Mort à 87 ans de Dan Margalit, journaliste politique et présentateur TV chevronné
Journaliste vétéran, il avait révélé l'existence du compte bancaire illégal du couple Rabin aux US en 1977, conduisant le Parti travailliste à sa 1ère défaite électorale ; en 2018, il avait été accusé de harcèlement sexuel par 5 femmes
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RabinDan Margalit est décédé, ont annoncé jeudi les proches de ce journaliste et présentateur de télévision israélien chevronné. Il s’est éteint à l’âge de 87 ans après un combat de plusieurs mois contre le cancer.
Figure emblématique des médias israéliens, ce journaliste expérimenté s’était notamment illustré en révélant l’existence aux Etats-Unis d’un compte bancaire détenu en secret par l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin et son épouse Leah. Des révélations qui avaient conduit à la démission de Rabin en 1977, ainsi qu’à l’effondrement du Parti travailliste, qui dominait le pouvoir depuis plusieurs décennies.
« Notre père est décédé dans les bras de sa famille, à son domicile de Tel Aviv, des suites d’une longue maladie. Un homme de famille, un amoureux de l’humanité, un journaliste et un homme de lettres, un sioniste qui aimait Israël de tout sa personne », a écrit sa fille Shira Margalit sur le réseau social X.
Né en 1938 à Tel Aviv, Margalit avait débuté dans le journalisme alors qu’il étudiait l’histoire juive moderne à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il avait alors écrit un article unique pour le journal non-conformiste HaOlam HaZeh (« Ce monde »), réputé pour ses critiques acerbes, parfois sensationnalistes, à l’égard des membres du gouvernement.
« Démarrer ma carrière chez HaOlam HaZeh, qui était le grand ennemi du gouvernement, c’était ce dont j’avais toujours rêvé », avait déclaré Margalit dans une interview accordée à la chaîne N12 en 2025. Il avait quitté le journal au bout de trois ans, à la demande de son père, en raison des liens de la publication avec « une foule d’antisionistes », avait-il expliqué à la chaîne d’information.
Margalit avait ensuite rejoint le journal Haaretz, pour lequel il avait écrit pendant près de trente ans, se concentrant sur la politique et sur la diplomatie de 1964 à 1991, tout en présentant parallèlement des programmes d’information sur la 1ère chaîne et sur Educational Television.
Alors qu’il travaillait comme correspondant de Haaretz à Washington, en 1977, Margalit avait découvert par hasard l’existence d’un compte bancaire aux États-Unis détenu en secret et illégalement par Rabin et son épouse, Leah. Rabin avait ouvert ce compte quand il était ambassadeur de l’État juif aux États-Unis et il ne l’avait jamais clôturé à son retour en Israël.
Il avait ressenti une certaine appréhension quand il avait rendu compte de ce scandale, connu sous le nom « d’affaire du compte en dollars », ainsi qu’il l’avait écrit dans ses mémoires publiées en 1997. « J’étais assez réticent (…) Il était clair pour moi que raconter ce que j’avais découvert allait me mettre dans une situation de confrontation journalistique directe avec le Premier ministre », avait-il confié dans son livre « I Saw Them ».
« Cette information m’effrayait, mais je souhaitais réellement la révéler à la population. »
La décision de Margalit de divulguer l’existence de ce compte bancaire secret avait provoqué des poursuites judiciaires à l’encontre de l’épouse de Rabin, poussant ce dernier à démissionner de son poste de président du Parti travailliste à l’approche des élections de 1977. Cette démission soudaine avait ouvert la voie à la victoire de Menahem Begin, la première du Likud, marquant la fin du monopole jusque-là inébranlable du Parti travailliste sur les institutions fondatrices d’Israël.
Margalit avait animé le célèbre programme d’information « New Evening » de 1982 à 2018, date à laquelle l’émission avait été supprimée. Ce programme animé par Margalit avait par ailleurs fait l’objet d’une polémique en 1989. L’entrée de la résidence du journaliste à Jérusalem avait en effet été incendiée par des radicaux de droite opposés à une interview dans son émission de Faisal Husseini, alors personnalité politique de premier plan à Jérusalem-Est et représentant de l’Autorité palestinienne.
En 1996, Margalit avait présenté un débat télévisé entre les candidats au poste de Premier ministre, Shimon Peres et Benjamin Netanyahu. Ce dernier devait alors remporter les élections. Une victoire due à sa prestation dynamique, face à un Shimon Peres – alors Premier ministre sortant – plus terne.
Après avoir quitté Haaretz en 1992, Margalit avait poursuivi sa carrière de présentateur de journal télévisé, passant d’un média à l’autre. Brièvement rédacteur en chef du journal Maariv, il était retourné chez Haaretz, avant de quitter à nouveau le quotidien en 2001.
Margalit avait finalement rejoint le journal Israel Hayom dès sa fondation, en 2007. Il était alors l’une des rares voix du quotidien, fondé par le magnat américain des médias Sheldon Adelson, à critiquer Netanyahu.
Le rédacteur en chef de l’époque, Boaz Bismuth, aujourd’hui député du Likud, avait renvoyé Margalit après dix ans passés au journal, pour des raisons qu’il avait qualifiées d’idéologiques.
« Boaz Bismuth, qui désormais se présente aux côtés de Bibi, m’a renvoyé d’Israel Hayom. Ce n’était pas pour des raisons financières. Il n’a pas proposé de réduire mon salaire (…) Je suis fier et triste à la fois », avait-il tweeté à l’époque. Margalit avait alors recommencé à rédiger des articles d’opinion pour Haaretz.
Mais Margalit avait rapidement abandonné Haaretz après que cinq femmes l’ont accusé de harcèlement sexuel, comme l’avait expliqué une enquête publiée en 2018 par le quotidien. Deux de ces femmes débutaient leurs carrières de journalistes au moment des faits présumés.
Margalit avait nié ces accusations, mais il avait toutefois, et ce pendant deux ans, pris ses distances avec son travail. Il avait ensuite animé sa propre émission d’information sur la chaîne en ligne DemocratTV, avant un nouveau retour à Israel Hayom.
Marié deux fois, Margalit laisse derrière lui trois filles issues d’un premier mariage, Shira, Keren et Noya. Sa seconde femme, Dana Margalit, enseigne à l’université Ariel, où elle dirige le département de psychologie de la réadaptation de l’établissement.
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