Abbas fixe les élections législatives palestiniennes au 28 novembre – premier scrutin en 20 ans
Ce scrutin interviendra dans un contexte marqué par les appels à la réforme lancés par les alliés européens et par des critiques croissantes concernant la corruption de Ramallah
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RAMALLAH — Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a publié jeudi un décret qui a fixé la date des élections législatives au 28 novembre 2026. Si elles ont lieu, ce sera le premier scrutin de ce type depuis deux décennies.
Les dernières élections législatives dans les territoires palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza avaient eu lieu en 2006. Le Hamas l’avait alors emporté, battant le Fatah de Mahmoud Abbas, qui dominait auparavant la scène politique palestinienne.
En conséquence, le Conseil législatif palestinien – le parlement de l’Autorité palestinienne qui est dirigée par Abbas – ne s’est plus réuni depuis 2007.
« Le décret présidentiel appelle le peuple palestinien de Jérusalem, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza à participer à des élections législatives libres et directes dans le but d’élire les membres du Conseil législatif palestinien à la date indiquée », a rapporté l’agence de presse officielle WAFA, citant le décret.
La tenue de ce scrutin s’inscrit dans le cadre des réformes qui ont été exigées par la communauté internationale – notamment par l’Union européenne, qui soutient financièrement l’Autorité palestinienne basée à Ramallah.
Abbas, âgé de 90 ans, avait remporté la dernière élection présidentielle palestinienne en 2005 avec un mandat de quatre ans – ce qui signifie que son mandat aurait dû normalement expirer en 2009.
Ce mandat avait toutefois été prolongé et aucune élection présidentielle n’a eu lieu depuis, Abbas gouvernant par décret présidentiel, ce qui lui a valu des critiques au niveau national comme au niveau international.
Ghassan Khatib, professeur de sciences politiques à l’université de Birzeit, confie qu’il pense qu’Abbas est désormais déterminé à organiser des élections pour des raisons nationales et internationales.
« Tout le monde a le sentiment que la légitimité palestinienne s’est érodée en raison de la longue période qui s’est écoulée depuis la tenue des dernières élections », dit Khatib à l’AFP, évoquant un « fossé qui s’est creusé entre la population et les dirigeants ainsi qu’un besoin de ‘sang nouveau’ au sommet » de la hiérarchie politique.
« L’absence d’un conseil législatif depuis si longtemps a entraîné des dommages considérables au système politique », ajoute-t-il.
L’Autorité palestinienne a fait l’objet de critiques généralisées concernant sa corruption, sa stagnation et sa perte de légitimité – les bailleurs de fonds conditionnant de plus en plus leur soutien financier et diplomatique à la mise en œuvre de réformes, notamment en matière de gouvernance locale.
Défis logistiques
En 2021, Abbas avait annoncé l’organisation d’élections législatives et présidentielles. Elles devaient alors se tenir respectivement au mois de mai et au mois de juillet de la même année.
Elles avaient ensuite été reportées sine-die en raison de l’absence de garanties quant à la possibilité de mettre en place le scrutin à Jérusalem-Est. La partie orientale de la ville sainte a été annexée par Israël.
Au mois d’avril dernier, les Palestiniens se sont rendus aux urnes pour élire les présidents des conseils municipaux en Cisjordanie. C’était le tout premier scrutin depuis le début de la guerre de Gaza, au mois d’octobre 2023.
Khatib explique que le principal obstacle à la tenue d’élections, ce sont les difficultés logistiques qui découlent des mesures qui ont été mises en place par Israël dans la bande de Gaza, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
Dans le cadre du cessez-le-feu qui a été négocié par les États-Unis au mois d’octobre 2025, un comité technocratique a été formé pour gouverner Gaza en remplacement du Hamas – mais il n’est pas encore entré sur le territoire palestinien. Le groupe terroriste a annoncé lundi qu’il allait dissoudre son administration à Gaza en vue du transfert éventuel des pouvoirs au comité technocratique.
Khatib ajoute que la communauté internationale a la responsabilité « d’exercer des pressions sur Israël pour qu’il crée un environnement propice, ou tout du moins, pour qu’il s’abstienne de prendre des mesures qui entraveraient ces élections ».
« Israël cherche à se débarrasser de l’Autorité palestinienne, et comme les élections redonneraient de la force et de la légitimité à l’Autorité, cela va à l’encontre de ce que vise Israël », dit-il.
Il s’attend toutefois à ce qu’Israël « fasse obstacle à la tenue de ces élections de diverses manières ».
Au mois de juin, Abbas a annoncé que des élections présidentielles auraient lieu au début de l’année 2027. Il n’a pas précisé s’il se présenterait.
Khatib dit ne pas être convaincu que les élections législatives soient en mesure d’entraîner un changement politique majeur, et il juge peu probable la perspective d’un Hamas, le rival du Fatah, qui réaliserait des gains significatifs.
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