L’UE sanctionne les membres du Bureau politique du Hamas et 4 groupes pro-implantations
Les 27 accusent Khaled Mashaal et 9 autres responsables du groupe terroriste "d'encourager et de cautionner la violence" ; une mesure prise au lendemain de la confirmation des sanctions visant des groupes de résidents d'implantations
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L’Union européenne (UE) a adopté jeudi de nouvelles sanctions à l’encontre du Hamas et du Jihad islamique palestinien, au lendemain de la décision du bloc de sanctionner certains Israéliens partisans du mouvement pro-implantations.
« L’UE a pris la décision d’étendre la portée de ses mesures restrictives visant le Hamas et le Jihad islamique palestinien afin d’inclure les membres du Bureau politique du Hamas (Politburo) qui encouragent, cautionnent et justifient les actes de violence. L’UE a également inscrit sur sa liste 10 membres du Politburo à titre individuel », peut-on lire dans un communiqué.
Cette décision marque un tournant dans la politique de l’UE. En effet, les hauts responsables du Bureau politique, l’organe décisionnel suprême du Hamas, échappaient depuis longtemps aux sanctions de l’UE, qui se limitaient à la branche armée du mouvement.
« Les membres du Bureau politique jouent un rôle important dans le processus décisionnel, et exercent une influence considérable sur les actions de la branche armée du Hamas, et notamment sur ses actions violentes. Ils en assument donc la responsabilité globale », indique le communiqué de l’UE.
Parmi les individus visés figurent des hauts responsables du Hamas : Khaled Meshaal, Nizar Awadallah, Mohammad Nazzal, Husam Badran, Khalil Al-Hayya, Muhammad Darwish, Zaher Jabarin, Abu Khalil Al Quds, Fathi Hamad et Moussa Abu Mazrouk.
Les personnes citées comptent parmi les plus hauts dirigeants du Hamas encore en vie. La plupart opèrent depuis le Qatar.
Meshaal, ancien chef du bureau politique, aurait été élu à la tête du mouvement lors de récentes élections internes. Al-Hayya, ancien adjoint du défunt chef du Hamas Yahya Sinwar, a quant à lui dirigé l’équipe de négociation du groupe terroriste dans le cadre des pourparlers sur le cessez-le-feu et la libération des otages depuis l’invasion et le pogrom perpétrés par le mouvement le 7 octobre 2023.
Selon certaines informations, Al-Hayya a été récemment élu à la tête du Hamas à Gaza. Jabarin a pour sa part été choisi pour diriger le groupe en Cisjordanie. Les deux hommes occupaient déjà ces fonctions en l’absence de tout processus électoral, suite aux assassinats ciblés par Israël de Sinwar et de Saleh al-Arouri, respectivement.
Parmi les restrictions énumérées dans le cadre des sanctions, une interdiction d’entrée sur le territoire et un gel des avoirs, lequel inclut l’interdiction de mettre des fonds ou des ressources économiques à la disposition de personnes visées, que ce soit directement ou indirectement, selon le communiqué de l’UE.
Dans un communiqué publié samedi, le Hamas a condamné cette mesure. Le groupe terroriste a accusé Bruxelles d’ignorer les « violations avérées du droit international » commises par Israël, et a réaffirmé son objectif de créer un État palestinien avec Jérusalem pour capitale.
L’extension des sanctions fait suite à un accord politique conclu entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE le 11 mai, lequel prévoyait également des sanctions contre les organisations de partisans israéliens du mouvement pro-implantations « extrémistes et violentes » et leurs dirigeants.
Cet accord du 11 mai a été vivement condamné par les dirigeants et responsables politiques israéliens, notamment par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a accusé l’Union européenne de « mettre sur un pied d’égalité les citoyens israéliens et les terroristes du Hamas ».
À l’époque, un responsable de l’UE avait déclaré au Times of Israel que la décision d’imposer des sanctions au Hamas n’avait pas été prise ce jour-là dans le but d’établir une quelconque comparaison. Il s’agissait en réalité d’une condition posée par certains États membres en échange de leur soutien aux sanctions contre les résidents d’implantations.
Jeudi également, l’UE a officiellement nommé les entités et les personnes concernées par les sanctions suite aux exactions commises à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie.
Un communiqué de l’UE publié jeudi a confirmé que des sanctions seraient prises à l’encontre de l’ONG israélienne Regavim et de son directeur, Meir Deutsch, « suite à la destruction de biens palestiniens dans le but d’étendre le contrôle d’Israël à l’ensemble de la Cisjordanie ».
Elle a également indiqué que l’ONG Hashomer Yosh et son ancien président, Avichai Suissa, seraient sanctionnés pour les actions de l’organisation visant à « apporter son soutien à au moins 28 avant-postes et implantations violents » ainsi que pour le rôle joué par Suissa dans la « promotion et l’incitation à commettre de graves violations des droits de l’homme en Cisjordanie ».
Le communiqué a par ailleurs confirmé que le mouvement pro-implantations Nachala et sa dirigeante, Daniella Weiss, feront l’objet de sanctions pour des « actes coercitifs conduisant au déplacement forcé de Palestiniens ». Les avant-postes de Nachala représentent une « source persistante de violence de la part des résidents d’implantations », a-t-il ajouté.
Enfin, le Conseil de l’UE a fait savoir qu’il sanctionnait l’organisation pro-implantations Amana, qui, dit-il, a « joué un rôle central dans la création, le financement et la promotion d’au moins 30 avant-postes et implantations violents » ayant entraîné « des déplacements massifs » et « la spoliation de biens palestiniens ».
Nurit Yohanan et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.
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