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« Nous sommes un seul peuple » : Des familles arrivent en renfort dans les kibboutzim du sud

"La réponse au Hamas est de s'accrocher davantage à la terre", selon Uriel Raisch, qui a emménagé avec sa famille dans le kibboutz Kerem Shalom

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

La famille Raisch dans sa nouvelle maison, au kibboutz Kerem Shalom, près des frontières de Gaza et de l'Égypte, le 1ᵉʳ septembre 2025. (Crédit : Autorisation)
La famille Raisch dans sa nouvelle maison, au kibboutz Kerem Shalom, près des frontières de Gaza et de l'Égypte, le 1ᵉʳ septembre 2025. (Crédit : Autorisation)

Il y a deux semaines, Uriel et Rachel Raisch ont quitté leur maison de Mitzpe Ramon, dans le sud du Néguev, pour déménager avec leurs trois jeunes enfants au kibboutz Kerem Shalom.

Ce kibboutz est situé à proximité de la frontière avec Gaza et à quelques centaines de mètres seulement de la frontière égyptienne. Il se trouve à proximité de l’un des principaux points de passage vers la bande de Gaza.

« Nous voyons beaucoup de mouvements de l’armée et entendons beaucoup d’explosions », a déclaré Rachel au Times of Israel.

« Après 100 jours de service militaire à Gaza, Uriel ne fait plus attention aux détonations. Les enfants savent que ce sont les soldats de Tsahal qui les déclenchent. »

« Nous avions entendu dire que le kibboutz était très beau et verdoyant. Nous avons toujours l’impression d’être en vacances. Les membres du kibboutz disaient toujours que la vie ici était un paradis à 99 % et un enfer à 1 %. Après ce que l’armée israélienne a fait, c’est plutôt un paradis à 99,5 % », a-t-elle poursuivi.

Les Raisch – Uriel, 28 ans, qui étudie l’industrie et la gestion à Beer Sheva, Rachel, 27 ans, assistante sociale, Leshem, 5 ans, Shir, 3 ans, et Ofek, 1 an – sont l’une des cinq familles, religieuses ou laïques, qui ont rejoint le kibboutz ces dernières semaines.

Des familles assistant à une journée portes ouvertes au kibboutz Kerem Shalom, près des frontières de Gaza et de l’Égypte, dans le sud d’Israël, le 28 mars 2025. (Crédit : Autorisation)

Uriel est membre d’une fratrie de onze enfants, et est né dans le bloc d’implantations de Gush Katif, situé dans la bande de Gaza, qui a été évacué en 2005 dans le cadre du plan de désengagement unilatéral d’Israël. Rachel a grandi au moshav Kfar Maïmon, près de la ville de Netivot, dans le sud du pays.

« Nous venons du Néguev », a expliqué Uriel lorsqu’on lui a demandé pourquoi la famille avait déménagé à Kerem Shalom.

« Nous avons été séduits par l’idée d’une communauté réunissant des personnes religieuses et laïques. »

« Nous ne pouvons pas oublier la période que nous traversons », a-t-il poursuivi.

« La réponse au Hamas et au terrorisme consiste à renforcer l’expansion de la présence juive et à s’accrocher davantage à la terre. Nous sommes un seul peuple, nous sommes tous frères et sœurs. Nous avons vu que l’ennemi ne fait aucune distinction entre nous. Ici, dans le kibboutz, personne ne nous demande quelles sont nos croyances ou qui nous sommes. Nous menons une vie communautaire ensemble. » Nous croyons en l’armée et sommes convaincus que la sécurité sera totale ici. »

Environ 85 % des 200 résidents du kibboutz Kerem Shalom sont rentrés chez eux. Seules deux familles ont décidé de ne pas le faire.

Le 7 octobre 2023, des combats acharnés ont éclaté dans le kibboutz, causant la mort de deux pères et membres de l’équipe de sécurité civile : Amichaï Witzen, 32 ans, et Moshe Yedidia Raziel (Rosenberg), 31 ans. Ils sont morts en tentant de tuer les terroristes qui attaquaient le domicile d’un jeune assistant social, Amichaï Shindler, 33 ans.

Ailleurs le long de la frontière avec Gaza, les chiffres fournis lundi par les porte-parole des communautés sont les suivants :

  • Au kibboutz Nirim, 80 % des résidents sont rentrés chez eux et une quinzaine de nouvelles familles devraient les rejoindre prochainement. Le 7 octobre 2023, cinq civils ont été assassinés dans le kibboutz et cinq autres enlevés et emmenés de force à Gaza. Parmi ces derniers, trois ont été relâchés en novembre 2023 et les deux autres ont été assassinés pendant leur captivité ; leurs corps ont ensuite été récupérés par Tsahal.
  • Dans le moshav de Netiv HaAsara, un peu plus de 80 % des 1 050 habitants (315 foyers) qui y vivaient avant le 7 octobre 2023 sont revenus. 54 familles et foyers résident toujours en dehors du moshav et on ignore quand ils reviendront. Une dizaine de nouvelles familles et de nouveaux couples louent des maisons. Dix-sept habitants ont été assassinés par des terroristes du Hamas, dont trois membres de l’équipe de sécurité locale.
  • Au kibboutz Sufa, plus de 90 % des résidents sont de retour et cinq nouvelles familles sont en cours d’intégration. Lors de l’assaut du Hamas, trois personnes ont été assassinées : deux membres de l’équipe de sécurité de réserve du kibboutz et un civil.
  • Au kibboutz Nahal Oz, situé à seulement 800 mètres de la frontière avec Gaza, seuls 45 % des membres et des résidents sont revenus. Au début du mois, la Haute Cour a rejeté un recours déposé par le kibboutz contre la décision du gouvernement de mettre fin, en juin, au financement public des logements temporaires dans lesquels ils vivaient depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Inauguration d’un jardin communautaire au kibboutz Sufa, près de la frontière avec Gaza, le 20 août 2025. (Crédit : Yoav Lin/KKL-JNF)

Ilan Morag, président de Nahal Oz, a déclaré qu’une cinquantaine de familles étaient revenues, soit 175 personnes, dont une soixantaine d’enfants. Parmi ceux qui n’étaient pas encore rentrés, il y avait des personnes âgées résidant dans une maison de retraite à Bat Yam, dans le centre d’Israël, ainsi que des familles avec des enfants, notamment en bas âge, a-t-il expliqué. Environ 25 familles vivaient toujours dans le kibboutz de Mishmar HaEmek, où elles avaient été évacuées après le 7 octobre, tandis que d’autres étaient dispersées ailleurs.

Le 7 octobre 2023, treize résidents et quatre agents de sécurité ont été tués à Nahal Oz, et huit civils ont été pris en otage.

Les habitants du kibboutz Kissufim ne devraient pas revenir avant le mois de novembre, une fois les travaux de rénovation terminés. Le 7 octobre, neuf civils israéliens et six travailleurs étrangers ont été assassinés par des terroristes dans ce kibboutz et un autre Israélien a été enlevé puis assassiné à Gaza avant d’être restitué à Israël dans le cadre d’un accord conclu avec le Hamas. Pendant les combats, les soldats israéliens ont tué par erreur un autre civil israélien originaire de Kissufim.

Vingt-sept soldats de Tsahal et un membre de l’équipe de sécurité locale de Kissufim ont été tués lors des combats dans le kibboutz et dans un poste militaire voisin.

Les habitants de Holit, Kfar Aza et Beeri devraient pouvoir rentrer chez eux courant 2026. Les travaux de rénovation à Nir Oz viennent tout juste de commencer.

Sur les quelque 200 personnes qui y avaient élu domicile, quinze ont été assassinées le 7 octobre 2023. Deux Bédouins israéliens qui travaillaient dans une étable ont été enlevés puis assassinés. Au kibboutz Kfar Aza, 62 habitants et 18 membres des forces de sécurité ont été tués le 7 octobre, et 19 civils ont été pris en otage.

Deux otages originaires de Kfar Aza ont ensuite été tués par erreur par les troupes israéliennes alors qu’ils tentaient d’échapper à leurs ravisseurs à Gaza ; quinze autres ont été libérés dans le cadre d’accords conclus avec le groupe terroriste et deux sont toujours détenus dans la bande de Gaza : les jumeaux Gali et Ziv Berman.

Au kibboutz Beeri, un habitant sur dix a été tué, soit 101 civils et 31 membres de la sécurité, et 30 autres habitants ainsi que deux civils supplémentaires ont été enlevés.

Une cérémonie marquant la reconstruction du kibboutz Nir Oz près de deux ans après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, le 7 août 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/FLASH90)

Nir Oz a été le plus durement touché. Le 7 octobre 2023, la plus grande partie du kibboutz a été détruite lorsque des terroristes du Hamas ont pénétré dans toutes les maisons de cette petite communauté, sauf six sur plus de 200, et ont assassiné ou enlevé un habitant sur quatre, soit 117 personnes sur environ 400. Parmi les otages, neuf sont toujours détenus à Gaza, dont cinq seraient encore en vie.

Immédiatement après l’assaut barbare et sanglant du Hamas, qui a causé la mort de plus de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et l’enlèvement de 251 autres dans la bande de Gaza, l’État a évacué 46 communautés rurales ainsi que la ville de Sderot, toutes situées dans la zone de « l’enveloppe de Gaza » – la région connue en hébreu sous le nom d’Otef Azza, à moins de sept kilomètres de la frontière avec Gaza.

Fin mai 2025, l’Autorité de Tekuma a déclaré que 92 % de la population était rentrée chez elle. Ces chiffres sont les plus récents.

Dans la région d’Eshkol, dont les communautés ont été les plus durement touchées le 7 octobre 2023, 3 134 élèves ont repris le chemin de l’école lundi, contre 2 519 l’an dernier. Cependant, ces chiffres ne sont pas revenus au niveau d’avant la guerre. En septembre 2021, dernière année pour laquelle le Bureau central des statistiques (CBS) a publié des chiffres, 3 583 enfants y étaient scolarisés.

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