Israël rend hommage aux victimes de la Shoah dans l’ombre de la guerre
La cérémonie officielle à Yad Vashem s'est tenue sans public en raison des combats contre le Hezbollah et du cessez-le-feu avec l'Iran ; La Marche des Vivants a eu lieu en Pologne en l'absence de nombreux Israéliens
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Mardi matin, la sirène commémorative a retenti pendant deux minutes à travers tout Israël, mettant le pays à l’arrêt à l’occasion de la Journée du souvenir de la Shoah – une journée qui a été émaillée de cérémonies et d’événements officiels, avec en surplomb la guerre contre le Hezbollah au Liban et le fragile cessez-le-feu avec l’Iran.
Comme il est de coutume en Israël lors de cette journée du souvenir, les automobilistes se sont immobilisés et ils sont sortis de leur voiture. Pour leur part, les piétons se sont figés, silencieux et immobiles, jusqu’à l’extinction de la sirène.
Après la sirène, la plus importante des cérémonies officielles s’est tenue au musée Yad Vashem, à Jérusalem, en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du président Isaac Herzog, du président de la Cour suprême Isaac Amit, du chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, du président de la Knesset, Amir Ohana ainsi que d’autres dignitaires. Plusieurs survivants de la Shoah étaient là, eux aussi.
La cérémonie s’est tenue sans public, avec des abris portables installés à proximité en cas d’alerte de missile ou de roquette.
Cependant, aucune sirène — si ce n’est la sirène commémorative — n’a retenti lors de cet événement et la cérémonie a pu se dérouler comme prévu.
Netanyahu, Herzog et les autres hauts responsables ont déposé des gerbes sur des poteaux commémoratifs, en l’honneur des six millions de Juifs tués par l’Allemagne nazie et ses alliés lors de la Seconde Guerre mondiale.
La veille, Israël était entré dans cette triste journée par une cérémonie enregistrée à Yad Vashem, au cours de laquelle Netanyahu a reproché à l’Europe d’être « en proie à une profonde faiblesse morale », ajoutant qu’Israël défendait ce continent « qui a oublié tellement de choses depuis la Shoah ». Il a par ailleurs accusé l’Europe d’avoir « perdu son identité, ses valeurs et son sens des responsabilités – avec la responsabilité de défendre la civilisation contre la barbarie ».
Dans son allocution, Herzog a appelé à l’unité nationale, affirmant qu’Israël ne s’était pas relevé des cendres de la Shoah pour se laisser consumer par le feu de la discorde.
Par ailleurs, en Pologne, des milliers de personnes venues du monde entier, dont une cinquantaine de survivants de la Shoah et leurs familles, se sont retrouvées, mardi après-midi, au camp de concentration d’Auschwitz pour la 38e Marche annuelle des Vivants.
Malgré l’annulation du déplacement des 1 500 membres de la délégation israélienne en raison de la guerre contre l’Iran, une dizaine de survivants vivant en Israël sont parvenus à se rendre en Pologne.
Lors de cet événement qui se tient chaque année, les participants parcourent en silence les 3 kilomètres qui séparent les anciens camps de la mort nazis d’Auschwitz et Birkenau.
7 000 personnes venues du monde entier, selon les estimations, étaient supposées participer à cette marche, dont des survivants d’attentats antisémites aux États-Unis, en Europe et en Australie, qui devaient participer au ravivage de la flamme à l’issue de la marche.
En 2025, il y a eu davantage de Juifs de la diaspora assassinés à l’occasion d’actes antisémites qu’au cours des trente dernières années – surtout du fait du massacre de Hanoukka qui avait eu lieu à Bondi Beach, à Sydney, qui avait fait 15 morts.
Les principales cérémonies officielles de lundi et mardi, en Israël, avaient été enregistrées en l’absence de tout public mais des cérémonies locales ont tout de même eu lieu un peu partout dans le pays, en plus des petits rassemblements à domicile à l’occasion desquels les survivants de la Shoah sont invités à raconter leur histoire.
Cette journée, qui est aussi celle de l’anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, est distincte de la Journée internationale du souvenir de la Shoah, le 27 janvier, qui commémore l’anniversaire de la libération d’Auschwitz.
Début 2026, 111 000 survivants de la Shoah vivaient en Israël, selon le Bureau central des statistiques. Tous ont 80 ans au moins et 28 % d’entre eux ont plus de 90 ans, souligne le Bureau central des statistiques, en se fondant sur les chiffres de l’Autorité des Survivants de la Shoah, une agence gouvernementale du ressort des services du Premier ministre. Selon cette même Autorité, en janvier 2025, ils étaient 123 000 survivants en Israël.
La baisse du nombre de témoins oculaires du génocide nazi pendant la Seconde Guerre mondiale complexifie la sensibilisation à la Shoah des la générations à venir, affirment les éducateurs spécialisés de la Shoah.
la Communauté du Times of Israël !







