Défilé annuel d’Israël à NY : Mamdani élude le sujet du « deux poids, deux mesures »
Sans aborder sa participation à la parade pakistanaise alors qu'il avait refusé de marcher pour Israël, le candidat à la mairie reconnaît que "certaines personnes se méfient" de lui
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Dans une interview publiée vendredi, le candidat à la mairie de New York, Zohran Mamdani, a éludé une question sur le « deux poids, deux mesures » qu’il a appliqué à la parade annuelle de la ville en soutien à Israël.
Mamdani a refusé de reconnaître Israël comme un État juif, affirmant qu’il ne « reconnaissait le droit d’aucun État à exister avec un système hiérarchique fondé sur la race ou la religion ».
Il avait également refusé de participer au grand défilé pro-Israël annuel de la ville, la Journée d’Israël, un événement majeur pour la communauté juive de la ville, qui se déroule chaque année sur la Cinquième Avenue et dans ses environs. Ce défilé est organisé par le Jewish Community Relations Council of New York et l’UJA-Federation of New York.
Mamdani a toutefois participé cette année à un défilé en faveur du Pakistan. La religion officielle du Pakistan est l’islam et les minorités religieuses y sont persécutées par des acteurs étatiques et non étatiques, selon le département d’État américain. Les minorités, telles que les chrétiens, sont persécutées en vertu de lois interdisant le blasphème contre l’islam.
La Jewish Telegraphic Agency a interrogé Mamdani sur le fait qu’il ait boycotté la marche en faveur d’Israël, tout en participant à celle pour le Pakistan, « un autre événement célébrant l’indépendance d’une nation étrangère qui intègre la religion dans sa gouvernance et qui est en conflit permanent avec son voisin ».
« Je suis impatient de participer – et d’organiser – de nombreux événements communautaires célébrant la vie juive à New York ainsi que la riche histoire et culture juives de notre ville », a déclaré Mamdani, avant de confirmer qu’il ne participerait pas à la marche pour Israël.
« Mon absence ne doit pas être interprétée comme un refus d’assurer la sécurité ou de délivrer les autorisations nécessaires. J’ai été très clair : je crois en l’égalité des droits pour tous, partout », a-t-il ajouté, sans aborder la question du « deux poids, deux mesures ».
Les maires de New York assistent chaque année depuis des décennies à la parade de la Journée d’Israël, aux côtés d’autres dirigeants locaux et régionaux.
Mamdani, un militant d’extrême gauche anti-Israël, est le grand favori pour remporter les élections de mardi, qui doivent désigner le prochain maire de la ville qui compte la plus grande population juive au monde en dehors d’Israël. Son principal rival, l’ancien gouverneur Andrew Cuomo, est un centriste pro-Israël. La candidature de Mamdani a alarmé une partie de la communauté juive, y compris certains des principaux rabbins du mouvement réformé de la Grosse Pomme.
Au cours de l’entretien, Mamdani a également été interrogé sur son soutien passé à la « non-normalisation », c’est-à-dire le refus de rencontrer des groupes pro-Israël. Alors qu’il était étudiant au Bowdoin College dans le Maine, Mamdani avait créé la section locale du groupe militant américain anti-Israël Students for Justice in Palestine (SJP).
La JTA a interrogé le candidat au sujet de la déclaration du dirigeant d’un groupe libéral pro-Israël de Bowdoin, qui affirmait que Mamdani avait refusé de le rencontrer en raison de son opposition à la normalisation. La JTA lui a demandé comment il percevait cette politique aujourd’hui et si elle affecterait ses relations avec les groupes juifs qui ne partagent pas son opinion sur Israël.
« J’ai eu l’honneur de rencontrer d’innombrables dirigeants et organisations juifs, dont beaucoup ont des opinions différentes des miennes sur Israël et le sionisme », a-t-il répondu.
« Je souhaite être le maire de tous les New-Yorkais et je me réjouis de rencontrer toute personne qui souhaite rendre la ville la plus chère des États-Unis abordable pour tous ceux qui y ont élu domicile. »
En tant que député représentant une partie du Queens, Mamdani a proposé une loi visant à retirer le statut d’organisme à but non lucratif aux associations caritatives ayant des liens avec les implantations israéliennes. Ses détracteurs ont déclaré que ce projet de loi visait en réalité la grande majorité des associations caritatives juives, car celles-ci font des dons à des groupes, comme des services sociaux, actifs au-delà de la Ligne verte, mais qui ne favorisent pas l’expansion de la présence juive.
Au cours de l’interview, il a réaffirmé cette position.
« Les organisations caritatives et à but non lucratif qui reçoivent des subventions des contribuables ne devraient pas soutenir la violation du droit international, or c’est précisément ce que fait le projet de colonisation de droite israélien », a-t-il déclaré.
Mamdani a également mis en avant son projet d’éducation juive dans les écoles publiques de la ville, ainsi que son plan de sécurité publique visant à assurer la sécurité des New-Yorkais juifs grâce à la création d’un département de la sécurité communautaire.
« Mon administration protégera les New-Yorkais juifs dans la rue, dans le métro et dans leurs synagogues », a-t-il affirmé.
Il a également pris acte des inquiétudes exprimées par certains membres de la communauté juive concernant sa candidature. Plus d’un millier de rabbins ont en effet ont signé le mois dernier une lettre dans laquelle ils mettaient en garde contre son antisionisme.
« J’espère qu’ils savent que, qu’ils me soutiennent ou soient d’accord avec moi ou non, je serai toujours un maire qui les protège, eux et leurs communautés. Je n’en veux pas à ceux qui se méfient de moi », a-t-il déclaré.
« J’espère prouver que je suis quelqu’un avec qui on peut nouer des relations, et non quelqu’un à craindre. »
la Communauté du Times of Israël !







