alnaji, 53 ans, originaire de Moorpark, en Californie, a admis avoir frappé Kessler, qui était alors âgé de 69 ans, à la tête en lui assénant un coup de mégaphone, lors d’affrontements qui étaient survenus entre manifestants pro-palestiniens et pro-israéliens dans une banlieue de Los Angeles au mois de novembre 2023.
Kessler avait par la suite succombé à ses blessures. Sa mort avait été la première, aux États-Unis, à être liée aux manifestations qui avaient suivi le pogrom perpétré par le Hamas, le 7 octobre 2023, et la guerre qui avait suivi à Gaza.
Mardi, Alnaji, qui avait initialement plaidé non coupable, a reconnu sa culpabilité pour toutes les accusations liées au décès de Kessler, notamment les charges d’homicide involontaire et de coups et blessures graves.
Si la peine maximale encourue pour ces chefs d’accusation est de quatre ans dans une prison d’État, le tribunal a indiqué qu’en raison de ce plaidoyer de culpabilité, Alnaji serait probablement placé en liberté surveillée et qu’il ne purgerait pas plus de 365 jours dans une prison du comté. Les peines d’emprisonnement dans les établissements pénitentiaires du comté sont généralement considérées comme moins sévères que celles infligées dans les prisons d’État ; elles sont purgées localement, souvent assorties de possibilités de sortie pour travail, de placement sous surveillance électronique ou de libération anticipée.
L’audience de détermination de la peine d’Alnaji est fixée au 25 juin. L’homme est resté en liberté après le versement d’une caution de 50 000 dollars, a indiqué le bureau du procureur du comté de Ventura.
Tant les procureurs de l’État que les défenseurs de la communauté juive ont dénoncé cet accord, jugeant la peine trop clémente.
« Alnaji devrait être condamné à une peine de prison pour son geste violent. Notre bureau est fermement opposé à toute peine plus légère », a déclaré Erik Nasarenko, procureur du comté de Ventura, dans un communiqué. « Aucune sanction ne pourra jamais pleinement compenser la perte subie par la famille Kessler, mais une condamnation à une peine de prison permettrait de souligner la gravité de ce crime, et dissuaderait d’autres personnes de s’engager dans des actes de violence similaires. »
Selon Joshua Burt, directeur régional de l’Anti-Defamation League des comtés de Santa Barbara et des trois états, cet accord débouche, en fin de compte, sur une peine trop légère pour avoir un effet dissuasif.
« La peine prévue par cet accord de plaidoyer est totalement inappropriée. Elle encourage d’autres personnes à se laisser aller à la colère contre la communauté juive », a écrit Burt dans un message publié sur Instagram. « Sans conséquences tangibles et durables, les hommes animés par de mauvaises intentions ou par la colère ne renonceront pas à s’en prendre à une communauté déjà vulnérable, qu’il s’agisse de personnes âgées ou de Juifs. »
Évoquant la récente vague d’attaques violentes qui ont visé des communautés et des individus juifs – avec notamment la fusillade meurtrière qui a coûté la vie à deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington, DC, l’année dernière, ou encore l’attentat à la bombe incendiaire qui a fait des victimes lors d’une marche de soutien aux otages israéliens à Boulder, dans le Colorado, dont l’auteur a été condamné jeudi à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle – Burt a mis en garde contre le fait que cet accord de plaidoyer « ne fera que renforcer l’isolement et la stigmatisation des communautés juives, aux États-Unis et au-delà ».
Le rabbin Noah Farkas, président-directeur général de la Jewish Federation of Los Angeles, a confié à la JTA que la mort de Kessler revêtait une importance particulière, puisqu’il a été « non seulement le premier Juif à avoir perdu la vie [aux États-Unis] lors d’une manifestation sur le conflit opposant Israël et le Hamas post-7-Octobre, mais aussi parce qu’il a trouvé la mort alors qu’il manifestait pacifiquement en soutien à son peuple ».
Farkas a ajouté qu’il aurait lui aussi souhaité qu’Alnaji soit condamné plus sévèrement, mais que le fait que l’affaire ait abouti à un accord présentait un avantage.
« Nous pleurons sa perte et nous approuvons le fait qu’il ait reconnu sa culpabilité pour ce crime odieux », a expliqué Farkas à propos de Kessler. « Certes, nous aurions souhaité une peine plus sévère, qui reflète davantage la douleur de la famille Kessler, mais nous respectons la décision de la justice. Nous espérons qu’aujourd’hui, cette nouvelle aidera ses proches à tourner la page, et qu’elle permettra à notre communauté de manifester en toute sécurité. »
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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