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L’Égypte dit former des centaines de Palestiniens pour assurer la sécurité à Gaza

Ce plan est en préparation depuis des mois et devrait être mis en œuvre après la guerre ; Le Caire assure continuer d'œuvrer pour un cessez-le-feu

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, assistant à une réunion de responsables arabes, à Ryad, le 12 janvier 2025. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, assistant à une réunion de responsables arabes, à Ryad, le 12 janvier 2025. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

L’Égypte forme actuellement des centaines de Palestiniens afin qu’ils assurent la sécurité à Gaza une fois la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas terminée, a déclaré mercredi le ministre égyptien des Affaires étrangères à une chaîne d’information saoudienne.

Dans un extrait de l’interview accordée à la chaîne Al Arabiya et qui n’a pas encore été diffusé, Abdelatty déclare que l’Égypte a un plan clair pour assurer la sécurité et la gouvernance à Gaza après la fin de la guerre, et qu’elle forme des agents palestiniens qui seront déployés dans la bande de Gaza et assumeront des fonctions de sécurité.

L’Égypte a dévoilé son plan pour la sécurité et l’avenir de Gaza en mars dernier. Depuis, Abdelatty a évoqué à plusieurs reprises sa mise en œuvre. Sa déclaration de mercredi indique que le pays continue de travailler sur ce plan, malgré la guerre qui fait toujours rage et les différends persistants quant à la question de savoir qui gouvernera Gaza une fois le conflit terminé.

« L’Égypte forme actuellement des centaines de Palestiniens afin qu’ils assument des responsabilités en matière de sécurité à Gaza », a-t-il déclaré lors de l’interview.

En avril, lors du Forum diplomatique d’Antalya, une conférence organisée en Turquie, Abdelatty avait déclaré que l’Égypte avait commencé à recruter des agents de sécurité palestiniens qui seraient formés pour superviser la sécurité à Gaza.

« Nous renforçons les capacités des policiers palestiniens, nous leur dispensons une formation et recrutons de nouveaux membres afin qu’ils puissent être déployés à Gaza pour faire respecter la loi, l’ordre et la sécurité dans la bande de Gaza », avait-il alors déclaré.

Les dirigeants arabes assistant au 34ᵉ sommet de la Ligue arabe, à Bagdad, en Irak, le 17 mai 2025. (Crédit : Thaier Al-Sudani/Pool via AP)

« Et, bien sûr, nous sommes prêts à accueillir une force internationale – de protection, de maintien de la paix, peu importe le nom qu’on lui donne – qui sera là pour assurer la sécurité et la protection des Palestiniens. »

Ce programme de formation fait partie d’un plan de reconstruction de Gaza chiffré à 53 milliards de dollars, proposé en mars par Le Caire et adopté par la Ligue arabe et l’Organisation de coopération islamique (OCI), qui compte 57 membres. Ce plan visait à contrer l’annonce faite le mois précédent par le président américain Donald Trump, selon laquelle les États-Unis « prendraient le contrôle » de Gaza et relogeraient ses habitants.

Le plan de Trump avait suscité une vive réaction de la communauté internationale, des pays arabes et des membres des deux grands partis américains. Il ne s’y est d’ailleurs plus intéressé ces derniers mois. Cependant, certains dirigeants israéliens l’ont adopté comme modèle pour la réinstallation d’Israël à Gaza. Des députés ultranationalistes ont organisé la semaine dernière une conférence, présidée par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, sur l’annexion de la bande de Gaza par Israël et la création d’une « Côte d’Azur de Gaza ».

Lundi, le cabinet israélien a tenu une réunion au cours de laquelle les ministres auraient discuté de l’occupation de Gaza par Israël et de l’annexion officielle d’une partie de ce territoire, après l’échec des pourparlers au Qatar la semaine dernière sur un éventuel accord de cessez-le-feu à Gaza et la libération d’une partie des 50 otages détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich (à droite) assistant à une conférence de la Knesset sur la présence juive dans la bande de Gaza, à la Knesset, à Jérusalem, le 22 juillet 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Cette vision israélienne est en contradiction avec celle de l’Égypte et de la Ligue arabe, qui envisagent que l’Autorité palestinienne (AP), basée en Cisjordanie, gouverne Gaza après la guerre, afin de servir de tremplin à la création d’un futur État palestinien. La Ligue arabe a réaffirmé cette idée mardi lors d’une déclaration faite lors d’une conférence des Nations unies sur une solution à deux États pour Israël et les Palestiniens.

« Pour mettre fin à la guerre à Gaza, le Hamas doit renoncer à son autorité dans la bande de Gaza et remettre ses armes à l’Autorité palestinienne, avec l’engagement et le soutien de la communauté internationale, conformément à l’objectif d’un État palestinien souverain et indépendant », peut-on lire dans la déclaration de la Ligue arabe.

Le texte « condamne » l’attaque sans précédent du Hamas du 7 octobre 2023 – au cours de laquelle plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage, dont 50 sont toujours détenues, la plupart d’entre elles étant décédées, ayant entraîné les représailles israéliennes à Gaza -, ce que n’a jamais fait l’Assemblée générale de l’ONU. Il s’agit de la première condamnation de l’attaque par la quasi-totalité des pays arabes.

La déclaration condamne également « les attaques israéliennes contre les civils et les infrastructures civiles à Gaza, le siège et la famine, qui ont entraîné une catastrophe et une crise humanitaires dévastatrices ».

La pression internationale sur Israël s’est intensifiée ces dernières semaines à la suite d’informations largement relayées faisant état d’une famine à Gaza. En réponse, les pays européens ont menacé Israël de prendre diverses mesures. La France a déclaré qu’elle reconnaîtrait un État palestinien, tandis que le Royaume-Uni a indiqué qu’il ferait de même, sauf si Israël mettait fin à la guerre à Gaza et s’engageait sur la voie de la paix avec les Palestiniens.

Israël a rejeté la création d’un État palestinien, qu’il considère comme une récompense pour le Hamas après le pogrom du 7 octobre, affirmant qu’une telle reconnaissance éloignerait encore davantage la paix entre les deux parties.

Dans l’extrait de l’interview, Abdelatty déclare que l’Égypte reste déterminée à parvenir à un cessez-le-feu et tient des pourparlers quotidiens avec le Qatar et les États-Unis dans ce sens. Il accuse également Israël d’utiliser la nourriture comme une arme et affirme que la famine à Gaza est « d’une ampleur inimaginable ».

L’AFP a contribué à cet article.

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