Saar : Israël en « première ligne » contre « l’alliance » extrême gauche et terrorisme
Lors d’un sommet aux US, Saar présente des documents qui relierait le Hamas à la Global Sumud Flotilla ; Washington décrit l’Europe comme un "incubateur de menaces terroristes"
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Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a mis en garde jeudi contre une « alliance opérationnelle de plus en plus étroite » entre « l’activisme d’extrême gauche » et « les groupes terroristes islamistes », dans un discours prononcé à Washington lors d’un sommet ministériel organisé par le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
« Les groupes terroristes entretiennent aujourd’hui une alliance opérationnelle avec des éléments d’extrême gauche radicaux dans les démocraties occidentales, en Europe, en Amérique latine, en Afrique et au-delà », a-t-il déclaré, selon un communiqué publié par son cabinet.
Pour étayer ses propos, Saar a présenté des documents du groupe terroriste palestinien du Hamas, saisis par Tsahal et rendus publics par le ministère des Affaires étrangères à la fin de l’année 2025. Ces documents montreraient « l’implication directe » du Hamas dans la Global Sumud Flotilla, qui se présente comme une mission d’activistes visant à contester le blocus israélien de la bande de Gaza.
Loin d’acheminer une aide humanitaire, l’objectif de la flottille était, selon Saar, « de briser un blocus naval légal et de servir les intérêts de groupes terroristes, principalement le Hamas ».
En présentant des photos de personnes affiliées au Hamas aux côtés d’activistes de la flottille, le ministre a expliqué que ces documents établissaient un lien entre la branche étrangère du Hamas, la Palestinian Conference for Palestinians (PCPA), et la flottille.
L’un des documents présentés était une lettre datée de 2021 et signée par Ismail Haniyeh, alors chef de la branche politique du Hamas, dans laquelle il apportait publiquement son soutien à la PCPA.
בדברי בכנס שרי החוץ בוושינגטון על הטרור הפוליטי חשפתי את הקשרים בין פעילי המשטים מהשמאל הרדיקלי לבין חמאס וארגוני טרור אחרים.
In my remarks at the Foreign Ministers’ Conference in Washington on political terrorism, I exposed the links between activists involved in the flotillas… pic.twitter.com/W2w0GUvFvB
— Gideon Sa'ar | גדעון סער (@gidonsaar) July 16, 2026
Il a ensuite montré une photo de Zaher Birawi, président de la PCPA au Royaume-Uni, connu pour avoir organisé des flottilles vers Gaza au cours des quinze dernières années, aux côtés de l’activiste de la flottille Greta Thunberg.
Le média pro-palestinien Middle East Monitor présente Birawi comme journaliste, président du Comité international pour briser le siège de Gaza et membre fondateur de la Coalition internationale de la « Flottille de la liberté ».
Le ministre a également évoqué les liens entre la flottille et Saif Abu Kashk, membre de la PCPA en Espagne et directeur général de Cyber Neptune, une entreprise que le ministère des Affaires étrangères a qualifiée de « société écran » détenant « des dizaines de navires participant à la flottille ‘Sumud’ ».
Saar a conclu son intervention en soulignant la nécessité de « mettre ces réseaux au grand jour ».
« Nous devons suivre la piste de l’argent… Nous devons demander des comptes à ceux qui apportent un soutien opérationnel aux organisations terroristes », a-t-il déclaré, avant d’ajouter « qu’Israël est en première ligne de ce combat. Mais ce combat concerne toutes les démocraties. »
Cette intervention s’inscrivait dans le cadre d’un sommet ministériel organisé par Marco Rubio, consacré à « la résurgence du terrorisme transnational d’extrême gauche » et réunissant les ministres d’une soixantaine de pays. « Depuis bien trop longtemps, notre doctrine antiterroriste présente un angle mort : celui de la violence extrémiste issue de la gauche politique », a déclaré Rubio, appelant à renforcer la coopération internationale.
Selon lui, le « gauchisme radical » puise son inspiration dans une « haine de l’Occident », et la menace que représente le terrorisme d’extrême gauche est trop souvent balayée comme un fantasme de la droite ou assimilée à une théorie complotiste d’inspiration fasciste.
Rubio a cité plusieurs exemples européens pour étayer son propos : le sabotage du réseau ferroviaire français à l’ouverture des Jeux olympiques de 2024, ainsi que des attaques attribuées à l’extrême gauche en Italie, en Allemagne et, début juillet, contre des membres du parti conservateur grec, qui a fait un mort.
Dans un récent article sur l’antiterrorisme, l’administration Trump a qualifié l’Europe « d’incubateur de menaces terroristes ».
Les militants antifa figurent notamment dans le viseur de l’administration Trump, même si les experts décrivent ce mouvement comme une idéologie plutôt qu’une organisation structurée.
Une analyse publiée l’an dernier par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) relevait, de son côté, une hausse de la violence d’extrême gauche aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump en 2016, tout en soulignant qu’elle demeurait nettement inférieure à la violence historiquement attribuée aux mouvances d’extrême droite et jihadistes.
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