Trump menace à nouveau l’Iran de « l’enfer » en cas de répression meurtrière
Le président américain affirme ne pouvoir "tenir personne pour responsable" des morts déjà signalées et exclut pour l’instant une rencontre avec le prince héritier en exil
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Le président américain Donald Trump a réitéré jeudi sa menace de représailles contre l’Iran si la République islamique s’en prenait aux manifestants descendus en masse dans les rues ces deux dernières semaines pour protester contre le régime.
Ses déclarations sont intervenues alors que les manifestations les plus importantes depuis près de deux semaines se poursuivaient en Iran, sur fond de coupures d’Internet et d’un alourdissement du bilan de la répression.
« Je leur ai fait savoir que s’ils commençaient à tuer des gens, comme ils ont tendance à le faire lors de leurs émeutes… nous allions les frapper très fort », a affirmé Trump dans une interview accordée à l’animateur de radio conservateur Hugh Hewitt.
Lorsque Hewitt a souligné que des dizaines de personnes avaient déjà été tuées lors des manifestations, Trump a répondu que certains décès étaient dus à des bousculades et n’étaient pas nécessairement imputables aux forces de l’ordre.
« Je ne suis pas sûr de pouvoir nécessairement tenir quelqu’un pour responsable de cela, mais… on leur a dit très clairement – encore plus clairement que je ne vous le dis en ce moment – que s’ils faisaient cela, ils allaient le payer très cher », a ajouté le président.
Trump avait déjà formulé une menace similaire vendredi dernier, avertissant que si l’Iran « tuait violemment des manifestants pacifiques », les États-Unis « viendraient au secours » de ces derniers.
Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début du mouvement le 28 décembre, selon des groupes de défense des droits humains jeudi.
Invité par Hugh Hewitt, dans son émission de radio, à adresser un message de soutien aux manifestants anti-régime en Iran, Trump a déclaré : « Il faut être profondément attaché à la liberté… Vous êtes des gens courageux. C’est une honte, ce qui est arrivé à votre pays. Votre pays était un grand pays. »
Les manifestants déjà en colère en Iran ont été encore galvanisés jeudi par l’appel lancé depuis l’étranger par le prince héritier en exil, invitant la population à descendre dans la rue.
La réponse à cet appel, suivi par des milliers de personnes criant depuis leur domicile ou se rassemblant à l’extérieur, a constitué un premier test de la capacité du prince héritier Reza Pahlavi à influencer la population iranienne. Son père, le dernier shah, avait fui le pays peu avant la révolution islamique de 1979.
Les manifestations ont donné lieu à des slogans de soutien au Shah. Si de tels cris avaient pu valoir la peine de mort par le passé, ils illustrent aujourd’hui l’ampleur de la colère populaire, initialement déclenchée par le marasme économique.
Interrogé sur la possibilité de rencontrer Pahlavi, le président américain a indiqué qu’il n’envisageait pas cette option pour l’instant.
« Je l’ai observé, il semble être une personne sympathique, mais je ne suis pas sûr que ce soit approprié à ce stade », a déclaré Donald Trump. « Je pense qu’il faut laisser tout le monde s’exprimer et voir qui émerge. »
Jeudi également, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a exprimé les préoccupations de Washington face à la répression violente des manifestations anti-régime par Téhéran.
« L’économie iranienne est au bord du gouffre », a déclaré Bessent devant l’Economics Club of Minnesota, évoquant une inflation élevée et d’autres difficultés auxquelles la République islamique est confrontée, en partie, en raison des sanctions américaines.
« C’est un moment extrêmement précaire », a-t-il ajouté, en référence aux menaces de représailles formulées par Trump. « Il ne veut pas qu’il y ait davantage de victimes parmi les manifestants. La situation est extrêmement tendue. »
Bessent a estimé qu’il était clair que « ce qui était une société prospère, capable de maintenir un niveau de vie élevé, est en train de s’effondrer », en grande partie sous l’effet des sanctions.
Les manifestations actuelles sont les plus importantes en Iran depuis 2022, lorsque la mort en détention de Mahsa Amini, âgée de 22 ans, avait déclenché une vague de protestations à l’échelle nationale.
L’Iran a connu plusieurs mouvements de contestation ces dernières années. Alors que les sanctions se sont durcies et que le pays était fragilisé après sa guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, la monnaie iranienne, le rial, s’est effondrée en décembre, atteignant environ 1,4 million pour un dollar. Les manifestations ont éclaté peu après, accompagnées de slogans visant la théocratie au pouvoir.
Avant la révolution islamique de 1979, le rial était relativement stable, s’échangeant à environ 70 pour un dollar. En 2015, au moment de la conclusion de l’accord nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales, un dollar valait environ 32 000 rials. Dans le cadre des manifestations actuelles, de nombreux commerces ont fermé leurs portes à travers le pays.
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