Le Hamas a récemment envoyé une série de messages à Israël révélant qu’ils sont intéressés par un cessez-le-feu qui durerait plusieurs années, en échange de la levée du blocus israélien sur la bande de Gaza.

De hauts responsables du Hamas ont rencontré des diplomates occidentaux à propos du cessez-le feu. Ils sont également parvenu à un certain nombre d’accords sur la nature du cessez-le-feu, aussi connu sous le nom de tahdiyya.

Au cours des entretiens, les responsables du Hamas ont souligné qu’ils étaient prêts à accepter un cessez-le-feu d’au moins cinq ans (bien que certaines sources ont indiqué que l’offre était de 15 ans), période pendant laquelle toutes les activités militaires « au-dessus et en dessous du sol » des deux parties prendraient fin.

Dans le même temps, le blocus de Gaza serait levé, ainsi que les restrictions sur les exportations, et Israël autoriserait la construction d’un port et d’un aéroport.

Les diplomates occidentaux, dont le représentant sortant des Nations unies pour le processus de paix, Robert Serry, et le consul suisse Paul Garnier, qui est devenu le personnage clé dans le maintien des contacts avec le Hamas, ont participé aux négociations de cette offre.

Garnier s’est rendu à Gaza il y a un mois, et a rencontré plusieurs dirigeants du Hamas, y compris Moussa Abu Marzouk, Bassem Naim, Ghazi Hamid et d’autres.

Garnier a présenté ces conditions aux hauts fonctionnaires de l’UE qui sont en contact avec les dirigeants israéliens.

Un responsable israélien a confirmé que la proposition a été présentée à des responsables israéliens.

Le document rédigé par le Hamas remis à l'envoyé du quartet Tony Blair où l'organisation propose un cessez-le-feu à Israël (Crédit : Avi Issacharoff/Times of Israel)

Le document rédigé par le Hamas remis à l’envoyé du quartet Tony Blair où l’organisation propose un cessez-le-feu à Israël (Crédit : Avi Issacharoff/Times of Israel).

Dans des négociations avec d’autres diplomates, le Hamas a présenté des termes différents pour un cessez-le-feu avec Israël. Un des projets d’accord est parvenu aux mains du Times of Israel, et comporte les clauses suivantes :

1) Toutes les formes de conflit militaire entre Israël et les Palestiniens cesseront.

2) Israël s’engage à lever le blocus de Gaza, et cela comprend : l’ouverture de tous les passages autour de la bande de Gaza ; permettant ainsi l’importation et l’exportation sans entraves de Gaza ; permettant la construction d’un port et d’un aéroport.

3) Le tahdiyya (cessez-le-feu) durera entre trois et cinq ans à compter du moment où l’accord sera signé, mais les deux parties finaliseront la durée exacte de la trêve.

Le document rédigé par le Hamas remis à l'envoyé du quartet Tony Blair où l'organisation propose un cessez-le-feu à Israël (Crédit : Avi Issacharoff/Times of Israel)

Le document rédigé par le Hamas remis à l’envoyé du quartet Tony Blair où l’organisation propose un cessez-le-feu à Israël (Crédit : Avi Issacharoff/Times of Israel)

Un haut responsable du Hamas a confirmé au Times of Israel qu’un certain nombre de réunions ont été tenues entre les dirigeants de l’organisation et un certain nombre de personnages importants, y compris des hommes d’affaires et des diplomates.

Il a indiqué que le Hamas « ne s’opposerait pas » à un cessez-le-feu à long terme si le blocus était levé, et que l’organisation a conscience qu’aucun accord ne serait signé avant les élections du 17 mars.

En outre, quelques jours après la dernière visite de Garnier à Gaza, le 15 février, le Hamas a transmis au représentant du Quartet Moyen-Orient, Tony Blair, un document en langue anglaise qui peint un tableau apparemment modéré. Lors de la visite, Blair a rencontré des hommes d’affaires de Gaza qui lui ont donné le document au nom du Hamas.

Le document rédigé par le Hamas remis à l'envoyé du quartet Tony Blair où l'organisation propose un cessez-le-feu à Israël (Crédit : Avi Issacharoff/Times of Israel)

Des passages du document rédigé par le Hamas (Crédit : Avi Issacharoff/Times of Israel).

Le document, présenté ici pour la première fois, comprend des positions très modérées pour le Hamas :

1) Le Hamas ne s’opposera pas à la création d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale, tout en ne renonçant pas au droit au retour des réfugiés palestiniens. (Cette formulation n’inclut pas une fin du conflit ou des revendications contre Israël, mais n’exige pas non plus un droit de retour.)

2) Le Hamas voudrait maintenir le calme, et veut voir les questions du port et de l’aéroport résolues par des négociations indirectes.

3) Le Hamas est lié par l’accord de réconciliation palestinienne et d’autres accords de réconciliation.

4) Le Hamas est intéressé à l’amélioration des relations avec la communauté internationale, et aimerait discuter avec elle de toutes les questions liées à la stabilité et à la paix internationale.

5) Le Hamas exige que le blocus soit levé.

6) Le Hamas exige que les passages frontaliers soient ouverts et que la reconstruction de la bande de Gaza soit accélérée.

Selon des sources palestiniennes, Blair a passé le message à un haut diplomate américain. Le responsable du Hamas a déclaré qu’aucune réaction israélienne à ces idées n’a été révélée et qu’il attend une réponse après les élections.