Saar : Israël ferme le consulat britannique à Jérusalem suite aux sanctions « scandaleuses » de Londres
Le ministre des Affaires étrangères entend également expulser les représentants anglais de la mission pour Gaza et à Ramallah, et interdire l’entrée dans le pays à certains élus
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Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé mardi l’adoption d’une série de contre-mesures à l’encontre du Royaume-Uni, en réponse à l’annonce par son homologue britannique, Ed Miliband, d’un ensemble de sanctions considérées comme « hostiles » par Saar et visant les implantations en Cisjordanie, « ainsi qu’à la suite d’une succession de décisions anti-israéliennes prises par le gouvernement travailliste depuis deux ans ».
Dans une déclaration enregistrée au ministère des Affaires étrangères, Saar a annoncé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et lui-même ont décidé de fermer le consulat britannique à Jérusalem, d’expulser les représentants britanniques du Centre international de soutien à Gaza, situé à Kiryat Gat et soutenu par les États-Unis, de mettre fin aux activités de l’équipe de soutien britannique à Ramallah chargée de former les membres des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, et d’interdire l’entrée sur le territoire à 12 élus et citoyens britanniques « impliqués dans des activités antisémites et anti-israéliennes ».
S’exprimant d’abord en hébreu, Saar a dénoncé les allégations portées par Miliband contre Israël lors de son discours à la Chambre des communes, les qualifiant de « scandaleuses et mensongères ». Il a fait valoir que ces « sanctions sévères » étaient imposées « pour des raisons de politique intérieure, à l’approche du congrès du Parti travailliste qui se tiendra ce mois-ci », et a décrit cette initiative comme « moralement perverse » et comme une « ingérence manifeste dans les affaires d’un État souverain et dans sa campagne électorale ».
Le ministère des Affaires étrangères a publié une liste de 12 élus et ressortissants britanniques désormais interdits de séjour en Israël, en réaction aux sanctions prises par le Royaume-Uni contre les implantations de Cisjordanie.
La liste comprend 11 membres du Parlement, dont la majorité n’appartient pas au Parti travailliste au pouvoir, ainsi qu’un avocat, Fahad Ansari, qui a représenté la branche politique du Hamas devant la justice britannique lors de sa tentative de retrait de la liste des organisations terroristes proscrites.
À l’annonce du ministère des Affaires étrangères, Fahad Ansari a déclaré sur X qu’il n’était « ni britannique ni député, mais y voyait un honneur ».
Les députés interdits de séjour sont :
Jeremy Corbyn, cofondateur de Your Party
Zarah Sultana, cofondatrice de Your Party
Naz Shah, Parti travailliste
Diane Abbott, Parti travailliste
John McDonnell, Parti travailliste
Richard Burgon, Parti travailliste
Hannah Spencer, Parti écologiste (Green Party)
Carla Denyer, Parti écologiste (Green Party)
Siân Berry, Parti écologiste (Green Party)
Ellie Chowns, Parti écologiste (Green Party)
Adrian Ramsay, Parti écologiste (Green Party)
Le ministère des Affaires étrangères n’a pas précisé les raisons de chacune de ces interdictions, se contentant de déclarer qu’il refuserait le séjour aux personnes « impliquées dans des activités antisémites et anti-israéliennes, ainsi qu’à celles qui nient l’existence même de l’État d’Israël ».
« Nous n’avons rien contre le peuple britannique », a ajouté Saar, faisant écho aux propos tenus par Miliband à propos de l’opinion publique israélienne, avant de préciser : « Nous sommes malheureusement confrontés à un gouvernement travailliste hostile dont les actions sont systématiquement dirigées contre Israël. Cela ne nous laissera d’autre choix que de riposter à ce comportement agressif. »
Dans une déclaration ultérieure en anglais, Saar a estimé qu’un « boycott des produits » provenant de Cisjordanie est une « pratique méprisable, qui porte préjudice à des citoyens qui travaillent dur et qui respectent la loi ». Il a averti que cette mesure nuirait aux travailleurs palestiniens de Cisjordanie, reprenant ainsi les propos tenus aujourd’hui par le président Isaac Herzog.
Il a par ailleurs soutenu que cette mesure, à l’instar des mesures punitives prises par le passé par Londres, « favorise l’antisémitisme » à l’étranger.
Saar a aussi déclaré mardi s’être entretenu avec la cheffe de l’opposition britannique Kemi Badenoch pour la remercier du soutien de son parti.
« Je les ai remerciés pour leur ferme opposition à l’annonce faite aujourd’hui par le gouvernement travailliste (…) et à sa politique anti-israélienne depuis son entrée en fonction », a écrit Gidéon Saar sur X.
Réactions israéliennes
Selon Yisrael Ganz, le président du Conseil de Yesha, l’organisation représentative des implantations, l’interdiction imposée par le Royaume-Uni sur les produits provenant des implantations israéliennes de Cisjordanie est « antisémite » et constitue « une honte morale ».
Ganz, qui dirige également le Conseil régional de Binyamin, l’autorité municipale chargée des implantations dans le centre de la Cisjordanie, affirme par ailleurs que l’Autorité Palestinienne a soutenu ces interdictions ; il estime que le préjudice financier causé à Israël par cette mesure devrait être compensé par des fonds palestiniens.
« La décision de la Grande-Bretagne de boycotter les produits de Judée-Samarie et d’imposer des sanctions aux Juifs au simple motif qu’ils vivent et travaillent dans certains endroits de leur terre ancestrale est une mesure honteuse et antisémite », a dénoncé Ganz.
« Notre message à la Grande-Bretagne et à tous ceux qui s’associent à ce boycott est sans équivoque : vous ne parviendrez pas à chasser les Juifs de Judée-Samarie. Nous répondrons à toute tentative de nuire aux implantations par davantage de constructions, davantage de communautés, et une souveraineté israélienne renforcée. »
Les conseils régionaux des implantations, tels que le Conseil régional de Binyamin, ont contribué à coordonner la création de plusieurs dizaines d’avant-postes illégaux, qui se sont multipliés en Cisjordanie pendant les quatre années du mandat du gouvernement sortant.
En réponse au boycott britannique, Guy Yifrach, maire de la grande implantation urbaine de Maale Adumim, a appelé les Israéliens à soutenir les entreprises des implantations. Il a également annoncé que 60 nouvelles usines étaient en voie d’achèvement dans la zone industrielle de Mishor Adumim.
« Face à chaque tentative de nous fermer des marchés, nous nous efforcerons d’en ouvrir de nouveaux pour l’industrie locale », a ajouté Yifrach.
Les organisations israéliennes de défense des droits civiques ont toutefois salué cette interdiction visant les produits des implantations.
Pour La Paix maintenant, les implantations « mettent en danger l’avenir de l’État d’Israël », et il est « positif que la Grande-Bretagne et d’autres pays opèrent la distinction nécessaire entre d’une part l’État souverain d’Israël et d’autre part les implantations et avant-postes situés au-delà de la Ligne verte, et qu’ils agissent contre l’annexion et le terrorisme des résidents d’implantations ».
L’organisation a souligné que les sanctions prises contre les implantations ne sont pas des sanctions dirigées contre Israël. Si le gouvernement poursuit le projet d’implantations dans la zone E1 entre Maale Adumim et Jérusalem et continue à prendre des mesures de nature à saper toute solution à deux États avec les Palestiniens, « cela ne fera qu’aggraver l’isolement d’Israël et le préjudice causé à cet État, à son économie et à son image sur la scène internationale », a-t-elle ajouté.
Selon l’organisation Looking the Occupation in the Eye, qui lutte contre la violence des partisans du mouvement pro-implantations, cet embargo commercial témoigne du fait que le Royaume-Uni et d’autres pays ont pris conscience que le gouvernement israélien « n’a aucune intention de mettre fin au terrorisme des résidents d’implantations » ; elle approuve le boycott de ce qu’elle définit comme « des produits issus du vol de terres, de logements et de vies humaines ».
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