Le Hezbollah a publiquement dénoncé une vidéo qui a été diffusée par une chaîne de télévision libanaise – une vidéo qui caricaturait ses chefs et ses hommes armés en les présentant sous les traits des personnages du jeu mobile « Angry Birds », qualifiant ce clip « d’offensant ».
Sur les réseaux sociaux, les partisans du Hezbollah ont condamné ce qu’ils ont considéré comme une ridiculisation de leur chef Naim Qassem, qui est également un religieux chiite, certains réagissant en partageant des images insultantes à l’égard du patriarche maronite Beshara Rai, la plus haute autorité chrétienne au Liban.
La vidéo, qui a été diffusée hier par la chaîne LBCI, montre Qassem s’adressant à ses combattants — tous représentés sous la forme d’oiseaux issus du célèbre jeu vidéo — alors qu’ils combattent l’armée israélienne, dont les soldats sont incarnés par les cochons verts de la série.
Le Hezbollah a noté dans un communiqué que la vidéo contenait « des insultes offensantes et vulgaires qui rabaissent le discours politique à un niveau répugnant ».
Le groupe a appelé ses partisans à ne pas se laisser « entraîner » dans la controverse « orchestrée par les ennemis de la résistance ».
LBCI avait été fondée dans les années 1980 par les Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah. Cependant, la chaîne s’est distanciée du parti il y a plusieurs années et elle s’efforce depuis de présenter une image plus indépendante.
« Devant nos symboles sacrés et notre cheikh (Qassem), tous les symboles sacrés s’effondrent », a écrit un partisan du Hezbollah sur le réseau social X, faisant référence au patriarche maronite Rai.
Le président Joseph Aoun a, dans un communiqué, « condamné et rejeté toute attaque contre les chefs des communautés religieuses chrétiennes et musulmanes et les figures spirituelles au Liban ».
Il a également appelé le public « à s’abstenir de toute insulte personnelle, compte tenu des répercussions négatives de telles pratiques, en particulier dans le contexte actuel que traverse le pays, qui exige une large solidarité nationale ».
Malgré la relative liberté d’expression dont jouit le Liban par rapport à d’autres pays arabes, les médias, les artistes et les humoristes ont été victimes de harcèlement pour des œuvres jugées par certains comme offensantes envers des personnalités politiques ou religieuses.