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Les États-Unis écartent Israël du processus décisionnel au siège du cessez-le-feu à Gaza – Responsable

L'unité de liaison israélienne aurait été reléguée au rôle de sous-traitant dans l'aide à Gaza ; les États-Unis incluent l'intégralité du plan de paix en 20 points de Trump dans la résolution de l'ONU établissant une force internationale à Gaza

Le vice-président américain, JD Vance, s'adressant aux médias, accompagné de Steve Witkoff, envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, et de Jared Kushner, au Centre de coordination civilo-militaire de Kiryat Gat, en Israël, le 21 octobre 2025. (Crédit : Francisco Seco/AP)
Le vice-président américain, JD Vance, s'adressant aux médias, accompagné de Steve Witkoff, envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, et de Jared Kushner, au Centre de coordination civilo-militaire de Kiryat Gat, en Israël, le 21 octobre 2025. (Crédit : Francisco Seco/AP)

Israël assume un rôle secondaire, derrière les États-Unis, au Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) de Kiryat Gat, où le cessez-le-feu à Gaza est placé sous la surveillance d’au moins une douzaine de pays, a raconté vendredi un responsable israélien au Times of Israel.

Ce complexe situé dans le sud d’Israël est destiné à servir de centre névralgique à la Force internationale de stabilisation (ISF) qui doit prendre les rênes de Gaza dans le cadre du plan de cessez-le-feu qui a été préparé par le président américain Donald Trump – cessez-le-feu que les États-Unis cherchent à inscrire dans le droit international par le biais d’un vote du Conseil de sécurité des Nations unies.

Selon le responsable qui s’est entretenu avec le Times of Israel, les États-Unis ont été le principal décideur au sein du CMCC, notamment sur les questions relatives à l’acheminement de l’aide à Gaza. Israël accuse le Hamas de piller les convois humanitaires et a imposé des restrictions sur les livraisons.

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’agence du ministère de la Défense qui a été chargée de contrôler les approvisionnements en assistance vers l’enclave dévastée tout au long de la guerre, a été relégué à un rôle plus contractuel au sein du CMCC, a ajouté le responsable, qui a ainsi confirmé les détails d’un article qui a été diffusé vendredi dans le Washington Post.

Le CMCC a été créé, en date du 17 octobre, en tant que « centre de coordination principal » dont la mission est de « soutenir les efforts de stabilisation » à Gaza, dans le sillage d’une déclaration signée par Trump et ses homologues turc, qatari et égyptien à Charm el-Cheikh le 13 octobre, selon le Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM).

En plus d’Israël et des États-Unis, les pays qui ont envoyé des forces dans le complexe sont la Jordanie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Danemark, le Canada, l’Australie, la France, l’Espagne et les Émirats arabes unis. Malgré la présence de soldats étrangers, la composition, le rôle, la chaîne de commandement, le statut juridique et d’autres questions relatives au CMCC n’ont pas encore été définitivement fixés.

Il est difficile de dire quels pays accepteront d’envoyer des soldats à Gaza dans le cadre de l’ISF – que Trump a déclaré jeudi vouloir déployer « très bientôt ». Selon le plan de Trump, qui a été soumis dans son intégralité au Conseil de sécurité de l’ONU pour approbation, la force de stabilisation prendra le contrôle de Gaza quand l’armée israélienne aura achevé son retrait de la région.

De l’aide humanitaire entrant à Gaza par le poste-frontière israélien de Kerem Shalom, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 novembre 2025. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Dans l’intervalle, le Hamas a réaffirmé son contrôle sur sa part de la ligne de cessez-le-feu – un secteur d’où l’armée israélienne s’est retirée le 10 octobre, vingt-quatre heures après la signature par Israël et le Hamas d’un accord de trêve et de libération des otages basé sur la phase initiale du plan global de Trump.

En vertu de cet accord, le Hamas a relâché les 20 derniers otages vivants, le 13 octobre, et il a rendu les dépouilles de 23 otages décédés. Trump prévoit d’envoyer un avion de l’armée de l’air américaine pour récupérer les otages vivants et leurs familles et pour les recevoir à la Maison Blanche dans les deux prochaines semaines, selon un reportage de la chaîne d’information N12, une information qui a été confirmée jeudi au Times of Israel par un responsable américain.

Les restes de cinq otages décédés se trouvent toujours à Gaza, dont un soldat tué lors de la guerre de Gaza en 2014 et quatre personnes tuées lors du pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre actuelle.

Les prochaines étapes du plan de cessez-le-feu de Trump comprennent des appels au désarmement du Hamas, à la démilitarisation de Gaza, au déploiement de la force de transition et à la mise en place d’une administration civile apolitique qui sera composée de technocrates palestiniens et qui sera supervisée par un « Conseil de paix » dirigé par Trump.

Le président américain Donald Trump apparaissant dans l’émission « 60 Minutes » de CBS, le 2 novembre 2025. (Crédit : Capture d’écran/60 Minutes)

Interrogé jeudi sur la date à laquelle la force de stabilisation sera déployée à Gaza, Trump a répondu : « Ce sera très bientôt ».

« Ca va très bien à Gaza et vous n’avez pas entendu parler de beaucoup de problèmes », a déclaré Trump aux journalistes à la Maison Blanche.

Trump a également répété que de nombreux pays se sont portés volontaires pour fournir des soldats à la force afin de lutter contre le Hamas si nécessaire. Une affirmation qui contredit ce que les diplomates arabes disent à huis clos, à savoir qu’ils ne veulent pas envoyer leurs troupes à Gaza si cela signifie entrer en conflit avec le Hamas, qui refuse publiquement de désarmer.

Responsable américain : l’ISF nécessitera environ 20 000 soldats et un mandat de deux ans

S’exprimant après Trump, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que Washington s’efforçait de faire adopter une résolution du Conseil de sécurité dans les semaines à venir afin de fournir un cadre juridique aux pays souhaitant rejoindre l’ISF. Rubio a souligné que les pays qui se sont portés volontaires pour fournir des soldats « ont besoin de ce mandat de l’ONU pour pouvoir le faire ».

Un haut responsable américain a déclaré que Washington cherchait à obtenir un mandat de deux ans pour l’ISF et le Conseil de paix à l’ONU. Selon ce responsable, l’ISF devrait compter environ 20 000 soldats. Si l’administration Trump a exclu l’envoi de soldats américains dans la bande de Gaza, elle a entamé des discussions avec l’Indonésie, les Émirats arabes unis, l’Égypte, le Qatar, la Turquie et l’Azerbaïdjan pour qu’ils contribuent à cette force.

« Nous sommes en contact permanent avec les pays susceptibles de fournir des troupes, afin de déterminer le type de mandat et de formulation dont ils ont besoin », a déclaré le responsable. « Presque tous les pays veulent obtenir un mandat international. Le mandat de l’ONU est le plus souhaité ».

Vue générale de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation à Gaza, au siège de l’ONU à New York, le 18 septembre 2025. (Crédit : Angela Weiss / AFP)

Le responsable a indiqué qu’il ne savait pas si Israël souhaitait interdire à certains pays d’envoyer des hommes au sein de la Force internationale de sécurité, mais il a ajouté : « Nous sommes en contact permanent avec eux ». Israël avait expliqué, le mois dernier, qu’il n’accepterait pas la présence des forces armées turques à Gaza dans le cadre du plan de paix américain.

Une copie du projet de résolution du Conseil de sécurité – copie qui a été obtenue et vérifiée par le Times of Israel – comprenait l’intégralité du plan de cessez-le-feu en 20 points de Trump pour Gaza. L’annexe a été ajoutée au projet au cours des dernières 48 heures, a déclaré samedi matin un diplomate européen au Times of Israel.

Les États-Unis ont organisé, cette semaine, des consultations sur la résolution avec d’autres membres du Conseil de sécurité, ainsi qu’avec les délégations de l’Égypte, du Qatar, de la Turquie, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Organisation de libération de la Palestine, qui domine l’Autorité palestinienne, rivale du Hamas basée en Cisjordanie. Washington n’a toutefois pas souhaité apporter des changements significatifs, a déclaré le diplomate, confirmant les informations publiées dans The New York Times.

L’un des rares changements apportés ces derniers jours a concerné le transfert de l’administration de Gaza du Conseil de paix à l’Autorité palestinienne.

Les premières versions de la résolution parrainée par les États-Unis indiquaient que ce transfert n’aurait pas lieu tant que l’Autorité palestinienne « n’aura pas mené à bien son programme de réforme, dans la mesure où il sera jugé acceptable » par le Conseil de paix. La dernière version obtenue par le Times of Israel note que le transfert aura lieu lorsque l’Autorité palestinienne « aura mené à bien de manière satisfaisante son programme de réforme tel que décrit » dans le plan de Trump.

Le président américain Donald Trump (à gauche) salue le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’un sommet sur Gaza dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/AFP)

Toutefois, le plan du 29 septembre ne donne que peu de détails sur les réformes souhaitées pour l’Autorité palestinienne, se référant uniquement à « diverses propositions, notamment le plan de paix du président Trump en 2020 et la proposition saoudo-française » de cette année.

Le plan de 2020 ne comprend pas de programme de réforme explicite, mais dresse une longue liste de tâches que l’Autorité palestinienne devra accomplir pour obtenir le statut d’État, notamment la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif, ce que l’Autorité palestinienne refuse depuis longtemps, arguant que sa reconnaissance d’Israël dans le cadre des accords d’Oslo de 1993 est suffisante.

Les critères de réforme du plan saoudo-français comprenaient l’abolition des allocations versées par l’Autorité palestinienne aux prisonniers palestiniens, le système connu sous le nom de « pay for slay », la suppression des incitations au terrorisme dans les programmes scolaires de l’Autorité palestinienne et la tenue d’élections, ce que l’Autorité palestinienne n’a pas fait depuis 2006.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a signé au mois de février une loi supprimant l’ancien programme social de Ramallah qui prévoyait le versement d’allocations aux prisonniers en fonction de la durée de leur peine, et il s’est engagé à organiser des élections dans l’année suivant la fin de la guerre.

Il a également déclaré au mois de septembre que l’Autorité palestinienne prévoyait d’organiser des élections, de rédiger une constitution provisoire et d’élaborer des programmes scolaires conformes aux normes de l’UNESCO. La réforme sera achevée dans un délai de deux ans, a-t-il déclaré.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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