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Les frappes américaines en Iran préparent le terrain pour des opérations plus intensives – responsables

Alors que le mémorandum vole en éclats, des sources américaines indiquent que les frappes en cours visent à affaiblir les défenses iraniennes si Donald Trump décidait d'intensifier le conflit

Montage photos de trois navires de surface sans pilote « Corsair », également appelés « drones de surface d'attaque à usage unique », lancés par l'armée américaine, en train de se rapprocher de la base navale de Bandar Abbas, en Iran, le 12 juillet 2026. (Crédit : Captures d'écran/CENTCOM) via AP)
Montage photos de trois navires de surface sans pilote « Corsair », également appelés « drones de surface d'attaque à usage unique », lancés par l'armée américaine, en train de se rapprocher de la base navale de Bandar Abbas, en Iran, le 12 juillet 2026. (Crédit : Captures d'écran/CENTCOM) via AP)

Washington — Les récentes vagues de frappes américaines contre l’Iran, qui visent à forcer l’ouverture du détroit d’Ormuz, ciblent également les capacités militaires iraniennes que les États-Unis souhaiteraient détruire avant de mener des opérations plus complexes contre l’Iran, ont déclaré mercredi trois responsables américains à Reuters.

Ces responsables, qui ont souhaité garder l’anonymat pour s’exprimer sur ces questions militaires, ont indiqué que ces frappes renforçaient de fait les options militaires supplémentaires dont dispose le président américain Donald Trump, qui a laissé le monde dans l’incertitude quant à ses prochaines actions après avoir notifié au Congrès, le week-end dernier, la reprise officielle du conflit contre la République islamique d’Iran.

La guerre contre le régime iranien, qui en est désormais à son cinquième mois, se poursuit après l’échec du protocole d’accord censé mettre fin aux combats et ouvrir la voie à un accord de paix. Israël n’a pas pris part aux négociations ayant mené à la conclusion du mémorandum entre l’Iran et les États-Unis, et les responsables israéliens ont critiqué ce document, estimant qu’il n’avait pas obtenu de concessions concrètes de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire.

Malgré les coups durs portés à l’armée iranienne depuis le début de la campagne américano-israélienne le 28 février, Téhéran conserve d’importantes capacités en matière de drones et de missiles et a attaqué des pétroliers transitant dans le détroit ainsi que ses voisins du Golfe.

L’armée américaine a indiqué que ses derniers bombardements visaient les systèmes de défense aérienne iraniens, les radars côtiers, les sites de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations et d’autres moyens maritimes.

L’un des responsables américains a déclaré que ces frappes pouvaient être considérées comme des « opérations de préparation » visant à affaiblir les défenses iraniennes au cas où l’armée américaine recevrait l’ordre de mener des opérations plus intensives à l’avenir.

Le président des États-Unis Donald Trump prenant la parole à l’United States Army War College de Carlisle, en Pennsylvanie, lors du Sommet sur la défense et l’innovation de Pennsylvanie, le 15 juillet 2026. (Crédit : Matt Rourke/AP)

« Cela contribue à préparer le terrain, si nécessaire », a déclaré ce responsable.

Le Pentagone n’a pas encore répondu à une demande de commentaire.

Options militaires

En mars, Reuters avait rapporté que l’armée américaine prévoyait d’étudier des options pour déployer des troupes le long du littoral iranien afin de mieux assurer la sécurité du détroit. À l’époque, des responsables avaient indiqué que l’administration Trump envisageait également d’envoyer des troupes au sol sur l’île de Kharg, en Iran, plaque tournante de 90 % des exportations pétrolières iraniennes. Une telle opération serait toutefois risquée, car l’Iran pourrait bombarder l’île à l’aide de missiles et de drones depuis le continent.

Trump a déclaré mardi qu’il avait ordonné à ses forces armées d’éviter de frapper les installations pétrolières iraniennes lors des précédentes frappes contre l’île de Kharg. Mais il a laissé ouverte la possibilité de s’emparer de l’île.

« Si nous les affaiblissons suffisamment et les repoussons assez loin, je le ferais », a-t-il indiqué à Fox News.

Trump a également menacé d’attaquer un site lié au programme nucléaire iranien, connu sous le nom de mont Kolang, une installation fortifiée enfouie sous terre près de l’un des principaux sites nucléaires de Téhéran.

Mark Cancian, ancien officier des Marines américaines et chercheur au Center for Strategic and International Studies, a déclaré que la volonté de Trump d’évoquer publiquement des options militaires, telles que la prise de l’île de Kharg, était une arme à double tranchant.

Un panneau d’affichage arborant des messages anti-Trump, notamment la phrase en anglais « We Kill Trump » et une image du président américain dans un cercueil, exposé sur la place de la Révolution islamique, dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 15 juillet 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Cela pourrait favoriser la diplomatie en mettant les Iraniens sur les nerfs. Mais c’est « néfaste pour l’armée, car nous dévoilons nos intentions », a-t-il ajouté.

Victoires tactiques, impasse stratégique

Les détracteurs de la guerre menée par Trump contre l’Iran, y compris au sein du Congrès américain, affirment que si celle-ci a permis de remporter des victoires tactiques en détruisant une grande partie de l’armée conventionnelle et de l’industrie de défense iraniennes, elle a échoué à obtenir des concessions de la part de Téhéran.

Elle a également incité l’Iran à exercer une influence sans précédent sur le détroit d’Ormuz, un point de passage crucial pour un cinquième de la production mondiale de pétrole brut. Même si sa marine conventionnelle a été en grande partie détruite, l’Iran pourrait toujours attaquer des navires commerciaux à l’aide de drones et de roquettes, par exemple.

Cela a donné lieu à un débat au sein de l’administration Trump sur la meilleure voie à suivre, selon des responsables américains. Un quatrième responsable a indiqué que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, était favorable à une intensification de l’opération militaire contre l’Iran.

Imran Bayoumi, ancien responsable du Pentagone et aujourd’hui membre de l’Atlantic Council, estime que les déclarations radicales de Trump ces derniers jours visent à faire pression sur l’Iran dans le cadre des négociations et à maintenir Téhéran dans l’incertitude quant aux prochaines mesures militaires.

« Je ferais la distinction entre le bruit médiatique et les actions concrètes », a déclaré Bayoumi.

« Je m’attends à ce que les discussions entre lui et son équipe de sécurité nationale soient un peu différentes de ce qu’il publie en ligne. »

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