L’armée israélienne est en train de prendre une série de mesures visant à empêcher une escalade de la violence en Cisjordanie, notamment par des manœuvres surprises à grande échelle et par l’assouplissement des restrictions à l’entrée des Palestiniens, au moment où des responsables mettent en garde contre l’impasse des pourparlers de paix qui pourrait mener à une nouvelle confrontation.

Une source militaire qui a requis l’anonymat a indiqué dans l’hebdomadaire de l’armée Bamahane qu’une confrontation explosive dans la région – compte tenu des résultats des élections – était possible, mais a souligné que l’armée et l’Autorité palestinienne sont engagées dans différentes mesures préventives pour contrecarrer l’éruption d’un troisième Intifada.

« À compter d’aujourd’hui, le front palestinien a, sans aucun doute, le plus grand potentiel explosif, affirme la source. Il y avait des attentes que les choses changent pour les Palestiniens après les élections. Le résultat des élections risque de soulever des réactions difficiles des deux côtés de l’échiquier politique, dans les deux sens. »

À la lumière de la menace d’une escalade, l’armée évite les affrontements avec des manifestants palestiniens et les pertes inutiles, a supprimé certains barrages routiers en Cisjordanie et accordé plus de permis d’entrée aux Palestiniens en Israël, « afin de ne pas perdre le contrôle sur le terrain », a déclaré le responsable militaire.

L’armée a reçu l’autorisation d’accorder 10 000 nouveaux permis d’entrée en Israël pour les travailleurs palestiniens.

Par ailleurs, a ajouté l’officier, l’armée israélienne et l’Autorité palestinienne continuent à coopérer sur « une base quotidienne » dans l’exécution de raids contre des cellules terroristes du Hamas. L’Autorité palestinienne a menacé à plusieurs reprises de couper la coopération sécuritaire avec Israël, mais ne l’a pas encore fait.

L’armée a également effectué un exercice d’entraînement massif il y a quelques semaines en Cisjordanie, qui, selon l’hebdomadaire de l’armée, était le plus important depuis une décennie – un signe possible d’inquiétude vis-à-vis de l’accroissement des tensions.

L’officier a déclaré que l’exercice surprise a été une « réussite » et qu’il « a testé la préparation de l’armée en vue d’une grave escalade, une situation qui – sur la base des évaluations – semble très pertinente ».

D’autres médias israéliens ont écrit lundi que c’était le gel des taxes imposées à l’Autorité palestinienne – et non les élections de la semaine dernière – qui a été le facteur de déstabilisation en Cisjordanie.

Haaretz a rapporté que l’armée israélienne menait différents exercices pour faire face à un soulèvement possible, mais a noté que l’armée ne prévoit pas nécessairement une escalade dans un avenir proche.

L’article confirme que l’Autorité palestinienne continue de travailler avec Israël pour déjouer toutes les cellules terroristes – que ce soit le Hamas ou, plus récemment, les Tanzim, l’aile militaire du Fatah qui avait été longtemps en sommeil.

Israël a gelé les transferts fiscaux à l’Autorité palestinienne l’année dernière, une mesure punitive après que Ramallah a initié une série de gestes unilatéraux en vue d’une reconnaissance internationale.

Des sources de l’Autorité palestinienne ont déclaré que le gel avait créé un déficit budgétaire massif. Selon le site Ynet, depuis le gel des taxes, les fonctionnaires palestiniens n’ont reçu qu’environ 60 % de leurs salaires mensuels.

Les inquiétudes face à une troisième Intifada ont atteint un sommet à la fin de 2014, alors que les tensions sur le mont du Temple ont dégénéré en une série d’attaques palestiniennes et une répression israélienne à Jérusalem et dans certaines parties de la Cisjordanie.

Les tensions s’apaisèrent cependant, cédant la place à plusieurs mois de calme précaire.

Lundi également, Ynet a écrit que l’armée avait remanié son unité spécialisée dans la guerre chimique qui dépend du commandement de la Défense passive, au vu de la réduction de la crainte de guerre non conventionnelle.

La décision a été prise en considérant que le stock d’armes chimiques syrien avait été détruit, réduisant ainsi la menace d’une attaque contre Israël avec des armes non conventionnelles.