Les pressions de Biden ont « saboté » les négociations sur les otages – Gal Hirsch
Les pressions exercées sur Israël ont donné à Sinwar "ce qu'il voulait" et l'espoir de pouvoir faire traîner les négociations pendant 10 ans, a dit le responsable des négociations sur les otages
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les pressions publiques qui ont été exercées sur Israël par l’administration Biden ont « saboté » les négociations et elles ont donné au chef du Hamas, Yahya Sinwar, « exactement ce qu’il voulait », a déclaré samedi Gal Hirsch, responsable gouvernemental chargé des négociations sur les otages, au Times of Israel.
Hirsch s’est également dit choqué que certaines manifestations israéliennes aient « amplifié » la propagande du Hamas pendant les pourparlers.
« Le soir où j’ai entendu parler de l’embargo sur les armes – ou ‘ne vous avisez pas d’entrer à Rafah’, toutes ces pressions – j’ai eu une conversation avec un très haut responsable américain alors que j’étais sur la route, au beau milieu de la nuit, entre Jérusalem et ici [à Bnei Brak] », raconte Hirsch.
« Je me souviens de cet appel extrêmement difficile. Je lui ai dit sans détour – je ne m’exprime généralement pas ainsi – : ‘Que faites-vous ? Vous avez des otages américains là-bas, des citoyens israélo-américains. Vous rendez-vous compte que vous êtes en train de saboter les négociations ? Vous êtes en train de donner à Sinwar exactement ce qu’il veut. De son point de vue, tout répit favorise la stratégie qui est la sienne depuis l’attaque du 7-Octobre et qui vise à obtenir des avancées politiques. Et c’est ce que vous êtes en train de faire’. »
Le Hamas, a-t-il affirmé, « a exploité le fossé entre nous et les États-Unis, les actions de l’ONU contre nous, les résolutions du Conseil de sécurité contre nous, les actions des États européens contre nous, l’embargo contre nous ».
Pour Hirsch, le Hamas « a agi pour créer une fracture au sein de la société israélienne grâce à une propagande très efficace et en créant une image inversée : ils ont fait obstruction, refusé de progresser dans les négociations et ils ont torpillé les accords, mais c’est à nous qu’ils ont attribué la responsabilité de torpiller les négociations et les accords ».
Le groupe terroriste, a-t-il ajouté, « a poussé la population israélienne à manifester. Chaque samedi après-midi, une vidéo d’un otage appelait à manifester, à descendre dans la rue ».
« La manière dont les messages du Hamas ont été reçus, ici en Israël, et amplifiés a été choquante », a poursuivi Hirsch.
La stratégie de Sinwar dans les négociations a consisté à les faire traîner, a-t-il affirmé. « Toutes ces histoires selon lesquelles nous refusions de faire avancer un accord, ce sont des mensonges. C’est le Hamas qui n’a pas cessé d’annuler et de retarder la mise en place d’un accord, dans le cadre d’une stratégie de négociation sur dix ans. Le changement est survenu lorsque Sinwar a été éliminé, tout comme Nasrallah ; l’axe iranien a souffert ; l’armée syrienne a été détruite ; les Houthis ont été touchés ; les Iraniens ont compris le message ; à Beyrouth, nous avons accompli des actions efficaces ; et nous avons mené une manœuvre profonde à l’intérieur de Gaza. »
« À ce stade, nous avons commencé à comprendre que le Hamas s’orientait vers un accord, car il réalisait qu’il n’avait plus rien sur quoi s’appuyer », explique Hirsch. « Jusqu’alors, la stratégie du Hamas consistait à exploiter les retombées politiques du 7-Octobre pour en tirer des avantages politiques. »
Selon Hirsch, l’échec de l’attaque menée en septembre 2025 contre les dirigeants du Hamas à Doha a été, rétrospectivement, un facteur clé qui a contraint le Hamas à conclure un accord : « Il est clair pour nous tous que le fait que le Hamas se soit rendu compte qu’il n’était à l’abri nulle part, et que les médiateurs aient compris que le bras d’Israël s’étendait partout, a eu un impact évident sur la conclusion de l’accord et sur le retour de tout le monde. »
S’il s’est dit conscient que la libération de terroristes en échange d’otages risquait de coûter la vie à des Israéliens à l’avenir, Hirsch a confié au Times of Israel que cela doit être fait, malgré tout.
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