Le tribunal prolonge la détention du suspect dans deux affaires de viol très médiatisées
Shaylee Atary, une survivante du 7-Octobre, dit avoir été violée par l’homme en 2011 ; il est aussi accusé d’avoir agressé Naama Shahar en 2022 ; la police soupçonne qu'il y a d’autres victimes
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Le suspect dans deux affaires de viol très médiatisées restera en détention pendant cinq jours supplémentaires après un interrogatoire conjoint avec l’une des victimes présumées, a décidé jeudi un tribunal de Tel Aviv.
L’individu, dont le nom fait l’objet d’un embargo judiciaire, est accusé d’avoir violé en 2011 Shaylee Atary, réalisatrice, chanteuse et survivante du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, ainsi que Naama Shahar, au mois d’octobre 2022.
Selon le site d’information Ynet, un représentant de la police a déclaré devant le tribunal de première instance de Tel Aviv qu’il y avait des indications qui laissaient croire que le suspect aurait fait d’autres victimes.
Le représentant a indiqué que lors d’un interrogatoire conjoint entre Shahar et le suspect, dans la journée de mercredi, les deux parties sont restées sur leurs versions des faits, mais que cet échange avait renforcé les soupçons pesant sur l’homme.
Shahar accuse le suspect de l’avoir violée à son domicile après qu’ils se sont retrouvés dans un bar. Elle pense avoir été droguée.
« La plaignante a indiqué qu’elle ne s’était jamais sentie ainsi après avoir consommé de l’alcool et qu’elle en avait donc conclu qu’il s’agissait d’une drogue du viol », a déclaré le représentant de la police au tribunal.
L’avocat du suspect, Moshe Weiss, a affirmé que le bruit des manifestants venus soutenir Shahar avait « perturbé » l’interrogatoire et il a demandé la remise en liberté de son client.
Le suspect était arrivé en Israël au début de la semaine en provenance de l’étranger avant d’être arrêté dans le cadre de cette affaire.
Sa détention provisoire devait expirer jeudi – avant que le tribunal n’ordonne son maintien en détention.
Le tribunal a également décidé que le suspect serait soumis à une expertise psychiatrique, à l’issue de laquelle il sera décidé si son nom pourra être rendu public.
Atary avait engagé l’an dernier une bataille judiciaire pour obtenir la levée de l’embargo sur l’identité du suspect, imposé lorsqu’elle avait porté plainte contre lui en 2022, les autorités estimant alors que la divulgation de son nom pourrait le pousser au suicide ou à s’infliger des blessures.
Shahar a rendu publique son accusation le mois dernier dans une publication sur les réseaux sociaux.
Atary avait témoigné lors d’une audition à la Knesset, au mois de janvier dernier, au sujet de la réponse insuffisante de l’État face à l’agression sexuelle violente dont elle a été victime.
« En avril 2011, j’ai subi un viol d’une extrême violence sur le bitume d’un parking résidentiel situé sous mon appartement à Tel Aviv », a déclaré Atary.
Après s’être rendue à la police pour fournir des preuves de ses blessures, « la police s’est montrée négligente et le parquet a classé l’affaire sans suite, faute d’éléments prouvant les faits », a-t-elle déclaré.
La police a rouvert le dossier d’Atary en 2025 après la découverte de nouvelles preuves.
Atary a survécu au pogrom perpétré par le Hamas au kibboutz de Kfar Aza du 7-Octobre alors qu’elle se trouvait chez elle. Son mari, Yahav Winner, a été assassiné alors qu’il tentait de la protéger, elle et leur nouveau-né, Shaya ; il leur a ainsi permis de s’enfuir. Ils ont été secourus après s’être cachés pendant plus de 24 heures.
Ariela Karmel a contribué à cet article.
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