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Les habitants de Dimona, cœur du nucléaire israélien, restent confiant

La ville avait déjà été prise pour cible lors de guerres précédentes, mais la frappe de samedi marque une escalade significative

Le lieu où un missile tiré depuis l'Iran en direction d'Israël a endommagé des immeubles, dans la ville méridionale de Dimona, le 22 mars 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Le lieu où un missile tiré depuis l'Iran en direction d'Israël a endommagé des immeubles, dans la ville méridionale de Dimona, le 22 mars 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Dimona est sans doute l’endroit le plus sûr en Israël. Nous pensions être en sécurité ici » : dans le désert du Neguev, c’est l’une des régions les plus sensibles d’Israël, avec son discret mais très stratégique centre de recherche nucléaire.

Au lendemain d’un missile iranien tombé sur la ville de Dimona (sud), des habitants semblent accueillir l’événement avec surprise et résignation, tout en se montrant réticents à évoquer la présence de ce site ultra secret.

« Nous ne nous attendions pas à ça », confie Galit Amir, 50 ans, responsable d’un foyer situé à proximité immédiate de l’impact.

Six résidents se trouvaient dans le bâtiment au moment de la frappe et ont été légèrement blessés. « Nous avons été en sécurité tout le temps » à Dimona, réagit celle qui s’occupe de personnes souffrant de troubles cognitifs et mentaux.

Samedi soir, un missile iranien a frappé une zone résidentielle de Dimona, faisant une trentaine de blessés, dont un enfant dans un état grave. Les intercepteurs de la défense israélienne ont échoué à faire exploser l’ogive.

« Entreprise textile »

La ville jouxte le Centre de recherche nucléaire du Néguev Shimon Peres, une installation nucléaire à des fins de recherche qui, d’après la presse étrangère, a été impliquée dans la production d’armes nucléaires au cours des dernières décennies.

Peu d’informations filtrent sur le site nucléaire de Dimona. Israël est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen-Orient mais maintient une politique « d’ambiguïté stratégique », ne confirmant ni n’infirmant la possession de la bombe atomique.

La ville avait déjà été prise pour cible lors de guerres précédentes, mais la frappe de samedi marque une escalade significative. Elle a replacé cette ville désertique de près de 40 000 habitants au centre de l’attention mondiale.

Méfiants à l’arrivée des journalistes, certains habitants éludent la question. Interrogée sur le sentiment de sécurité à proximité d’un site potentiellement visé, une jeune femme, devant sa maison à la porte toute retournée, lâche : « Ils ont ciblé une entreprise de textile, c’est tout ».

« Il n’y a pas d’installation de recherche nucléaire » à Dimona, tente de faire croire David Azran, 54 ans, un entrepreneur paysagiste près d’un cratère et de sa maison détruite située à dix mètres du point d’impact.

« Je ne me sens pas menacé, j’ai la foi », affirme M. Azran, un fusil en bandoulière. Puis d’assurer, en forme d’aveu : « Ils (les Iraniens) n’arriveront pas à atteindre cette usine de recherche, ils ont essayé tellement de fois ».

Sur le site de l’impact, l’ampleur des destructions est spectaculaire. Des débris jonchent le sol à perte de vue : blocs de béton, pans de murs effondrés, éclats de verre et morceaux de métal éparpillés dans un chaos total.

Les maisons alentour ont été soufflées, ne laissant parfois debout que quelques murs porteurs, comme des carcasses ouvertes.

Au milieu de cette désolation, des fragments de vie ordinaire sont visibles parmi les gravats : un gros ballon de fitness, un jeu de société, un sac de croquettes pour chien, des Lego dispersés dans la poussière…

« Tout était détruit »

Le site frappé est situé dans une zone résidentielle de Dimona, à près de cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire dissimulé dans la montagne au sud-est de la ville.

L’Iran a revendiqué le tir de missile, affirmant qu’il s’agissait d’une « réponse » à l’attaque « ennemie » contre le complexe de Natanz (centre), rapportée plus tôt samedi par Téhéran.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.

« Nous sommes très en sécurité ici. Nous n’avons aucun problème. Nous n’avons pas peur des attaques de l’Iran », affirme un charpentier indien, Krishna Vishwakarma, 34 ans.

Einav Alon, 37 ans, propriétaire d’un supermarché endommagé par la frappe, décrit la scène : « Quand nous sommes sortis de l’abri (dans sa maison, NDLR), tout était détruit ».

La mère de deux garçons de huit et six ans dit avoir été « assez surprise », tout en se disant rassurée de vivre dans « un pays formidable avec une armée formidable » pour protéger la population.

« On n’a pas peur (…) Les accidents, ça arrive ».

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