L’été 2025 à Haïfa: Templiers, artisanat japonais et discussion avec un artiste en IA
Dans la ville portuaire du nord, les visiteurs peuvent construire une maison de templier allemand, fabriquer une grue en origami, ou comparer un ancien et un nouveau Herzl
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Cet été, les visiteurs de Haïfa pourront découvrir les nouvelles expositions de trois musées de la ville, consacrées aux patrimoine artistiques allemand, japonais et israélien.
La ville célèbre cette saison en proposant des visites théâtrales du quartier de la Colonie allemande tout au long du mois d’août. Les visiteurs sont ramenés à l’époque où l’empereur Guillaume II était venu d’Allemagne en Terre Sainte, en 1898. L’attraction inclut une visite du musée de la ville de Haïfa et de sa nouvelle exposition, « Community House, The Templers : Legacy and Dream » (Maison communautaire, les Templiers : patrimoine et rêve).
L’exposition, ouverte jusqu’en mars 2026, raconte l’histoire des Templiers allemands, une mouvance protestante dont les membres ont rejoint Israël il y a environ 160 ans et qui a établi sa première implantation à Haïfa, suivie de six autres, dans d’autres villes et à la campagne.
Selon les recherches universitaires menées pour l’exposition, jamais plus de 1 700 Templiers allemands n’ont vécu en même temps en Terre d’Israël, mais cette communauté a laissé une empreinte culturelle à Haïfa, Tel Aviv, Jaffa, Jérusalem et dans d’autres régions où elle s’était implantée.
L’exposition « Community House » (maison communautaire) présente des travaux de l’artiste Ossi Yalon, qui a passé des années à étudier la communauté des Templiers. Ses œuvres réinventent le quotidien et la vie communautaire des Templiers.
L’exposition comporte également des objets historiques, ainsi que des photographies, des cartes postales et des journaux intimes illustrant la vie des Templiers. Beit Haam, la maison communautaire, servait de centre religieux et culturel aux Templiers et abrite aujourd’hui le musée de la ville de Haïfa, qui accueille l’exposition.
Les visiteurs peuvent peindre leurs propres maisons de templiers, en imitant les murs en pierre et les fenêtres cintrées typiques de ces constructions. Les enfants peuvent jouer dans des maisons en bois dans la cour du musée, avec des morceaux de bois et des brouettes semblables à ceux utilisés par les Templiers à l’époque.
Pour acheter des billets et obtenir plus d’informations, rendez-vous sur le site du musée.
Au Musée Tikotin d’art japonais, l’exposition « Handmade Japan », ouverte jusqu’au 30 novembre, présente plus de 100 œuvres d’art et objets illustrant les traditions artisanales japonaises.
L’exposition propose des œuvres d’artistes japonais et israéliens, ainsi que des pièces issues de la collection du musée, soulignant la dimension utilitaire inhérente à l’art japonais.
Les visiteurs peuvent admirer de nombreuses œuvres, de l’antique au contemporain, parmi lesquelles des sculptures en métal signées Nobuya Yamaguchi, des calligraphies d’Ichika et des toupies de Masaaki Hiroi, les origamis de l’artiste israélien Tim Oder, les emballages textiles de style japonais d’Efrat Barashi Mafen, ainsi que les pièces en verre de Dafna Kapman.
« Les pratiques exposées ne représentent qu’une partie de l’immense univers créatif japonais », explique Eti Glass Gissis, conservatrice du musée Tikotin. « Ces objets ne sont pas des artefacts exotiques ni des vestiges culturels destinés aux Occidentaux. Ils font partie intégrante de la vie quotidienne des Japonais contemporains. »
L’exposition propose également de découvrir l’art japonais de la miniaturisation avec des bonsaïs disposés dans le patio du musée, aussi orné de ratissage de sable. Un atelier de furoshiki permet d’apprendre la technique de l’emballage en tissu, et le coin origami, d’apprendre à fabriquer des grues en papier.
La troisième de ces nouvelles expositions est présentée au musée Hermann Struck, où l’artiste Gil Goren a inauguré le 1er août une collection accessible jusqu’au 27 février 2026.
Baptisée « Did You See How Beautiful » (Avez-vous vu comme c’est beau), d’après un vers d’un poème de Natan Yonatan, l’exposition propose une sorte de dialogue entre Goren, graveur et artiste israélien, et Hermann Struck, artiste juif allemand qui s’est installé à Haïfa en 1922, et dont la maison a été transformée en musée il y a un peu plus de dix ans.
« Did You See How Beautiful » se compose d’estampes des deux artistes, exposées dans les quatre salles du musée.
Les œuvres de Struck incluent des portraits de personnalités du sionisme comme Theodor Herzl, Menachem Ussishkin, Pinchas Rutenberg et Hayim Nahman Bialik ou encore d’Albert Einstein et Sigmund Freud, ainsi que des paysages.
Les œuvres de Goren, qui utilisent des techniques contemporaines, proposent des interprétations sur des questions d’identité, de valeurs sociales et nationales et de mémoire collective, dans un dialogue avec les œuvres et la maison de Struck.
L’exposition comprend une vidéo créée à l’aide de l’intelligence artificielle, nommée « The Encounter », qui relate la rencontre virtuelle entre Goren et Struck, ainsi que leurs discussions sur leurs similitudes et leurs différences.
Struck était un religieux, un militant sioniste et un artiste graveur de premier plan, en Allemagne et en Israël. Il a influencé le développement de l’art israélien dans les domaines de la gravure et de la lithographie.
Goren a passé près de deux décennies dans le domaine de la publicité, en tant que directeur artistique, avant de se tourner vers l’art. Il travaille désormais dans la peinture, la broderie, la photographie et la gravure, avec un langage artistique marqué par des couleurs vives, ainsi que par des messages critiques et puissants.
« Je juxtapose le travailleur juif de Struck à mes tapisseries représentant des paysages européens, ou sa gravure de Gaza à ma photographie de Beeri, et son Herzl à mon Herzl avec un chardon violet », explique Goren. « Je mène une conversation avec Struck sur l’art, sur son passé et sur mon présent. »
Pour obtenir plus d’informations sur chaque musée, acheter des billets et consulter les horaires, rendez-vous sur le site des musées de Haïfa.
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