Les ministres auraient approuvé une protection à vie pour Sara Netanyahu
La protection rapprochée des deux fils du Premier ministre serait également prolongée, et ce indépendamment des résultats des futures élections, selon les médias israéliens.
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La commission ministérielle chargée des affaires du Shin Bet a approuvé une demande visant à prolonger à vie la protection rapprochée de Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et à prolonger de cinq ans la protection rapprochée des deux fils du couple, et ce indépendamment des résultats des futures élections, selon les médias israéliens.
La commission aurait adopté cette mesure à l’unanimité sur recommandation du chef du Shin Bet, David Zini qui, selon des informations antérieures, avait présenté cette demande suite aux pressions exercées par Netanyahu et son épouse – qui avaient fait valoir que la guerre avec l’Iran et d’autres développements en matière de sécurité justifiaient cette prolongation de la protection.
Netanyahu, qui bénéficie lui-même d’une protection garantie pour les vingt prochaines années, aurait souhaité que cette prolongation prenne effet immédiatement, quel que soit le résultat du prochain scrutin.
Concrètement, cette mesure vise à garantir à la famille de Netanyahu une protection permanente même en cas de défaite aux élections – s’il devait les remporter, ses proches en bénéficieraient de toute manière automatiquement.
Toutefois, des responsables du Conseil national de sécurité et du Shin Bet auraient hésité face à cette mesure, des sources indiquant que, s’ils reconnaissaient la gravité des menaces potentielles, ils ne voyaient aucune raison de se prononcer dès à présent sur des dispositions de sécurité couvrant les cinq prochaines années.
Le cabinet du Premier ministre a démenti les premières informations relatives à cette demande, tandis que le Conseil national de sécurité et le Shin Bet ont refusé tout commentaire.
Le cabinet du Premier ministre n’a pas répondu à une demande de commentaire concernant l’approbation présumée de cette mesure.
Le président du parti Yashar, Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, a indiqué lors d’une interview accordée à la chaîne N12, dans la journée de mercredi, qu’il était « très préoccupé » par les informations qui ont laissé entendre que Zini avait accepté un appel téléphonique de Sara Netanyahu à ce sujet.
« Les tentatives qui visent à influencer le chef du Shin Bet par l’intermédiaire de membres de sa famille, de proches de sa famille, de commentateurs ou de porte-parole médiatiques — c’est une situation complètement insensée », s’est exclamé Eisenkot, considéré comme le principal adversaire de Netanyahu lors des prochaines élections.
Il a comparé cette situation à un incident qui, selon lui, s’était produit alors qu’il dirigeait Tsahal – Netanyahu l’avait aors convoqué chez lui pour lui demander que le personnel militaire d’un secteur spécifique du plateau du Golan se réfugie dans des bunkers souterrains.
Eisenkot a raconté devant les caméras de N12 qu’en examinant la question, il s’était rendu compte que l’un des fils de Netanyahu, Avner, servait dans ce secteur et que c’était là la raison qui avait justifié cette requête.
« Cela m’avait semblé être une demande étrange », s’est souvenu Eisenkot, ajoutant qu’il avait dit à Netanyahu : « Il y a un risque constant pour les civils, pour les soldats, mais ce n’est pas la bonne chose à faire ».
L’ancien chef d’état-major a expliqué que lorsque Netanyahu avait tenté d’insister, il avait compris qu’il y avait « un problème familial qui le stressait » et que lui-même était en train de vivre « quelque chose de complètement fou ».
L’ancien chef de l’armée israélienne a également vivement critiqué les récentes déclarations qui ont été faites par Zini, le chef du Shin Bet ayant affirmé que sa loyauté allait aux élus et non à l’État.
« Si le chef d’une agence de sécurité estime qu’il doit une loyauté personnelle et qu’il agit en conséquence, il doit rendre ses clés et partir… Quiconque ne fait pas preuve de loyauté à l’égard de l’État, quiconque dont les actions ne sont pas conformes à la loi, sera tenu de rendre ses clés et de rentrer chez lui. Et s’il ne le fait pas de lui-même, nous le renverrons chez lui ».
Jeremy Sharon a contribué à cet article.
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