Israël annonce des mesures pour étendre son contrôle sur la Cisjordanie
Le Hamas appelle à l'escalade et exige des États musulmans qu'ils rompent leurs relations avec Israël ; Mahmoud Abbas et Hussein al-Cheikh appellent la communauté internationale à intervenir
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Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et celui de la Défense, Israel Katz, ont annoncé dimanche soir que le cabinet de sécurité avait approuvé des mesures destinées à « changer radicalement » la politique en Cisjordanie. Ces mesures visent à renforcer le contrôle israélien sur ce territoire, y compris sur des sites sensibles comme Hébron, et à faciliter l’expansion de la presence juive.
Ces mesures « visent à lever des barrières vieilles de plusieurs décennies, à abroger la législation jordanienne discriminatoire et à permettre un développement accéléré des implantations sur le terrain », peut-on lire dans la déclaration conjointe des deux ministres.
Il s’agit notamment de transférer la délivrance des permis de construire pour les implantations juives dans la ville de Hébron, majoritairement palestinienne, de l’Autorité palestinienne (AP) à Israël. Cette mesure aura un impact sur le Tombeau des Patriarches, un lieu sacré pour le judaïsme et l’islam, théâtre de conflits récurrents.
Jusqu’à présent, conformément à l’accord de 1997, toute modification du bâti au sein de la communauté juive de la ville devait être approuvée par la municipalité et les autorités israéliennes. Désormais, ces modifications ne requièrent plus que l’autorisation israélienne.
« Nous nous engageons à lever les barrières, créer les conditions d’une certitude juridique et civile, et à permettre aux résidents d’implantations de vivre, de construire et de se développer sur un pied d’égalité avec les autres citoyens d’Israël », a déclaré Katz dans le communiqué.
Smotrich a pour sa part affirmé que cette mesure « normalisait la vie en Cisjordanie » et « enterrait l’idée d’un État palestinien ».
Le projet approuvé prévoit également la publication des registres fonciers de Cisjordanie, ce qui permettra aux acheteurs potentiels d’identifier les propriétaires fonciers et de les contacter pour leur proposer d’acheter leurs parcelles. Jusqu’à présent, l’enregistrement foncier en Cisjordanie était classifié.
Ce nouveau projet abroge également une disposition du droit empêchant les non-musulmans d’acheter des biens immobiliers dans la région, une loi héritée de la période où la Jordanie contrôlait le territoire, ce qui facilitera l’achat de biens immobiliers en Cisjordanie.
Ce train de décisions concerne également le Tombeau de Rachel, à Bethléem, puisqu’il établit « une autorité municipale dédiée » responsable du nettoyage et de l’entretien régulier de ce site sacré.
Le communiqué indique également que les activités de surveillance et d’application de la loi seront étendues aux zones A et B, toutes deux sous contrôle sécuritaire israélien, pour toutes les questions relatives à la gestion de l’eau, aux dommages causés aux sites archéologiques et aux dangers environnementaux liés à la pollution.
Ces mesures n’ont pas été soumises à l’approbation du Conseil des ministres dans son ensemble, mais à celle de son comité restreint, dont les membres ont appelé de manière unanime à l’application de la souveraineté israélienne en Cisjordanie.
Le Conseil de Yesha, qui représente les implantations, se réjouit de ces décisions, estimant qu’elles « affermissent de facto la souveraineté israélienne sur le terrain ».
Le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné la série de changements politiques adoptés par le cabinet de sécurité israélien.
Le bureau d’Abbas a qualifié ces décisions de dangereuses et a déclaré qu’il les considérait comme faisant partie d’une guerre menée par le gouvernement israélien contre les Palestiniens, dans un communiqué publié par l’agence de presse de l’AP, WAFA.
Le communiqué indique qu’Abbas considère ces décisions comme « nulles et non avenues, ne conférant aucune légitimité et n’ayant aucune conséquence juridique ».
L’AP a également appelé les États-Unis et le Conseil de sécurité des Nations unies à intervenir et à mettre fin à ces actions, selon WAFA.
Selon WAFA, le bureau d’Abbas « a mis en garde contre les dangers de toute atteinte aux lieux saints islamiques et chrétiens, soulignant que toute violation de la mosquée d’Ibrahim et le transfert de l’autorité sur celle-ci sont inacceptables », utilisant un terme musulman pour désigner le site de Hébron.
Ce site est traditionnellement considéré comme le lieu de sépulture des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que des matriarches Sarah, Rebecca et Léa.
Le vice-président de l’AP, Hussein al-Cheikh, a appelé les États-Unis et la communauté internationale à intervenir.
Les nouvelles politiques modifient les réglementations dans les zones sensibles et, selon leurs partisans et leurs détracteurs, favorisent l’annexion de facto du territoire.
« Ce qui circule actuellement au sujet des décisions imminentes d’Israël visant à renforcer l’annexion et à imposer de nouvelles réalités en Cisjordanie, y compris dans la Zone A, constitue une annulation de tous les accords signés et contraignants entre les parties et représente une escalade dangereuse et une violation flagrante du droit international », a écrit al-Cheikh sur le réseau social X.
Conformément aux Accords d’Oslo de 1993, la Zone A de Cisjordanie est censée être sous le contrôle civil et de sécurité de l’AP.
« Ces mesures unilatérales visent à compromettre tout horizon politique, à démanteler la solution à deux États et à plonger la région dans davantage de tensions et d’instabilité », a-t-il poursuivi.
« Nous appelons l’administration américaine et la communauté internationale à intervenir immédiatement pour mettre fin à cette agression motivée par l’occupation [la présence israélienne]. »
Le groupe terroriste palestinien du Hamas a exhorté les Palestiniens à « intensifier la confrontation » en Cisjordanie et à Jérusalem, et a appelé les nations arabes et musulmanes à rompre leurs relations avec Israël, en réponse à la décision du cabinet de sécurité d’accroître l’autorité israélienne en Cisjordanie et de supprimer les obstacles à l’achat de terres par des Juifs dans cette région.
Dans un communiqué, le Hamas a qualifié les mesures adoptées aujourd’hui de « politique coloniale fasciste » d’Israël.
« Nous exigeons des États arabes et islamiques […] qu’ils assument leur responsabilité historique dans la confrontation avec l’occupant [Israël] et ses plans visant à imposer l’annexion de la Cisjordanie comme un fait accompli », a déclaré le groupe terroriste.
Il a également appelé ces pays à « renforcer une position arabe et islamique unifiée » et à « prendre des mesures pratiques et sérieuses, notamment en rompant leurs relations avec l’entité sioniste et en expulsant ses ambassadeurs des capitales qui ont établi des relations avec elle ».
En outre, le Hamas a appelé « les Palestiniens et leur jeunesse rebelle dans toute la Cisjordanie et à Jérusalem à intensifier la confrontation avec l’occupation et ses colons par tous les moyens disponibles, afin de contrecarrer les projets d’annexion, de judaïsation et de déplacement forcé ».
Le Hamas utilise régulièrement le terme « colons » pour désigner les Juifs en Israël et en Cisjordanie.
la Communauté du Times of Israël !







