« Le 7-Octobre, c’est de votre faute », assène un père en deuil à une ministre du Likud
Nissim Louk, dont la fille Shani a été assassinée au festival Nova, s'en est pris à Miri Regev à Jérusalem. Des militants du parti au pouvoir l'ont traité de "merde"
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Cette semaine, en marge du marché Mahane Yehuda à Jérusalem, Nissim Louk, le père de Shani Louk, assassinée lors du massacre du festival Nova le 7 octobre 2023, a interpellé la ministre des Transports, Miri Regev.
Sur des images diffusées jeudi sur les réseaux sociaux, on peut voir et entendre Nissim Louk en train d’interpeller Mme Regev, venue faire campagne en vue des primaires du Likud, prévues le 17 août prochain.
« Le 7-Octobre, c’est de votre faute ! Vous devriez tous avoir honte ! Honte au Likud ! », s’est exclamé M. Louk dans la vidéo tournée jeudi, selon le site d’information Walla.
« Vous ne savez pas à quel point nous sommes fiers [d’être du Likud] », lui a rétorqué Miri Regev.
« Ma fille Shani Louk a été assassinée à cause de vous ! Honte à vous tous ! », a répondu M. Louk.
Lors de cette altercation, des hommes présents sur place — identifiés par le site Walla comme étant des « militants du Likud » — se sont interposés pour demander au père de famille quel rapport le parti avait avec la mort de sa fille.
« Le Likud a financé le Hamas ! », a rappelé ce père endeuillé. « C’est vous qui avez financé le Hamas ! »
אביה של שני לוק ז"ל שנרצחה בנובה למירי רגב שהגיעה למחנה יהודה: "גרמתם ל-7 באוק'. תתביישו הליכוד".
מירי רגב: "אתה לא יודע עד כמה אנחנו גאים להיות…" pic.twitter.com/z9GYaM9s1G
— אבי סולומון (@avisol2025) August 7, 2026
« Tu n’es qu’une merde ! », a lancé l’un des militants dans le brouhaha, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude s’il avait entendu la totalité des propos de M. Louk.
Lorsque Nissim Louk a répété que sa fille avait été assassinée, le militant a répliqué : « Qu’est-ce que ça a à voir avec elle ? », en désignant Miri Regev.
Au fil de l’échange, le militant s’en est pris au père éploré : « Ne viens pas faire de la provocation. »
« Vous plaisantez ? », a répondu M. Louk, réitérant ses accusations sur le financement du Hamas par le Likud.
« Non, c’est toi qui as financé le Hamas », a prétendu le militant en le pointant du doigt. « Toi, et Bennett, et Liberman, et Bennett, et Lapid, toute cette bande d’incapables ! »
M. Louk a ensuite évoqué le Conseil des ministres du 26 juin dernier au cours duquel le gouvernement a donné son accord au déploiement de 200 soldats de la Force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza, dans le cadre du plan de paix mené par les États-Unis.
Le père de famille a qualifié cet accord d’ « engagement à céder Gaza aux Frères musulmans ».
« C’est Bibi qui décide de ce qui se passe. Ni toi, ni moi », a conclu le militant en parlant du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui est au pouvoir depuis plus d’une dizaine d’années.
Shani Louk, 22 ans, est l’une des 364 personnes massacrées par des terroristes lors du festival de musique Nova, lorsque les commandos du Hamas venus de Gaza ont envahi le sud d’Israël le 7 octobre 2023, ce qui a déclenché le conflit dans l’enclave.
Des images choc diffusées sur les réseaux sociaux pendant l’assaut ont donné à voir son corps dénudé et désarticulé à l’arrière d’un pick-up, entouré d’hommes armés exhibant sa dépouille dans tout Gaza.
L’armée israélienne a retrouvé le corps de la jeune femme sept mois plus tard dans la bande de Gaza, avant de le rapatrier en Israël pour y être inhumé.
Miri Regev assure avoir « parlé longuement » avec le père
Dans un communiqué cité par Walla, le cabinet de Miri Regev a déclaré : « La ministre Miri Regev partage l’immense douleur des familles qui ont perdu des proches lors du massacre du 7-Octobre, parmi lesquelles la famille de Shani Louk. »
« La ministre s’est longuement entretenue avec le père, qu’elle a réconforté et auquel elle a rappelé que sa fille [Michal] était aussi une rescapée du festival Nova, mais que plusieurs de ses amis y avaient été assassinés. »
Le communiqué se poursuit ainsi : « À l’issue de la discussion, la ministre s’est engagée à soutenir la création d’une commission d’enquête nationale chargée de faire toute la lumière sur ces événements. »
Le cabinet de la ministre a employé le terme de commission d’enquête « nationale » et non « d’État », témoignant ainsi de la préférence du gouvernement pour une instance d’enquête nommée par le pouvoir politique et non une commission d’enquête d’État, la seule structure indépendante et fiable habilitée à citer des témoins à comparaître.
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