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France : Un sénateur demande une reconnaissance nationale pour les enfants du Lebensborn

Ces enfants sont nés entre 1936 et 1945 dans des établissements nazis créés dans un but eugéniste

Gisèle Niango, née le 11 octobre 1943 dans une maternité "Lebensborn" en Belgique, l'une des nombreuses créées par le régime nazi allemand pour "l'expansion de la race aryenne", pose avec une photographie de son "Lebensborn" à Indersdorf, en Allemagne (Gisele est la 2e à droite sur la photo), lors d'une séance photo dans sa résidence pour personnes âgées à Nancy, dans le nord-est de la France, le 14 mars 2025. (Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP)
Gisèle Niango, née le 11 octobre 1943 dans une maternité "Lebensborn" en Belgique, l'une des nombreuses créées par le régime nazi allemand pour "l'expansion de la race aryenne", pose avec une photographie de son "Lebensborn" à Indersdorf, en Allemagne (Gisele est la 2e à droite sur la photo), lors d'une séance photo dans sa résidence pour personnes âgées à Nancy, dans le nord-est de la France, le 14 mars 2025. (Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP)

Le sénateur de la Meuse, Franck Menonville (Union centriste), a déposé au Sénat, le 1er septembre 2025, une proposition visant à ce que la Nation rende hommage aux enfants nés dans les maternités nazies du Lebensborn, projet eugéniste mis en place par Heinrich Himmler en 1935, et reconnaisse le traumatisme et les souffrances dont ils ont été victimes.

Ces établissements, répartis en Allemagne et dans plusieurs pays occupés, accueillaient des femmes enceintes de membres de la SS ou de soldats allemands afin de donner naissance à des enfants correspondant aux critères raciaux du régime nazi. Entre 1936 et 1945, plus de 21 000 enfants sont nés dans ces maternités. L’une d’entre elles se trouvait en France, à Lamorlaye (Oise).

À la fin de la guerre, beaucoup de ces enfants ont été abandonnés, recueillis par les Alliés ou envoyés en convoi vers la Meuse, où une vingtaine ont été accueillis à l’hôpital de Commercy en 1946. Aujourd’hui âgés de 79 à 88 ans, ils demeurent « la dernière catégorie de victimes du nazisme à n’avoir fait l’objet d’aucune reconnaissance officielle », souligne le journaliste Boris Thiolay, auteur d’un livre-enquête sur le sujet.

Des initiatives locales existent déjà, notamment une plaque inaugurée en 2019 à Commercy et une journée commémorative annuelle, chaque deuxième vendredi d’octobre, instaurée en 2024. Mais la démarche des sénateurs porteurs de cette loi ouvre désormais la voie à une reconnaissance officielle de ces victimes longtemps oubliées. Aucune date n’a encore été fixée pour la lecture du texte au Sénat.

À LIRE AUSSI : Le Lebensborn, la maternité dévoyée ou comment les idéologues nazis ont conçu des usines à bébés aryens

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