Un enfant israélien sur quatre vit sous le seuil de pauvreté – rapport
Israël affiche le deuxième taux de pauvreté infantile le plus élevé de l’OCDE, après le Costa Rica ; les taux les plus élevés concernent les secteurs ultra-orthodoxes et arabes
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Selon un rapport annuel qui a été diffusé par la caisse d’assurance nationale, vendredi matin, environ deux millions de personnes, dont 880 000 enfants et 150 000 personnes âgées, vivaient sous le seuil de pauvreté en Israël en 2024.
Ce chiffre – qui représente 21% de la population – marque une augmentation de 0,3 % par rapport à 2023. Un précédent rapport établi cette année-là avait été rendu public au mois de décembre 2024.
Le taux d’enfants vivant dans la pauvreté est de 28 %, ce qui est un pourcentage en légère aggravation par rapport aux 27,9 % qui avaient été enregistrés un an auparavant.
Avec environ un enfant sur quatre qui vit dans la pauvreté, Israël affiche le deuxième taux de pauvreté infantile le plus élevé des pays de l’OCDE, après le Costa Rica. Toutefois, le taux d’insécurité alimentaire dont souffrent les enfants en Israël est passé de 36 % en 2023 à 31,7 % en 2024.
Au total, 28,1 % de la population a souffert d’insécurité alimentaire en 2024, dont 9,9 % gravement.
Une personne seule qui gagne moins de 3 547 shekels par mois avant impôts est considérée comme vivant sous le seuil de pauvreté. Le seuil pour un couple est de 7 095 shekels, et pour une famille avec trois enfants, il passe à 13 303 shekels.
Le rapport souligne qu’il ne suffit pas d’avoir au moins un soutien de famille dans le foyer pour sortir une famille de la pauvreté : « La pauvreté parmi les familles disposant d’un soutien de famille est devenue un phénomène de plus en plus courant. »
« Cela s’explique, entre autres, par l’augmentation du taux de l’emploi au fil des ans et par la définition relative de la pauvreté », indique-t-il.
Selon l’Institut national d’information, 27,8 % des ménages ne peuvent subvenir à leurs besoins avec leur revenu mensuel. Le rapport révèle que 4,7 % de la population renonce à un repas chaud au moins tous les deux jours, tandis que 9 % des Israéliens renoncent à des traitements médicaux en raison de difficultés financières.
Les niveaux de pauvreté sont les plus élevés dans les secteurs ultra-orthodoxes et arabes, avec 32,8 % des ménages haredim et 37,6 % des ménages arabes qui vivent en-dessous du seuil minimum. Au total, ces deux communautés représentent 65,1 % des Israéliens vivant en dessous du seuil de pauvreté.
La municipalité la plus pauvre d’Israël est l’implantation ultra-orthodoxe de Modiin Illit, en Cisjordanie, où 48,2 % des habitants vivent dans la pauvreté. Viennent ensuite Jérusalem (38,6 %), Beit Shemesh (36,3 %), Bnei Brak (31,1 %), Lod (21,8 %) et Netanya (20,7 %). Un grand nombre d’hommes ultra-orthodoxes étudient la Torah plutôt que de travailler, et les établissements d’enseignement haredim n’enseignent pas les matières du tronc commun – mathématiques, anglais ou sciences – ce qui empêche de nombreux diplômés d’obtenir des emplois mieux rémunérés.
Le rapport ajoute que les inégalités se sont accrues, Israël reculant de trois places pour se classer septième à partir du bas dans l’indice de Gini de l’OCDE, qui mesure les inégalités.
Israël se classe devant le Royaume-Uni, les États-Unis, le Mexique, la Turquie, le Chili et le Costa Rica.
La guerre à Gaza, qui avait commencé le 7 octobre 2023 avec le pogrom qui avait été perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, a contribué à l’augmentation du niveau de pauvreté en Israël, selon le rapport. Ce qui peut potentiellement s’expliquer par diverses raisons, avec notamment les longues périodes de service dans la réserve qui ont pu entraîner l’absence prolongée du soutien de famille, ou le déplacement, sur le territoire israélien, des familles qui habitaient à proximité des frontières de Gaza et du Liban.
« Si l’on prend en compte une période s’étalant sur plusieurs années, la pauvreté en Israël reste stable », a commenté Zvika Cohen, directeur général du NII, dans un communiqué. « La guerre et le coût de la vie, ces dernières années ont aggravé le problème, mais ils ne l’ont pas créé ».
« Sans investissements ciblés dans les enfants, les jeunes familles et les services sociaux, la pauvreté en Israël continuera de se transmettre de génération en génération. Le rapport montre l’importance du système d’assurance nationale en tant que filet de sécurité sociale central », a-t-il ajouté.
La directrice générale adjointe du NII, Nitsa Kisar, a affirmé que le rapport « souligne l’importance d’apporter un filet de sécurité sociale et d’apporter une réponse à la baisse des revenus publics, en particulier après les effets de la guerre et au vu du coût de la vie ».
Le fardeau économique est inégal, et le défi social nécessite des investissements dans l’éducation, l’emploi et des salaires adéquats afin de réduire les écarts et de mener à une société réformée. »
la Communauté du Times of Israël !








