Le festival d’art Manofim donne un coup de pouce à la scène créative de Jérusalem
Pour sa 18ᵉ édition, le festival d’art contemporain invite le public à découvrir galeries, ateliers et lieux de spectacle aux quatre coins de Jérusalem
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Lors de la soirée d’ouverture du festival d’art contemporain Manofim mardi, quatre artistes se tenaient à l’ombre de la sculpture d’Alexander Calder surplombant la forêt de Jérusalem.
La performance, intitulée Vacuum Service, a été présentée par un collectif qui investit, au moyen de la chorégraphie, des espaces artistiques nécessitant une attention particulière ou qui sont tombés dans l’oubli.
Les quatre artistes ont ainsi balayé la place jonchée de détritus qui entoure la sculpture monumentale en acier rouge, qui pèse près de 65 tonnes et qui a été érigée en 1977 sur le mont Herzl afin de contraster avec le paysage vallonné qui s’étend de l’autre côté de la vallée.
Aujourd’hui, l’œuvre est encerclée par un carrefour très fréquenté, parallèle à la ligne rouge du tramway, et recouverte de graffitis. La performance entend justement attirer l’attention sur cette sculpture.
Cette intervention a marqué le coup d’envoi de la 18e édition du festival Manofim, qui se déroule du 14 au 19 juillet et qui présente les projets des créateurs de Jérusalem à travers des expositions, des performances, des concerts et des spectacles.
Les artistes Lee Hai Shulov et Rinat Edelstein ont créé Manofim il y a dix-huit ans, en collaboration avec des dizaines de galeries, d’institutions culturelles et des centaines d’artistes issus de toutes les disciplines.
Le mot hébreu manofim désigne les grues de chantier qui ponctuent l’horizon de Jérusalem. Elles symbolisent la volonté des fondateurs du festival de hisser la scène artistique de la ville et d’offrir un regard différent sur Jérusalem.
L’un des principaux pôles du festival est l’Art Cube Artists’ Studios, à Talpiot, où Manofim est né. Les visiteurs peuvent y découvrir les ateliers ouverts d’artistes au travail. Ils peuvent aussi y visiter plusieurs expositions et assister aux événements organisés sur le toit.
Parmi les expositions présentées à l’Art Cube figure Four Cubits, de Yael Serlin, qui rend hommage à son fils, récemment tué pendant son service militaire, au moyen d’installations mêlant objets du quotidien, objets judaïques, animation et vidéo.
Au Shaham Culture Lab, dans Independence Park, Gel Culture Research explore le nail art comme phénomène lié à l’identité, au genre, au pouvoir et à la culture israélienne contemporaine.
L’un des temps forts du festival est également Rear Cow, documentaire vidéo mis en scène de Guy Dolev consacré au combat de la communauté arménienne pour préserver le Cow Garden, un site historique de la Vieille Ville, après que le Patriarcat arménien a loué le terrain à un promoteur privé afin d’y construire un hôtel de luxe dans le cadre d’un accord controversé.
À quelques pas de l’Art Cube se trouve également le collectif interdisciplinaire Zik, installé dans l’ancien centre commercial Rav Chen, où est présentée Zik Galaxy, une rétrospective célébrant les quarante ans de la compagnie.
Des concerts auront lieu sur le toit de l’Art Cube le jeudi 16 juillet et e samedi 18 juillet au soir.
Le musicien indépendant Gedy Ronen se produira avec le groupe alternatif Devek le jeudi soir, tandis que le Jimmy Prasad Orchestra, composé de Jimmy Prasad, du trompettiste Avishai Cohen et de Rejoicer, proposera une expérience sonore immersive le samedi soir.
Le programme complet, qui comprend également des visites guidées d’expositions ainsi que des conférences vendredi et samedi, est disponible sur le site web de Manofim.
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