Le maire juif de Minneapolis sous les projecteurs après une fusillade impliquant l’ICE
Jacob Frey, dont la ville fut l’épicentre des troubles de 2020 après la mort de George Floyd, a sommé l’agence fédérale de "foutre le camp" suite au meurtre d’une femme par un agent
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JTA – Le maire juif de Minneapolis, Jacob Frey, est de nouveau sous les feux de la rampe après avoir adressé mercredi un message virulent aux forces fédérales de l’immigration (ICE), à la suite de la mort d’une femme de 37 ans abattue par un agent de l’ICE : « Foutez le camp de Minneapolis. »
« Je ne peux pas dire grand-chose de plus qui améliorerait la situation, mais j’ai un message pour notre communauté, pour notre ville, et j’ai un message pour l’ICE », a déclaré Frey lors d’une conférence de presse. « À l’ICE, foutez le camp de Minneapolis. Nous ne voulons pas de vous ici. »
Ses propos sont intervenus peu après qu’un agent de l’ICE a ouvert le feu sur un véhicule lors d’une confrontation, tuant Renee Good, une citoyenne américaine âgée de 37 ans.
Alors que Donald Trump et d’autres responsables de son administration ont invoqué la légitime défense, affirmant que Good avait tenté de renverser l’agent, une vidéo devenue virale de l’incident ne montre pas le véhicule le percuter ni rouler en sa direction.
L’incident survient alors que l’administration Trump a annoncé le déploiement de 2 000 agents et officiers fédéraux dans la région de Minneapolis dans le cadre d’une campagne de lutte contre l’immigration illégale et des soupçons de fraude.
« La raison que vous invoquez pour être dans cette ville est d’y apporter de la sécurité, mais vous produisez exactement l’effet inverse », a poursuivi Frey. « Des personnes sont blessées. Des familles sont déchirées. »
ICE, get the fuck out of Minneapolis. pic.twitter.com/1gfFC0Le6Q
— Mayor Jacob Frey (@MayorFrey) January 7, 2026
Ce n’est pas la première fois que le positionnement ferme de Frey à l’égard de l’ICE attire l’attention de la nation. Élu pour la première fois en 2017, après avoir battu le maire sortant, il s’était alors fait remarquer par sa jeunesse. Il s’est depuis retrouvé au cœur de certains des événements les plus marquants de l’histoire récente des États-Unis.
En 2020, Frey avait été vivement critiqué après avoir refusé de soutenir l’abolition de la police à la suite du meurtre de George Floyd par quatre policiers de la ville. La fusillade de mercredi s’est produite à moins d’un kilomètre du lieu où Floyd a été tué, un événement qui avait déclenché des manifestations à l’échelle nationale et internationale contre les violences policières.
En février 2024, Frey avait opposé son veto à une résolution du conseil municipal appelant à un cessez-le-feu dans la guerre à Gaza, estimant qu’il s’agissait d’une « résolution unilatérale qui ajoutait encore plus de divisions à une situation déjà tendue ».
Il avait précisé soutenir un cessez-le-feu, mais il avait estimé que le texte « met en avant l’histoire des Palestiniens tout en effaçant presque celle des Juifs israéliens ».
Frey a grandi à Oakton, en Virginie, dans une famille juive réformée. Ses parents étaient tous deux des danseurs de ballet professionnels.
« Nous n’étions pas très pratiquants », avait-il confié en 2019, lors de sa première confrontation publique avec Trump, après avoir annoncé que la ville ne prendrait pas en charge les frais de sécurité liés à un rassemblement présidentiel. « Je ne suis même pas sûr que ma mère croie en Dieu, mais elle prenait la tradition très au sérieux : bagels et saumon fumé le dimanche, sans exception. »
Après avoir été pris pour cible par Donald Trump sur X, qui l’avait qualifié de « maire insignifiant », Frey a reçu des messages et des appels téléphoniques menaçants sur les réseaux sociaux. Certains ont contenu des propos antisémites, a-t-il déclaré.
Le maire fréquente deux synagogues réformées de Minneapolis, Temple Israel et Shir Tikvah, avec son épouse Sarah Clarke, organisatrice communautaire et lobbyiste récemment convertie au judaïsme. Le couple a deux jeunes filles, et Frey partage régulièrement sur Instagram des publications liées aux fêtes juives.
Frey confiait en 2019 qu’il puisait son engagement politique dans les valeurs juives.
« L’impératif moral du tikkun olam », disait-il alors, en référence au principe juif de réparation du monde, « est un principe auquel je crois profondément et qui est fondamental à la fois pour le judaïsme et pour ma philosophie de gouvernance ».
En novembre, Frey, membre du Parti démocrate-agricole et travailliste du Minnesota, a remporté un troisième mandat face à un adversaire socialiste démocrate qui avait déclaré ne pas vouloir s’affilier à des « groupes de pression sionistes ». Son opposant, le sénateur de l’État Omar Fateh, a été comparé par certains observateurs au maire de New York Zohran Mamdani.
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