La délégation américaine sort du Conseil de sécurité pour protester contre des critiques françaises
Ce départ d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Ukraine fait suite à l’opposition des États-Unis à l’octroi d’un nouveau mandat de 4 ans à Volker Türk
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Lundi, les États-Unis ont quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU lorsque l’ambassadeur français a pris la parole pour dénoncer les « commentaires hypocrites » de la France, qui a comparé les États-Unis à la Corée du Nord et à la Russie à propos d’un vote relatif aux droits humains.
« Un membre de ce Conseil joue l’indignation morale et prétend donner des leçons à tout le monde sur tous les sujets, qu’il s’agisse du conflit dont nous discutons encore aujourd’hui (l’Ukraine) ou de questions non liées à la paix et à la sécurité, comme les droits humains. C’est pour cette raison que nous sommes sortis lors de l’intervention de la France », a déclaré Dan Negrea, ambassadeur américain adjoint.
Une telle sortie du Conseil est extrêmement rare.
Le représentant américain a dénoncé une « posture hypocrite lassante » de Paris, que Washington avait jusqu’alors « tolérée » en raison du respect entre les membres permanents du Conseil.
Vendredi, les États-Unis avaient été l’un des dix pays à voter, à l’Assemblée générale, contre le renouvellement pour quatre ans du mandat du Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, en compagnie notamment de la Corée du Nord, de la Russie, du Nicaragua et du Mali.
« Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus », avait alors écrit sur le réseau social X, en anglais, la mission de la France auprès des Nations unies à Genève.
« Nous nous sommes tenus aux côtés de cet État membre lors de chaque conflit menaçant ses libertés. Et aujourd’hui, je veux leur rappeler que les États-Unis restent le modèle de la liberté dans le monde », a insisté Dan Negrea, lundi, à New York.
« Par conséquent, nous ne leur accorderons pas le privilège d’écouter leurs divagations politisées tant qu’ils ne renonceront pas à leur rhétorique condescendante et irrespectueuse, et qu’ils ne se comporteront pas de manière digne », a-t-il ajouté.
« Nous fêtons cette année le 250ᵉ anniversaire des États-Unis. Et chacun sait la place que la France y a prise », a répondu l’ambassadeur français, Jérôme Bonnafont.
Il a également assuré que la France travaillait, que ce soit au Conseil ou à l’Assemblée générale, « pour préserver cette institution, son indépendance, sa capacité d’action au service de la Charte, des droits de l’Homme et de la paix ».
« La position française est connue : nous avons soutenu la reconduction du Haut-commissaire, tout comme l’ensemble des pays membres de l’UE et une écrasante majorité des pays membres de l’ONU. Cela n’empêche pas un dialogue étroit avec les États-Unis. Les différences d’appréciation sur un vote ne remettent pas en cause la qualité de notre relation ni notre capacité à travailler ensemble », a justifié une source diplomatique française.
Ce départ des États-Unis reflète non seulement les relations de plus en plus tendues entre le président américain Donald Trump et son homologue français, Emmanuel Macron, mais aussi les tensions plus générales entre les États-Unis et l’Europe. Ces tensions portent notamment sur les doutes quant à l’engagement de Trump envers l’OTAN, sur d’éventuels changements dans le déploiement des troupes américaines en Europe, ainsi que sur la volonté de Trump de contrôler le Groenland, territoire appartenant au Danemark, membre de l’OTAN.
Trump s’est plaint que les Européens, qui n’avaient pas été consultés, n’aient pas aidé les États-Unis pendant la guerre contre l’Iran. Dans ce contexte de tensions, Macron a pris l’initiative de renforcer la capacité militaire de l’Europe et de garantir un parapluie nucléaire, en tant qu’une des deux puissances nucléaires du continent, aux côtés du Royaume-Uni.
Mike Waltz, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, a réagi sur X en accusant la France de dorloter « certains des pires violateurs des droits de l’Homme » et de voter « pour quelqu’un qui n’a cessé de faire la leçon à des démocraties libres et souveraines comme les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël, tout en se rapprochant des pires oppresseurs du monde ».
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