Yehuda Katz inhumé au Mont des Oliviers 44 ans après être tombé au combat au Liban
Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage au soldat, porté disparu lors de la bataille de Sultan Yacoub en 1982 et dont la dépouille a été rapatriée mardi
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Les obsèques du sergent de première classe Yehuda Katz se sont déroulées vendredi à Jérusalem, 44 ans après sa disparition lors de la bataille de Sultan Yacoub, qui avait opposé Tsahal à l’armée syrienne dans la vallée de la Bekaa, au Liban, durant la première guerre du Liban.
Des centaines de personnes se sont rassemblées le long du parcours pour lui rendre un dernier hommage alors que le cortège funèbre s’élançait depuis la yeshiva Kerem B’Yavné, dans le sud d’Israël, où Katz avait étudié avant de partir faire son service militaire au sein de Tsahal.
C’est ce mardi que sa dépouille a été rapatriée depuis le Liban, où il avait été porté disparu en 1982 dans la vallée de la Bekaa, aux côtés des sergents de première classe Zachary Baumel et Zvi Feldman. Les combats avaient coûté la vie à 21 militaires israéliens et en avaient blessé une trentaine d’autres.
En 2019, la dépouille de Baumel avait été retrouvée et ramenée en Israël grâce à l’aide de la Russie, et celle de Feldman avait été localisée par des agents du Mossad en mai 2025.
Tsahal a fait savoir que la dépouille de Katz avait été retrouvée au cours d’une opération spéciale menée par la Direction du renseignement militaire en coordination avec l’agence de renseignement du Mossad.
Ont notamment assisté aux obsèques de Katz au cimetière juif du mont des Oliviers le chef du Mossad, Roman Gofman, ainsi que l’ancien responsable de la question des otages et des portés-disparus, Gal Hirsch.
Le frère de Katz, Avi, a signalé que la famille respecterait la shiva — les sept jours de deuil prescrits par le judaïsme — car « jusqu’alors, nous n’avions pas perdu l’espoir de le retrouver vivant ».
« Pour nous, Yehuda est mort cette semaine, pas il y a 44 ans. »
Avi Katz a rappelé que, lorsque l’armée a annoncé à son père que Yehuda était porté disparu, celui-ci avait répondu : « Auschwitz n’est pas terminé », en référence au camp d’extermination nazi.
« Lorsqu’ils nous ont informés cette semaine de l’identification [médico-légale], il nous a fallu 14 heures de démarches pour en être certains », a-t-il déclaré devant la foule. « Mon frère, aujourd’hui nous t’enterrons, mais ce n’est pas notre histoire personnelle. C’est l’histoire de tout le peuple d’Israël. »
Évoquant les années passées à prier pour le retour de Yehuda et l’influence qu’il a continué d’exercer sur eux malgré son absence, Avi Katz a confié que le retour de la dépouille de son frère n’apportait « pas un sentiment de soulagement ou de bonheur, mais une douleur et un profond chagrin ».
« C’est comme si on m’enfonçait un poignard dans le cœur », a-t-il confié.
L’éloge funèbre a également été prononcé par le directeur de la yeshiva Kerem B’Yavné, le rabbin Mordechai Greenberg, qui a cité l’exemple de Katz pour souligner que le service militaire ne faisait pas obstacle à une pratique religieuse rigoureuse.
« Certains pensent que les étudiants de yeshivot sont marqués par leur passage dans l’armée », a-t-il déclaré, selon des propos relayés par la presse israélienne, en faisant référence au débat actuel sur la conscription des hommes ultra-orthodoxes.
« Avec Yehuda, ce fut tout le contraire. »
Le colonel Gal Levy, commandant de la 10e brigade blindée, a fait passer le même message.
« Ce que nous laisse Yehuda, c’est la conviction que l’on peut venir d’horizons différents et se battre côte à côte. Yehuda n’a pas eu à choisir entre deux mondes, il les a unis très naturellement », a déclaré le colonel Levy avant d’ajouter : « 44 ans plus tard, Yehuda, te voilà enfin rentré à la maison. Nous prions et espérons que tu seras le dernier des morts au combat. »
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