Elizabeth Tsurkov, captive en Irak récemment libérée, de retour en Israël mercredi
La diplômée enlevée en 2023 par une milice pro-iranienne sera traitée comme les otages libérés de Gaza ; des prisonniers irakiens seront libérés en échange selon un rapport libanais
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Elizabeth Tsurkov, une chercheuse israélo-russe enlevée à Bagdad en 2023, a été libérée et se trouve actuellement à l’ambassade des États-Unis à Bagdad, ont annoncé mardi les autorités irakiennes et le président américain Donald Trump.
Selon les médias israéliens, elle devrait être rapatriée par avion en Israël mercredi après-midi. Elle sera ensuite conduite à l’hôpital, conformément à un protocole similaire à celui appliqué aux personnes de retour de captivité à Gaza après avoir été détenues par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Irina, la mère de Tsurkov, a déclaré à la radio de l’armée après avoir appris la libération de sa fille : « Je deviens folle. Folle de joie. Folle de bonheur. Il y a près de deux ans et demi que j’attends ce moment. »
Et la mère de l’ancienne captive d’ajouter qu’elle « espère que toutes les familles de nos otages recevront une nouvelle identique » à celle qu’elle a reçue annonçant la libération de sa fille, « et que tous les otages seront bientôt relâchés ».
Tsurkov, qui possède également la nationalité russe, était alors étudiante à l’université de Princeton. Elle a été enlevée par la milice Kataeb Hezbollah le 21 mars 2023, alors qu’elle effectuait des recherches en Irak. Le groupe terroriste, soutenu et financé par la République islamique d’Iran, l’a accusée d’espionnage pour le compte d’Israël, une accusation que l’État juif et sa famille ont fermement démentie.
La vidéo de quatre minutes diffusée par Kataeb Hezbollah en novembre 2023 a constitué, a affirmé la mère de la chercheuse, l’unique signe de vie qu’elle avait reçu de sa fille.
« Depuis, plus rien. Je n’ai reçu aucune nouvelle. Jusqu’à aujourd’hui. »
« Je sais que [le président américain Donald] Trump lui-même et son entourage ont travaillé très dur et déployé de nombreux efforts pour obtenir sa libération. C’est maintenant à mon tour de leur adresser tous mes remerciements », a-t-elle ajouté.
Interrogée sur ce qu’elle souhaitait dire en premier à sa fille, à qui elle n’avait pas encore parlé au moment de l’interview, Irina a répondu : « Que j’ai attendu ce moment avec une immense impatience, que je l’aime énormément, et que je me suis fait beaucoup de souci pour elle. Tout le monde s’est inquiété, mais je me suis plus inquiétée que les autres, c’est normal. »
« Les sentiments d’une mère sont quelque chose de spécial, de très fort », a-t-elle poursuivi, manifestement émue.
« Je suis tellement heureuse en ce moment. C’est incroyable. Wow. À tel point que je ne trouve pas de mots, dans aucune langue, pour exprimer ma joie. »
Tsurkov « vient juste d’être libérée » par le Kataeb Hezbollah, une influente milice chiite irakienne pro-Iran. Même si tous les détails sur sa captivité n’ont pas encore été révélés, elle a « été torturée pendant de nombreux mois », a écrit Trump sur son réseau social Truth Social.
« À l’issue des efforts considérables déployés par nos services de sécurité pendant plusieurs mois, nous annonçons la libération de la citoyenne russe Elizabeth Tsurkov », a écrit de son côté sur le réseau social X le Premier ministre irakien, Mohammed Chia al-Soudani.
Le porte-parole militaire du Premier ministre, Sabah al-Noumane, a ensuite précisé que « les autorités avaient réussi, le 9 septembre, à localiser et à atteindre le lieu de sa détention ».
Ce porte-parole a attribué l’enlèvement à un « groupe de hors-la-loi », sans donner de nom, et affirmé que les forces de sécurité irakiennes « continueront à poursuivre tous ceux qui sont impliqués dans ce crime ».
« Passionnée des droits humains »
Tsurkov a été remise à l’ambassade des États-Unis à Bagdad « pour faciliter ses retrouvailles avec sa sœur, une citoyenne américaine », a ajouté Noumane.
Tsurkov, doctorante à l’université américaine de Princeton, est également membre du New Lines Institute for Strategy and Policy, un influent groupe de réflexion sur les relations internationales basé à Washington. Elle avait disparu en Irak en mars 2023.
Spécialisée dans les conflits au Moyen-Orient, principalement en Irak et en Syrie, elle était très active sur les réseaux sociaux, où elle comptait des dizaines de milliers d’abonnés, et se décrivait comme « passionnée par les droits humains ».
À Bagdad, dans le cadre de ses recherches, elle s’était intéressée aux factions pro-Iran et au mouvement du leader chiite irakien Moqtada al-Sadr.
Selon une source des services de renseignement irakiens interrogée par l’AFP en 2023, elle avait été enlevée alors qu’elle quittait un café du quartier de Karrada, dans la capitale irakienne.
En juillet 2023, Israël avait révélé la disparition de Tsurkov, assurant qu’elle était retenue par la milice chiite des Kataeb Hezbollah, laquelle avait alors laissé entendre qu’elle n’était pas responsable de l’enlèvement.
Même si les Kataeb Hezbollah n’ont pas revendiqué son enlèvement, une source au sein du groupe terroriste a déclaré mardi à l’AFP que Tsurkov avait « été libérée selon certaines conditions, la plus importante étant de faciliter le retrait des forces américaines sans combat et d’épargner à l’Irak tout conflit ou affrontement ».
« Elle a été libérée, et non délivrée. Aucune opération militaire n’a été menée pour la libérer », a ajouté cette source.
« Nous sommes impatients de revoir Elizabeth et de lui donner tout l’amour que nous avons attendu pendant 903 jours », a écrit sur les réseaux sociaux la sœur de l’ex-otage, Emma Tsurkov.
Tsurkov recevra les mêmes soins que les otages de retour de Gaza
À son retour en Israël, Tsurkov, 38 ans, sera conduite à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, a rapporté le site d’information Ynet.
Elle y sera prise en charge selon un protocole similaire à celui appliqué aux otages de retour de la bande de Gaza, dont la plupart ont été enlevés lors de l’assaut barbare et sanglant du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre en cours.
Les personnes ayant été détenues à Gaza ont été hospitalisées dans des services spéciaux, où elles peuvent retrouver leurs familles et se rétablir progressivement, avec l’aide d’un suivi médical et psychologique.
Tsurkov a été remise mardi à l’ambassade des États-Unis à Bagdad.
Selon un haut responsable américain cité par la chaîne N12, la libération de Tsurkov avait surpris l’ambassade, qui avait alors appelé Washington afin de vérifier si elle disposait bien de l’autorisation de l’accueillir. En effet, la chercheuse, contrairement à sa sœur qui avait fait pression sur les États-Unis pour qu’ils exigent sa libération, n’a pas la nationalité américaine.
« L’ambassade a reçu un appel téléphonique des services de sécurité irakiens, qui ont simplement demandé s’ils pouvaient amener Elizabeth », a indiqué le responsable. L’ambassade a immédiatement obtenu le feu vert pour l’accueillir, selon le responsable. Moins d’une heure plus tard, elle était là.
D’après ce même responsable, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec Trump après la libération de Tsurkov, le remerciant pour son implication dans la libération de Tsurkov.
Netanyahu a attribué la libération de Tsurkov au « travail d’équipe mené par Gal Hirsch, coordinateur pour les otages et les personnes disparues, qui a nécessité de nombreux mois et d’énormes efforts ».
Israël « continuera à se battre avec force et détermination jusqu’à ce que tous nos otages soient rentrés chez eux, les vivants comme les morts », faisant référence aux 48 otages toujours retenus par des groupes terroristes palestiniens à Gaza.
Dans une déclaration distincte, Hirsch a annoncé s’être entretenu avec Tsurkov, qui lui avait confié que « pendant sa captivité, elle était au courant et avait entendu parler de nos efforts pour la ramener. C’est un moment inestimable ».
Le président Isaac Herzog a pour sa part publié un message en anglais sur X : « Je remercie tous ceux qui ont contribué à la libération d’Elizabeth ainsi que tous ceux qui, dans le monde entier et en Israël, se sont battus pour sa liberté. Je tiens tout particulièrement à remercier tous nos partenaires, et notamment le président américain Donald Trump pour son engagement en faveur de sa libération. »
Des prisonniers irakiens relâchés en échange, des négociations en cours pour d’autres
Selon la chaîne publique Kan, aucune concession n’a été demandée à Israël en échange de la libération de Tsurkov, dont les circonstances restent floues.
Selon des informations publiées par le média libanais al-Jadeed, en échange de la libération de Tsurkov, plusieurs prisonniers irakiens seront libérés. Des négociations se tiendront également sur la libération éventuelle du terroriste chiite libanais du Hezbollah Imad Amhaz, capturé par les commandos israéliens en novembre 2024 dans le nord du Liban, ainsi que de cinq autres détenus, parmi lesquels des Iraniens.
Amhaz était considéré comme une « importante source de connaissances » dans la force navale du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. Même si leurs noms sont similaires et généralement alignés, le Hezbollah n’a pas de lien avec la milice irakienne qui a enlevé Tsurkov, Kataeb Hezbollah.
Une source de la milice Kataeb Hezbollah, s’adressant à l’AFP, a rapporté que Tsurkov « avait été relâchée conformément à certaines conditions, la plus importante étant de faciliter le retrait des forces américaines sans combat, et d’épargner à l’Irak tout conflit ou affrontement ».
Les États-Unis et l’Irak avaient déjà annoncé que la coalition anti-Daech mettrait fin à sa mission militaire, qui dure depuis dix ans, dans l’Irak fédéral en 2025, et d’ici septembre 2026 dans la région autonome du Kurdistan, au nord du pays.
Depuis le début de la guerre à Gaza, les forces américaines en Irak et en Syrie voisine ont été prises pour cible à plusieurs reprises par Kataeb Hezbollah et par d’autres milices pro-Iran.
Les États-Unis ont riposté par des frappes massives visant des cibles liées à Téhéran, mettant ainsi fin aux attaques.
Interrogé sur la radio de l’armée sur la question de savoir si l’État juif était effectivement responsable de la libération de Tsurkov et ne s’attribuait pas le mérite d’une victoire des États-Unis, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a répondu : « Nous avons certainement participé à différents efforts, non pas seuls mais avec d’autres partenaires. Mais cette question figurait en tête de nos priorités. »
Et sur le fait de savoir si Israël avait, par exemple, donné des garanties qu’il ne poursuivrait pas les dirigeants de la milice Kataeb Hezbollah, Danon a confié ne pas être au courant, avant de préciser : « Mais même si je le savais, je ne vous le dirais pas. »
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