L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a expliqué dans une interview accordée au site d’information Walla que Jérusalem présenterait à Beyrouth un cadre visant à désarmer progressivement le Hezbollah et à renforcer les liens politiques entre les deux pays à l’occasion du troisième cycle de négociations entre Israël et le Liban, des discussions qui doivent avoir lieu dans la journée à Washington.
Constatant que – malgré les déclarations de Beyrouth qui avait fait savoir que le sud du Liban était en train d’être vidé des armes du Hezbollah – le groupe terroriste soutenu par l’Iran conservait ses arsenaux, Israël espère faire avancer dès aujourd’hui un cadre qui permettra aux deux pays de garantir son désarmement, a-t-il confié.
Depuis que le Hezbollah a commencé à attaquer Israël en soutien à l’Iran au mois de mars dernier, « nous avons trouvé 8 000 roquettes, missiles et armes dans le sud du Liban. Des tunnels et des armements. Il y a des bases du Hezbollah dans le sud du Liban malgré les déclarations qui peuvent être faites », a affirmé l’envoyé.
« Nous sommes venus et nous avons dit : ‘C’est terminé. Nous devons pouvoir voir, dans la pratique, comment le gouvernement libanais renforce l’armée libanaise et la manière dont il agit concrètement ».
Selon Leiter, Israël veut proposer un processus qui sera progressif sur le terrain : « Nous définirons conjointement une zone spécifique et nous planifierons en concertation avec les Libanais comment cette zone sera nettoyée, puis nous continuerons ».
Il a ajouté qu’Israël était prêt à s’engager dans une voie diplomatique plus large, sous réserve de la potentielle réussite des initiatives de désarmement : « Nous sommes prêts à suivre deux voies. La première consiste à mener des négociations pour une paix totale, et ce comme si le Hezbollah n’existait pas — frontières, ambassades, visas, tourisme, tout. Un accord de ce type pourrait être conclu en quelques mois. Mais il dépendrait du succès de la deuxième voie — le démantèlement du Hezbollah ».
Faisant le lien avec les efforts livrés par le Hezbollah pour s’opposer aux pourparlers américains avec l’Iran, l’ambassadeur a noté avoir souligné, lors des dernières discussions auprès du président américain Donald Trump et auprès d’autres hauts responsables américains, que tout accord avec Téhéran « doit inclure la fin du soutien apporté par l’Iran à ses proxies [régionaux] ».
Leiter a fait remarquer qu’au cours de cette même réunion, l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh, avait expliqué à Trump « que si l’accord avec l’Iran ne prévoit pas la cessation totale du soutien au Hezbollah, il n’y aura pas d’avenir pour le Liban ».
L’émissaire a affirmé que le fragile cessez-le-feu qui est actuellement en vigueur au Liban – il avait été annoncé peu après la première série de pourparlers qui s’était tenue le mois dernier – « est plutôt le signe de notre volonté de mettre en œuvre un cessez-le-feu… sachant que nous protégerons nos soldats et nos civils en toutes circonstances, et que nous n’accepterons pas de nous arrêter, que nous n’autoriserons pas le Hezbollah à se réarmer et ce, en aucun cas ».
Les représentants israéliens feront savoir à leurs homologues libanais lors des pourparlers qui auront lieu aujourd’hui qu’Israël ne s’engagera pas à respecter un cessez-le-feu total avec le Hezbollah, mais l’État juif pourrait proposer de réduire ses opérations militaires, ont confié des sources à la chaîne saoudienne Al Arabiya, ajoutant que les États-Unis soutiennent la position d’Israël.