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Dan Illouz : un tiers du Likud avait souhaité le départ de Netanyahu après le 7-Octobre

L'ex-élu a affirmé que les efforts livrés en faveur de l'exemption de service militaire des haredim a été "la honte" de trop

Le député du Likud, Dan Illouz, lors d'une séance plénière à la Knesset, le 15 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député du Likud, Dan Illouz, lors d'une séance plénière à la Knesset, le 15 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député du Likud Dan Illouz a annoncé mercredi qu’il démissionnait du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, affirmant que la formation politique a été « piratée » dans le contexte de la récente vague de lois controversées qui ont été adoptées par la coalition à la Knesset, dans le but d’apaiser les partis ultra-orthodoxes.

« Je ne peux tout simplement pas vous demander de voter pour un parti pour lequel je ne suis moi-même plus en mesure de voter », a écrit Illouz dans un message qui a été posté sur Facebook.

« La vérité, c’est que dès le lendemain du 7-Octobre, il a été clairement établi, aux yeux de tout le monde, que Netanyahu devait mettre fin à son mandat », a-t-il poursuivi. « Et au lieu de se présenter devant l’opinion publique et de demander pardon, le Likud fait tout ce qui est en son pouvoir pour se soustraire à ses responsabilités ».

Dans une interview qui a été diffusée jeudi, Illouz a expliqué qu’après le pogrom du 7 octobre, environ un tiers des députés du parti avaient cherché à destituer Netanyahu de son poste de Premier ministre.

« Quand un événement comme celui du 7-Octobre se produit, un pays qui veut survivre ne peut pas simplement continuer comme si de rien n’était », a-t-il déclaré à Ynet.

« Cela doit également se refléter au sein de la direction, qui doit changer. Après le 7-Octobre, cela semblait évident pour un grand nombre de membres du Likud. Certains de mes collègues, qui s’efforcent aujourd’hui de montrer à quel point ils sont proches de Netanyahu, se concentraient à l’époque sur la manière dont nous pourrions le remplacer. »

« Je pense qu’au moins un tiers du groupe parlementaire du Likud avait compris que la bonne chose à faire pour l’État d’Israël était de changer de direction », a-t-il confié. « Pas par le biais d’élections dans la mesure où nous étions en pleine guerre, mais par le biais d’un vote de défiance ».

Il a expliqué que la seule raison pour laquelle cette initiative n’avait pas abouti avait été l’impossibilité de s’entendre sur le nom de la personne qui devait remplacer le Premier ministre.

Né au Canada, Illouz avait immigré en Israël en 2009. Il a affirmé avoir rejoint le Likud le jour même de son arrivée.

« Je croyais en la voie que le Likud disait vouloir suivre : une économie de marché libre, l’intégrité de la Terre d’Israël et le service militaire pour tous. Je suis entré à la Knesset au sein d’un gouvernement ‘d’extrême-droite’. C’était notre rêve, et je pensais que nous ferions avancer ces objectifs. Mais aujourd’hui, alors que j’arrive au terme de la législature de la Knesset, je constate que nous avons fait exactement le contraire. Les objectifs du mouvement n’ont pas progressé. Nous avons complètement échoué à promouvoir nos valeurs. »

INTERVIEW À LIRE : Les idées politiques de Dan Illouz, le candidat canadien du Likud

Dans le message initial où il a annoncé sa démission, Illouz a dénoncé « la trahison persistante », a-t-il expliqué, de son parti à l’égard de ses électeurs.

« Qu’il s’agisse d’esquiver toute responsabilité pour les événements du 7-Octobre, qu’il s’agisse de promouvoir des manœuvres dans le seul objectif d’exempter les étudiants ultra-orthodoxes en yeshiva du service militaire [alors que nos électeurs s’effondrent dans les rangs de la réserve], ou qu’il s’agisse encore de céder aux groupes d’intérêt qui font grimper le coût de la vie pour nous tous… Ce n’est plus le Likud. C’est un parti qui a été piraté », a-t-il estimé.

« La saga de l’exemption du service militaire est une honte qui m’a clairement fait comprendre que ma place n’est plus au sein du Likud », a continué Illouz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre), le ministre de la Justice Yariv Levin (à gauche) et le ministre de la Défense Israel Katz (à droite), avec derrière eux les députés ultra-orthodoxes Yitzchak Goldknopf, Moshe Gafni et Meir Porush derrière eux, peu avant le vote d’une loi interdisant les arrestations des insoumis ultra-orthodoxes et légitimant la non-incorporation massive et continue de la communauté ultra-orthodoxe, à la Knesset le 14 juillet 2026 (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Au moment où Tsahal met en garde contre un effondrement sous le poids de cette charge, le Likud a choisi de continuer à céder aux partis haredim et il a encouragé des manœuvres qui visent à institutionnaliser l’évasion face au service militaire », a-t-il déclaré, affirmant qu’à ce stade, voter pour le Likud « revient au même » que voter pour les partis haredim Shas ou Yahadout HaTorah.

« Je ne me présenterai pas aux primaires du Likud », a-t-il conclu.

Illouz aurait de toute façon probablement eu du mal à être réélu : il avait pu entrer à la Knesset grâce au siège qui est réservé aux nouveaux immigrants au sein du Likud, un avantage dont il n’aurait pas pu bénéficier lors des prochaines Primaires.

Il rejoint une liste croissante de défecteurs du parti qui ont invoqué les efforts qui ont été livrés par ce dernier en faveur de la consécration de l’exemption du service militaire des jeunes hommes Haredim. Un juge du tribunal interne du parti a d’ailleurs annoncé mercredi qu’il quittait le Likud pour la même raison.

« J’espère – et j’agirai en ce sens – que lors des prochaines élections, le Likud sera affaibli et qu’il sera placé dans l’obligation de s’allier à des partis de droite dotés d’une colonne vertébrale morale, qui ne céderont pas au chantage des Haredim », a écrit Emanuel Weiser, juge au sein du tribunal interne du Likud, dans sa lettre de démission, selon une copie qui a été rendue publique par les médias israéliens.

Les départs d’Illouz et de Weiser sont survenus au lendemain de l’adoption par la Knesset d’une loi controversée soutenue par la coalition – un texte qui interdit temporairement l’arrestation et les poursuites à l’encontre des hommes ultra-orthodoxes qui se soustraient au service militaire, légitimant ainsi la continuation du non-enrôlement des Haredim.

La Haute Cour de justice a temporairement gelé mercredi la mise en œuvre de cette loi, ordonnant qu’une audience soit organisée dans les meilleurs délais au sujet de cette législation.

Cette initiative législative des ultra-orthodoxes a fait suite à une décision rendue à l’unanimité par la Haute Cour en 2024. Les juges avaient dit que le gouvernement devait enrôler les étudiants ultra-orthodoxes en yeshiva dans l’armée, parce qu’il n’existait aucun cadre juridique permettant de maintenir la pratique, vieille de plusieurs décennies, qui consistait à leur accorder des exemptions générales du service militaire.

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