Les pourparlers entre Israël et le Liban – qui sont menés sous l’égide des États-Unis – se sont achevés à Rome. Un porte-parole du Département d’État a qualifié ces deux jours de discussions de « productifs et positifs ».
Toutefois, aucun calendrier précis n’a encore été proposé concernant la date à laquelle Israël tiendra ses engagements de se retirer de deux petites zones pilotes situées dans le sud du Liban.
« Nous nous sommes mis d’accord sur la structure et sur les lignes directrices du processus relatif aux zones pilotes, qui seront finalisées et mises en œuvre dans les prochains jours », a dit le porte-parole du Département d’État.
Israël a accepté de se retirer de deux zones pilotes dans le cadre de l’accord-cadre qui a été signé avec le Liban il y a trois semaines. Jérusalem a qualifié ces retraits de concession très mineure, étant donné que les zones pilotes sont situées au-delà de la zone tampon initiale que l’armée israélienne avait établie dans le sud du Liban.
Des responsables de Tsahal ont indiqué que, s’ils sont prêts à mettre en œuvre le retrait, ils n’ont pas encore reçu de directive de la part des dirigeants politiques. Les responsables libanais avaient accusé Israël de traîner les pieds et ils avaient menacé de ne pas assister aux pourparlers prévus cette semaine à Rome.
Les États-Unis avaient toutefois convaincu Beyrouth de renoncer à cette menace, en s’engageant à faire avancer le processus de retrait israélien.
Le communiqué israélien sur les pourparlers de cette semaine à Rome a abordé la question de manière générale, indiquant : « Les deux zones pilotes en question ont fait l’objet d’un accord. Toute mise en œuvre ultérieure de zones pilotes dépendra du succès de la mise en œuvre du programme pilote initial ».
« Les zones pilotes serviront à tester l’expression effective de la souveraineté libanaise par la mise en œuvre des conditions convenues par les forces armées libanaises et par la vérification par une tierce partie », a indiqué le communiqué attribué à un responsable israélien, qui a ajouté que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et l’Organisation des Nations unies pour la surveillance de la trêve (ONUST) « n’ont pas été évoquées et ne feront partie d’aucun modèle de vérification « .
« En ce qui concerne la propriété privée, les discussions se poursuivent afin de trouver une solution qui facilitera le retrait des armes de contrebande tout en respectant la loi libanaise », a précisé le responsable israélien.
Le responsable israélien a aussi qualifié les pourparlers de cette semaine de « positifs », affirmant qu’ils « ont encore renforcé le fait qu’Israël et le Liban s’accordent sur la nécessité de démanteler et de désarmer le Hezbollah et de poursuivre le processus de mise en œuvre de l’accord-cadre trilatéral ».
Le porte-parole du Département d’État a indiqué que les parties vont « désormais passer à des discussions techniques élargies, qui porteront sur la mise en œuvre de tous les volets de l’accord-cadre trilatéral dans le but de parvenir à un accord global entre Israël et le Liban ».
Le président libanais Joseph Aoun doit rencontrer mardi le président américain Donald Trump. La Maison Blanche a, dans le passé, incité Aoun à rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui doit lui aussi se rendre aux États-Unis la semaine prochaine.
Mais Aoun a rejeté ces propositions en raison de la présence continue de l’armée israélienne dans son pays, et la mise en œuvre qui traîne en longueur des retraits promis de deux petites zones pilotes situées au cœur du sud du Liban ne devrait pas le faire changer d’avis.